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Nous avions choisi Kampot comme première étape au Cambodge, car elle est décrite comme une ville paisible, au bord d’une rivière, loin de l’intensité touristique de Phnom Penh ou d’Angkor. Ça nous semblait l’idéal pour prendre nos marques avec le Cambodge après nos premiers pas mitigés dans ce pays.
Logement et accueil à Kampot
Dès notre arrivée à Kampot, on a fait appel à un Tuk-Tuk pour nous aider à chercher un logement sympa, préférablement un peu éloigné du centre-ville et plus proche de la rivière.
Mais ce fut plus laborieux que prévu. Le premier logement était complet et le 2e ne disposait que de cabanes en bois, extrêmement rustiques et lugubres, pour un prix plutôt élevé pour la prestation proposée (16 dollars la nuit). On s’est demandé si c’était une blague, car on n’aurait pas mis plus de 5 dollars pour dormir ici.
Le petit jeune, qui nous faisait visiter les lieux et qui ne devait pas être le gérant, eut la gentillesse et l’honnêteté de nous recommander, pour le même prix, un établissement concurrent, d’après lui bien meilleur.
Et effectivement, à l’adresse indiquée, on a enfin trouvé une belle chambre, quasi neuve, avec accès et vue sur la rivière.


On peut se poser tranquille sur le ponton et observer les pêcheurs. On est super contents d’être si bien installés.
Surtout, on réalise qu’au Cambodge, pour un même prix, les prestations peuvent être bien différentes.
Bon, l’accueil n’est pas aussi chaleureux qu’au Vietnam, et même plutôt strict : le gérant refuse qu’on lui réserve plusieurs nuits sans lui payer l’intégralité à l’avance ! On a beau lui expliquer qu’on n’a pas assez de cash sur nous et qu’il faut qu’on se rende en ville pour pouvoir le payer le soir même, mais il reste très réticent. On finit, avec du mal, par le convaincre.
De toute façon, depuis notre arrivée au Cambodge, la population nous paraît beaucoup plus distante et suspicieuse envers les étrangers qu’au Vietnam, sûrement du fait de leur passé difficile.
Si l’emplacement de notre logement est top, on est un peu déçus par la ville en elle-même. Kampot est calme, mais le centre-ville manque, pour nous, d’authenticité et semble plutôt fréquenté par des expatriés et des touristes.
Par contre, on a bien aimé les bords de la rivière et la plage du centre-ville, aménagée très récemment et regroupant beaucoup de restaurants locaux. Un parcours de massage de pied à même été installé sur la jetée. On a essayé, mais ça fait très mal.




Le must : manger le soir les pieds dans le sable en admirant le coucher de soleil. En plus, Palmyre se croit vraiment à la plage.


Mais l’un des autres avantages de Kampot, c’est aussi ses environs variés et les petites virées qu’on peut faire autour.
Kampot : Le célèbre poivre de Kampot

On ne le savait pas, mais Kampot est connu mondialement pour son poivre ! La ville est donc entourée de plantations de poivre, dont l’une est simplement dénommée « La Plantation », située à une vingtaine de kilomètres de la ville.
Pour nous y rendre, évidemment on a loué une moto : plus grande que les Lead que nous utilisions au Vietnam (mais ce modèle n’existe pas au Cambodge). La bonne nouvelle, c’est qu’au Cambodge la loi autorise de rouler sur une moto à deux adultes et un enfant (comme au Vietnam).

Le site est bien organisé et la visite guidée est gratuite, et en français !
Le jeune qui nous fait la visite est un Français en service civique, très sympa, qui connaît son sujet, en tout cas pour les novices que nous sommes en matière de poivre.
Le poivre de Kampot, IGP très stricte, est récolté à la main, grain par grain, puis trié à la pince à épiler. Environ 250 personnes travaillent ici, pour une production d’environ 100 tonnes, destinée surtout à la gastronomie européenne. Et oui, le Cambodge cultive du poivre de qualité pour les Européens !
En Asie, les populations consomment surtout le poivre long, notamment pour fumer ou parfumer les plats. « La Plantation » en cultive également, et d’ailleurs il est nettement plus simple à produire.



On apprend que la production de poivre diminue à cause de la sécheresse persistante, notamment due au changement climatique, et qu’ils ont dû diversifier leurs cultures en produisant aussi hibiscus, citronnelle, galanga, combava…
La visite se termine par une dégustation de poivre : une première pour nous.
Faut quand même aimer le poivre, ce qui n’est pas trop notre cas. Surtout pour Sophie qui a l’impression d’avoir du piment dans son plat avec seulement trois grains de poivre.

