Du Vietnam au Cambodge en speed boat sur le Mékong

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Vous lisez un chapitre de notre voyage en famille, de l’Europe à l’Asie, en slow travel.
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En voyage : “Never get angry, whatever happens.” Ne jamais s’énerver, quoi qu’il arrive.
A découvrir dans cet article

  • Trajet : Châu Đốc, Vietnam → Phnom Penh, Capitale du Cambodge
  • Distance : environ 200 km
  • Départ : trop tôt pour nous, 7 h
  • Arrivée : en plein cagnard à 13 h
  • Durée : environ 6 heures (rien quand on voyage en slow travel depuis Paris)

Pourquoi a-t-on choisi le speed boat ?

On a beaucoup hésité à prendre le speed boat pour remonter le Mékong et traverser la frontière du Cambodge. À la base, on avait imaginé passer une frontière terrestre et longer la côte sud du Cambodge. Aller à Phnom Penh n’était pas du tout au programme car, non seulement c’est la capitale, mais en plus ça nous fait faire un léger détour par rapport à notre itinéraire envisagé.

Mais comment renoncer à la facilité et à la beauté d’une croisière de plusieurs heures sur le Mékong ? Évidemment, on se laisse tenter et on achète nos deux billets dans une petite agence du speed boat en centre-ville de Châu Đốc.

D’ailleurs, les places sont limitées et certains jours sont déjà complets. Comme on n’est pas à une journée près, cela ne nous pose pas de problème.

Rejoindre le quai du Mékong

Le bateau part à 7 h du matin. On se réveille à 5 h 20… ça pique.

Le taxi de 6 h 15, commandé la veille, essaye de racoler quelques clients sur le petit trajet qui nous sépare du port, mais sans succès. Tout le monde a déjà réservé un taxi (comme nous d’ailleurs) et ça se comprend car il y a très peu de taxis voiture dans cette ville (tout le monde circule à scooter).

Pour prendre le speed boat, il faut qu’on se rende à l’hôtel Victoria, un hôtel imposant et un peu hors de notre budget, mais que tout le monde connaît ici, car il est central et au bord du Mékong.

On monte dans le petit bateau qui part à 7 h tapantes et on s’installe sur les sièges à l’intérieur du bateau.

Dès le départ, un agent de bord récupère les passeports de tout le monde ainsi que l’argent pour les visas. La plupart des passagers ont prévu des dollars, surtout les plus âgés semble-t-il. Malheureusement, les billets de 2 dollars ne sont pas acceptés, seulement à partir de 5. Ils paieront donc le complément en dongs (monnaie vietnamienne). Nous, on n’a pas de dollars, uniquement des dongs. On avait eu confirmation par la compagnie que c’était accepté par la douane.

D’ailleurs, c’est le premier pays depuis notre départ pour lequel nous devons payer un visa.

Premières heures sur le Mékong

En quittant les rives de Châu Đốc, on repasse par le marché sur l’eau, qu’on avait déjà visité. Mais cette fois, on va à vive allure.

Beaucoup de monde s’active, notamment des pêcheurs. Des enfants font signe au bateau. On observe de nombreuses fermes piscicoles. Faute de ponts, beaucoup de ferries transportent des passagers et même des motos pour traverser le fleuve. Malheureusement, on remarque aussi pas mal de déchets sur les rives du Mékong.

Un peu avant 8 h, on approche une péniche pour récupérer deux passagers supplémentaires et leurs bagages.

Le bateau tangue énormément, c’est impressionnant.

Je me trouve une petite place à l’arrière, dehors. Cela me permet d’échanger avec un Québécois qui voyage plusieurs mois en Asie du Sud-Est. Il a aussi fait de la moto au Vietnam, notamment la boucle de Ha Giang, mais accompagné d’un guide. Alors on échange nos expériences. Il est assez surpris et rigole de notre récit sur notre expérience en moto à 3 (à retrouver a partir d’ici), “à la locale” comme il dit.

Puis le fleuve s’élargit énormément. Ce n’est plus un bras du Mékong, mais le Mékong lui-même.

Passer la frontière en bateau sur le Mékong

On fait une halte d’une heure pour tamponner les passeports côté vietnamien, dans une ambiance assez détendue.

Tout le monde patiente dans une petite salle, mais nos bagages restent dans le bateau.

Comme Palmyre s’est endormie, elle peut rester avec Sophie à l’intérieur. Quand elle se réveillera, ce sera surtout un arrêt pipi pour Palmyre et Sophie.

En repartant, un membre de l’équipage installe le drapeau du Cambodge sur son petit mât et nous accostons rapidement pour les formalités côté cambodgien. Dans notre bateau, il n’y a que des étrangers. Aucun local. C’est peut-être la première fois depuis le début du voyage qu’on se retrouve “entre touristes”.

Là où nous accostons, sur le territoire cambodgien, cela n’a rien d’une frontière classique.

Ici aussi, nos bagages restent dans le bateau. Nous avons juste à attendre tranquillement dans un joli jardin que les agents vérifient nos passeports et tamponnent nos visas.

De petits chiots, peut-être de futurs chiens de la douane, font la joie des enfants.

Pour nous rendre nos passeports, ils font l’appel : on se croirait presque revenus à l’école.

Juste avant de remonter sur le bateau, Palmyre nous fait une petite colère car elle veut tenir son passeport à la main pour embarquer. L’agent du bateau a peur qu’elle le fasse tomber et qu’il finisse à l’eau. Il n’a pas tort, mais qu’est-ce qu’elle est têtue dans ces moments-là.

