Vacances à Koh Rong depuis Sihanoukville

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Envie de vacances sur une île du Cambodge

Ca fait un moment, depuis qu’on est partis en voyage, qu’on se promet de s’offrir des mini vacances sur une île paradisiaque. On a beaucoup hésité à passer ces vacances à Koh Rong ou Koh Rong Samloem. Finalement, on a jeté notre dévolu sur l’île de Koh Rong, parce qu’il fallait bien choisir et que les offres de logements sont plus abondantes et moins chères.

Cette fois, on ne part pas sans réservation car on à peur de ne pas maîtriser les coûts en arrivant sans réserver. Et ça tombe bien, on trouve la veille de partir un endroit qui semble idyllique.

Sihanoukville : Un Gotham City comme port d’embarquement de Koh Rong

Mais avant de vous parler de ce petit paradis, il faut bien vous parler d’un petit enfer (ok, là on exagère peut être un peu…quoi que) et ce sera Sihanoukville : ville de transit sur la côte, où l’on doit se rendre pour prendre un bateau afin de gagner l’île de Koh Rong.

À Sihanoukville, on passe une nuit dans un petit hôtel, tenu par un couple franco-cambodgien, avant d’embarquer pour l’île.

En discutant, le propriétaire nous raconte que la ville a connu une énorme transformation depuis moins de 10 ans et que, progressivement, la Chine a investi beaucoup d’argent dans cette ville côtière, provoquant une forte inflation des prix de l’immobilier. Lui-même a dû abandonner deux restaurants car le loyer a été multiplié par 10!

Des investisseurs chinois ont construit des hôtels, des restaurants, des dizaines de casinos, mais énormément de bâtiments n’ont jamais été achevés et sont aujourd’hui squattés.

Le propriétaire nous conseille quand même d’aller à pied nous promener sur la jetée, mais de ne pas rentrer tard. On suit son conseil d’aller se promener, mais c’est vrai qu’on n’écoute que d’une oreille distraite son dernier avertissement. Et pourtant, même nous qui ne sommes pas d’une nature suspicieuse, on trouve que les gens de cette ville sont très louches, très mafieux.

On s’est tellement sentis en insécurité que, la nuit tombante, on a pris un tuk-tuk pour rentrer et se restaurer proche de l’hôtel. Jamais une ville ne nous avait donné cette impression si glauque, si malsaine : un vrai Gotham City !

En plus de ça, Sihanoukville est, à beaucoup d’endroits, une véritable décharge. L’odeur est nauséabonde, mélangeant poissons, eaux usées et poubelles. On ne se sent vraiment pas hyper bien et tous ceux qui nous parlerons ensuite de Sihanoukville nous diront : faites attention à vous !

Heureusement, nous ne sommes là que pour une nuit et l’hôtel est charmant : comme le dit son propriétaire, « c’est un puits de pétrole dans le désert ». La métaphore est originale mais pas incorrecte. On a hâte de quitter cette ville et on achète, le jour même, des billets pour le ferry.

Un tuk-tuk nous transportera jusqu’au port. Le ferry dure environ une heure et nous sommes très contents de voir la ville de Sihanoukville s’éloigner du rivage.

L’île de Koh Rong

Lorsque nous arrivons sur l’île, quel contraste avec Sihanoukville !
C’est grandiose. La mer est d’un bleu translucide et les plages sont en sable blanc et bordées de palmiers. Le rendu en photo est beaucoup beaucoup moins bien qu’en vrai…

En plus, une fois n’est pas coutume, un voiturier de notre « hôtel » vient nous chercher directement au port. La grande classe. Bon, ce n’est qu’un tuk-tuk, faut pas s’emballer, mais pour nous, ce n’est pas commun !

Arrivés à notre hôtel (plutôt une petite structure familiale qui loue des bungalows de plage), on n’est pas déçus. On a réservé le moins cher des bungalows, une espèce de cabane en dur pas plus grande qu’une tente, mais installée directement sur la plage.

Cependant, la plage se suffit à elle-même et les transats de l’hôtel ont même les pieds dans l’eau tellement nous sommes proches de la mer. Un paddle et un canoë sont à disposition des clients. Il y a un bar qui fait restaurant, de telle sorte qu’on peut rester sur nos transats, les pieds dans l’eau, toute la journée si le cœur nous en dit, en commandant boissons et nourriture. Bien sûr, on est restés raisonnables, mais c’était vraiment un petit paradis.

En plus, Pierrot est content car la plage est orientée ouest et donc pas mal ombragée toute la journée, ce qui, en plein cagnard et avec une enfant de 3 ans, était vraiment appréciable.