Enfin, notre guide nous conseille de ne pas quitter le Cambodge sans avoir goûté l’un des plats typiques du pays : le Fish Amok, plat national ! Bien noté.
Baignade à la cambodgienne proche de Kampot
Cette visite nous a pris la matinée et on espère trouver un coin de baignade pour se rafraîchir dans l’après-midi. Mais on règle mal notre GPS et, après avoir failli chuter dans le sable des pistes à moto (petite frayeur !), et surtout après avoir parcouru des dizaines de kilomètres en pleine campagne, on s’aperçoit qu’on s’est trompés et que notre GPS ne nous amène nulle part. Mis à part des chercheurs de minerais dans les ruisseaux (probablement de l’or), il n’y a rien à voir.
Heureusement Palmyre s’est endormie sur la moto, comme souvent, et on fait demi-tour sans qu’elle s’aperçoive de ce temps de route perdu pour rien.
On rebrousse chemin pour arriver à notre coin de baignade, qui finalement ne donne pas du tout envie de se baigner. Du coup, on observe simplement les locaux qui font leur lessive et leur douche. On croisera quelques touristes en moto, étonnés aussi de ce coin soi-disant de baignade.

Le parc national de Bokor sous le brouillard
Autre intérêt des environs : le Parc national de Preah Monivong Bokor (dit « de Bokor »), dont l’entrée, libre et gratuite, est à une quinzaine de km de la ville.
C’est un parc national qui a la particularité d’abriter une ancienne station d’altitude coloniale française. Une fois entrés dans le parc, avec un véhicule de préférence, il faut rouler une trentaine de km pour atteindre la station d’altitude.
Sur la route, on observe des dizaines de singes partout, une énorme statue colorée, des bâtiments abandonnés, un grand casino (toujours fonctionnel mais qui semble bien isolé) et enfin une église, construite par les Français en 1920, qui dénote un peu ici, mais qui offre un joli point de vue sur le parc.




Le brouillard se lève pendant notre ascension, mais il paraît que c’est fréquent ici. Alors c’est peut-être le brouillard, mais au fur et à mesure de notre visite, l’atmosphère du site nous semble très étrange, presque pesante. La route est récente et les touristes en moto sont nombreux, mais tout semble à moitié abandonné sans l’être réellement.

Le plus étrange reste le Bokor Palace Hotel, qui trône tout en haut de la station. De l’extérieur, il paraît abandonné et pourtant une porte à l’arrière est ouverte et semble toujours en service. Du coup, on entre. On se balade dans le bâtiment librement, sans voir personne mis à part d’autres curieux comme nous, et qui selon les pièces semble abandonné ou pas. On n’arrivera pas à trancher. Au moins, les toilettes étaient nickels !
On finit la visite du parc par une cascade : Popokvil Waterfall. Mais le débit d’eau est trop faible en cette saison sèche et il n’y a pas une goutte d’eau dans cette cascade.


Par contre, le restaurant est plutôt sympa, même si, en commandant un « mean pork », je me suis demandé s’il n’y avait pas une erreur vu le gras de la viande.
J’ai même été questionner le restaurant (un vrai touriste pour le coup).
En réalité, c’est normal puisque le mean pork n’est, en fait, que du gras de porc ! On a essayé mais franchement, on n’a pas réussi à le manger.
Kampot : un bilan mitigé
En parcourant les environs de Kampot, on réalise que le Cambodge a encore énormément de pistes. Bien sûr, on en avait eu un aperçu en venant en bus, mais ce n’est pas pareil que de rouler dessus sur des kilomètres.
Malgré la poussière, on adore la couleur rouge/orangée du sol, mais il faut être vigilant en moto, car les roues peuvent facilement s’enfoncer lorsque la terre devient meuble et sableuse.

Finalement, même si notre logement en bord de rivière était parfait, la ville ne nous a pas vraiment séduits. Mais on a pu se reposer et explorer les environs.
Nous avons un visa d’un mois dans le pays et nous souhaitons en profiter pour nous organiser des mini-vacances sur l’une des îles paradisiaques que peut offrir le Cambodge. Alors on repart en direction de la côte. Pour cela, le train sera parfait.
