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« Trente jours (et même un peu moins) en Chine nous ont paru suffisants pour réaliser à quel point les différences culturelles peuvent être marquantes pour notre petite famille ».
À découvrir dans cet article.
Cet article relate essentiellement notre traversée de la Chine en slow travel : Zhangjiajie – Kunming – Hekoubei
Le crachat en public : un choc culturel en Chine
L’un des éléments les plus surprenants de notre voyage en Chine, et sans doute celui qui nous a le plus marqué, surtout dans les transports en commun, c’est la fréquence du crachat en public. Cette pratique est partout à l’extérieur et semble profondément ancrée dans les habitudes chinoises.
Partout, on entend des raclements de gorge bruyants, souvent suivis de crachats. Dans les lieux publics fermés, c’est moins courant, mais ça arrive, parfois dans les toilettes, parfois même dans les poubelles. Pour nous, voyageurs occidentaux, ces scènes sont difficiles à ignorer et très surprenantes.
Même après plusieurs milliers de kilomètres parcourus en train à travers le pays, on ne s’y est toujours pas habitués. Ces pratiques restent l’un des chocs culturels les plus marquants de notre séjour.
Ce ressenti reste bien sûr celui de notre petite famille de voyageurs occidentaux, avec nos propres repères culturels.
Récupérer une carte bancaire en Chine : mission impossible ?
Nous n’avons pas encore réservé les trains suivants, car nous ne savons pas encore s’il sera facile de récupérer notre carte bancaire. Du coup, après nos quatre jours de visite dans le parc, je pars récupérer ma CB à Zhangjiajie dans la matinée.
En cours de trajet, le bus s’arrête pour prendre un papy qui marche difficilement avec sa canne en bambou. Il paie son ticket avec un billet : ça fait drôle de voir encore des Chinois utiliser du cash. Officiellement, on ne peut payer qu’avec le QR code à l’intérieur du bus. Du coup, le chauffeur accepte son billet, mais scanne lui-même le QR code du bus pour acheter le ticket du papy. Une passagère assise près de la porte en profite pour larguer un petit mollard à travers la porte ouverte. On n’a volontairement pas détaillé toutes ces scènes dans nos articles, mais vous avez compris l’idée.
J’arrive en ville et prends immédiatement un taxi qui me dépose devant la banque. L’agent de sécurité me donne un ticket, et c’est rapidement mon tour. Ma carte est là, parmi d’autres dans le petit coffre. Multiples scans du passeport, reconnaissance faciale à deux reprises… oui, c’est bien moi.
Mais l’agent me demande de prouver que la carte m’appartient : apparemment, la corrélation entre mon nom inscrit sur mon passeport et celui sur la carte ne suffit pas. Je m’y attendais un peu, vu la complexité pour obtenir une SIM chinoise… Heureusement, avec mon appli bancaire, je peux lui montrer une image de ma carte bancaire sur mon téléphone, exactement celle qu’il a devant les yeux. Il prend le téléphone pour en faire une photo. Je peux même lui montrer les numéros de la carte… pas mal !
Je signe ensuite un registre. Puis il appelle ce qui semble être sa cheffe : quelque chose ne semble pas convenir. Il essaie de m’expliquer quelque chose que je ne comprends pas, puis me demande de lui montrer mon nom sur l’appli bancaire. Problème : j’ai plusieurs prénoms sur mon passeport, mais sur l’appli, seul le premier apparaît. Je dois lui expliquer qu’en France, on utilise rarement les autres prénoms.
Finalement, il écrit sur un papier vierge mon nom et prénom, avec un petit texte en chinois, que je traduis avant de signer : “carte remise en main propre”. Ouf ! Sans l’appli bancaire, je ne suis pas sûr que j’aurais pu récupérer ma carte. On pourra donc prendre le train demain.
Trajet Zhangjiajie → Kunming → Hekoubei (frontière chinoise / Vietnam)
Trajet total ≈ 1 350 km
Trajet total : train de Zhangjiajie à Kunming puis jusqu’à Hekoubei
Train ZHANGJIAJIE → HUAIHUANAN → KUNMING
Trajet total ≈ 1 150 km : Départ 11h31 – Arrivée 17h56