L’ambiance sur l’île est très détendue, très vacances. Les premiers jours, on ne fait rien de plus que transat, repas, transat, baignade, repas… etc. On fait du paddle et des châteaux de sable avec Palmyre. Pierrot s’est même fait pincer un doigt par un crabe en creusant un tunnel.

L’eau de la mer est tellement chaude, qu’elle le reste même la nuit.

Par chance, les prix sont très abordables, pour une île. Et encore, on a eu de la chance car notre logement était géré par une famille de Cambodgiens qui vivait sur place.

On est restés 5 nuits dans notre petite cabane et on a même voulu prolonger, mais il n’y avait plus de place disponible. On a donc changé de logement sur l’île et là, ce n’était pas la même ambiance.

Les fausses guest houses de Koh Rong

Depuis le Vietnam, quand les prix sont compétitifs, on essaie de privilégier les homestays ou guest houses plutôt que les hôtels ou autres complexes touristiques. C’est souvent dans ce type d’hébergement que nous faisons nos meilleures rencontres avec les locaux et, avec un peu de chance, il y a même des enfants pour jouer avec Palmyre.

On réserve donc une chambre dans une guest house dans un autre coin de l’île pour rallonger de quelques nuits notre séjour à Koh Rong.

Mais cette guest house-là n’a rien de familial : la personne qui répond à nos messages réside en Europe et on s’aperçoit qu’elle paie simplement quelqu’un sur place pour gérer l’établissement à distance.

Bref, c’est un logement à touristes, ce qui, malheureusement, est souvent le cas lorsqu’on parle de « guest house » au Cambodge (où le terme a été grandement dénaturé).

Le bon côté, c’est que cet hébergement est situé dans un village de l’île, on est donc dans une ambiance un peu plus local.

Explorer l’île de Koh Rong

À Koh Rong, nous n’avons pas fait de snorkeling ni d’autres activités, car avec Palmyre, qui n’a que 3 ans, elle n’en aurait pas vraiment profité et nous non plus. Par contre, on a loué une moto pour explorer l’île à notre guise et on a découvert plusieurs plages et restaurants aux quatre coins de l’île.

On recroisera même Marion, la Française que nous avions vue à Chau Doc, au Vietnam, dans la forêt de Tra Su, il y a quelques jours. Un sacré hasard. On a aussi sympathisé avec des Français et des Tchèques venus passer quelques semaines au Cambodge.
À croire que tous les touristes du Cambodge font une escale à Koh Rong, ce qui n’est sûrement pas loin de la vérité.

Koh Rong, un paradis en danger

On a quand même du mal à se sentir au Cambodge tellement il y a d’Occidentaux. Pour des vacances au soleil, oui ; pour découvrir le Cambodge, pas vraiment. Ces quelques jours sont quasiment à l’opposé du reste de notre voyage jusqu’ici.

Ce qui nous a le plus impressionnés, ce sont les déchets, charriés par les vagues, qui arrivent en quantité astronomique sur toutes les plages et côtes de l’île. Selon les marais on se baigne avec les déchets !

Les plages des hôtels sont nettoyées tous les jours au peigne fin, ce qui permet de conserver le côté paradisiaque, notamment pour les hôtels plus luxueux qui se multiplient sur l’île avec des prix délirants (on a regardé par curiosité !). À ces tarifs-là, ils passent quasiment l’épuisette dans la mer tous les jours.

Mais il ne faut pas marcher 50 mètres plus loin pour que la réalité réapparaisse.

En outre, progressivement, l’île s’équipe pour accueillir les touristes et les infrastructures modernes prennent le pas sur la nature. Les anciennes pistes deviennent peu à peu de vraies routes. On a quand même eu l’impression de voir un paradis en pleine transformation…

On a aussi remarqué qu’un aéroport va bientôt sortir de terre au milieu de l’île. Certains seront sûrement contents de pouvoir venir plus rapidement, sans même savoir que ce projet détruit un immense espace naturel. C’est ça le progrès il parait.

Après cette escapade et ces vacances dans le voyage, on se sent quand même bien reposés et en meilleure forme qu’à Châu Đốc au Vietnam. Nous reprenons le bateau pour rentrer à Sihanoukville.

Malheureusement, suite à une erreur de l’hôtel à Sihanoukville, on n’a pas de place pour dormir. On l’apprend le jour même en se réveillant, mais ce n’est pas un problème pour nous : on va quand même passer la journée là-bas avant de reprendre directement un bus de nuit pour Siem Reap, la ville des temples.

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