Derniers moments à bord du speed boat

On repart à pleine vitesse.

Sur cette dernière portion de la traversée, on observe énormément de bateaux qui extraient le sable du Mékong.

C’est effarant !

On arrive à Phnom Penh, la capitale du Cambodge, vers 13 h, sous une chaleur épouvantable, avec Palmyre qui se remet à râler et pleurer sans raison. Heureusement, le Québécois lui propose des bonbons et réussit à la calmer tout de suite. Merci à lui.

Note à nous-mêmes : acheter des « Mentos » pour gérer les crises.

Nous voilà donc au Cambodge. C’était sans doute la frontière la plus simple de notre périple depuis Paris !

Initialement, on s’imaginait que ce bateau était emprunté par des touristes, certes, mais aussi par quelques locaux désireux de traverser la frontière. En réalité, il n’en est rien : c’est surtout un transfert pour touristes étrangers.

Nous n’avons donc pas retrouvé l’authenticité des transports avec les locaux comme on avait pu le vivre auparavant.

Mais ce n’est pas grave. Toute nouvelle expérience est bonne à prendre. Cela reste un trajet sur le Mékong, qui, lui, reste bien authentique.

On prévoit de ne pas s’éterniser à Phnom Penh et de reprendre la route vers le Sud dans quelques heures… sans encore savoir que nos plans vont rapidement changer…

Découverte du Cambodge à Phnom Penh : ça commence mal !

Sur le quai, nous cherchons une gare de bus afin de rejoindre Kampot, une ville plus au Sud, où nous espérons passer nos premiers jours au Cambodge.

Mais on abandonne rapidement l’idée de nous débrouiller seuls (on a pas internet) et on fait appel à un Tuk Tuk, le premier qu’on utilise depuis notre voyage ! Normal, puisque ca n’existe pas au Vietnam.

D’ailleurs, fini les scooters, ici ce sont principalement les Tuk-Tuk et les voitures qui encombrent les rues de la capitale. Un vrai contraste avec le Vietnam qui était rempli de scooters, quelle que soit la ville.

L’avantage, c’est que dans un Tuk Tuk, il y a de la place pour nos sacs de voyage.

Le Tuk Tuk nous dépose à ce que nous pensons être un arrêt officiel de minivans à destination de Kampot. On achète deux billets : départ dans une heure seulement, parfait ! On devrait arriver à Kampot en fin d’après-midi.

Cela nous laisse le temps de déjeuner et de retirer de l’argent. Sauf que… notre carte bancaire est avalée par le distributeur et nous sommes dimanche, la banque est fermée !

C’est la 2ème fois que cela nous arrive depuis le début du voyage (carte avalée en Chine, récupérée quelques jours plus tard), mais cette fois, personne n’accepte de m’aider. Sans doute un mélange de barrière de la langue, de gêne et surtout de méfiance. Le contraste est saisissant avec la Chine, où plusieurs personnes étaient spontanément venues nous aider. C’est frustrant !

Changement de programme forcé : rester a Phnom Penh

Faute de solution immédiate, on décide de changer nos plans et de rester une nuit à Phnom Penh, dans l’espoir de récupérer la carte dès le lendemain matin.

Nous demandons alors le remboursement des billets achetés moins de 15 minutes plus tôt (30 dollars au total). Nouvelle douche froide : refus catégorique, même pour décaler le billet d’une journée, alors que cette possibilité était inscrite au dos du billet ! Impossible de discuter, on laisse tomber !

À ce moment-là, je suis agacé, franchement en colère (et ça a dû se voir…). Heureusement, Sophie me rappelle une phrase d’un ami anglophone qui a voyagé des années en slow travel :

Never get angry, whatever happens.” Ne jamais s’énerver, quoi qu’il arrive.

Et au fond, il a raison. Il y a bien pire dans la vie que ce genre de contretemps (surtout quand on voyage sans aucune réservation) et 30 dollars perdus. Et envoyer les chaises valser ne changera rien !

Avec le recul, on a compris que cette petite structure, pas très honnête, n’était qu’un intermédiaire : elle regroupe les voyageurs, les conduit ensuite à la vraie compagnie de bus et achète les billets à leur place. Un système que nous n’avions encore jamais rencontré mais très courant au Cambodge.

Quelques heures à Phnom Penh

Nous trouvons un hôtel pour une nuit et décidons de profiter des quelques heures qu’il nous reste avant la nuit, pour nous balader dans les rues.

L’extrême pauvreté est plus visible que dans tous les autres endroits que nous avons visités jusque-là pendant le voyage. On croise de nombreux mendiants, y compris des enfants. Beaucoup semblent dormir dehors, parfois simplement dans un hamac suspendu en bord de rue.

Dans le même temps, on observe aussi beaucoup de très belles voitures sur les routes, parfois du genre que l’on ne pourrait jamais s’offrir en France. Le contraste social est brutal.

Autre détail étonnant : malgré la circulation dense, les klaxons sont bien plus discrets qu’au Vietnam. Le calme de la rue surprend.

Le lendemain, dès l’ouverture de la banque, je m’y rends. Finalement, tout se règle très simplement et je récupère ma carte sans difficulté. Nous pouvons enfin reprendre notre route vers Kampot, avec une compagnie de bus, différente de la veille bien sûr !

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