De Wuyllingan, on avait prévu de prendre un bus à 9h pour rejoindre la gare de Zhangjiajie. Finalement, en se rendant à pied à la gare routière, on se fait alpaguer par une conductrice de taxi et, à force de négocier, c’est le même prix que le bus (la dame devait surement se rendre en ville).
Nous quittons donc les montagnes de Zhangjiajie et ses nombreuses marches en taxi.
1er trajet : ZHANGJIAJIE – HUAIHUANAN en TGV (≈250 km)
On passe les contrôles pour entrer dans la gare de Zhangjiajie. Palmyre nous étonne : elle passe devant nous, pose son sac et s’avance pour les contrôles, en écartant bien les bras, toute seule sans qu’on ne lui dise rien. On n’en revient pas, quelle autonomie.


Pour le reste, ce trajet sera conforme aux autres : hall central, porte d’embarquement, présentation des passeports/billets…
On a repris un TGV pour gagner du temps car on fatigue un peu des longs trajets et le dernier train de nuit avait été plutôt pénible. C’est aussi l’option la plus logique pour ce trajet.
Ce TGV est comme les autres, si ce n’est la présence étonnante de personnels spécifiquement assignés à la vente de soins pour la peau dans les wagons.
2nd trajet : HUAIHUANAN – KUNMING en TGV (≈850 km)
Arrivés en gare de Huaihuanan, on remontre nos passeports pour accéder à la zone de transfert. De toute façon, on commence à être rodés !


Palmyre nous fait une petite crise dans le hall de gare : elle ne veut plus marcher, elle ne veut pas qu’on la porte, elle ne veut plus rien. Heureusement, c’est très rare. Je crois qu’elle aussi sature un peu des transports et autre…

La porte d’embarquement s’ouvre et on remontre nos passeports pour accéder au quai. Le train n’est pas encore là, du coup on demande à un des nombreux agent de nous indiquer l’emplacement de notre wagon. Malheureusement, il nous indique la mauvaise direction et, quand le train arrive, on s’aperçoit qu’on est allés dans la mauvaise direction. Ce qui est problématique, car les trains restent vraiment peu de temps à quai (normal puisque les passagers attendent directement face à l’entrée de leur wagon). On doit courir pour rattraper le bon wagon, d’autant plus qu’il y a deux trains collés et que les deux moitiés ne communiquent pas entre elles.

À peine installés dans le train, les agents revérifient nos passeports et nous demandent de bien ranger notre gourde à l’intérieur de notre sac (et pas dans la pochette sur le côté) afin d’éviter tout accident de trajet…
Comme d’habitude, on s’amuse à regarder le défilé du personnel qui impressionne toujours autant !
Enfin, nous voilà à Kunming, dernière ville-étape de notre traversée de la Chine.
Train KUNMING – Hekoubei = Frontière Chine / Vietnam
Trajet total ≈ 390 km : Départ 8h23 – Arrivée 12h59
Nous avions réservé un billet Kunming – Hekoubei avant même notre arrivée en Chine, car on pensait qu’il fallait justifier d’un billet de sortie de territoire chinois pour pouvoir entrer. Au final, c’était inutile. Ce n’est pas grave, car nous n’avons pas changé de plan en cours de route et on passe bien la frontière à Hekoubei en partant de Kunming, donc tout va bien : on change juste la date pour partir un peu plus tôt.
On se réveille à 6h du matin pour prendre notre train de 8h23.
La nuit a été courte, car avant chaque passage de frontière, Sophie et moi ne dormons jamais très bien. Vu qu’on ne sait jamais trop à quoi s’attendre, notre imagination est bien souvent trop débordante.

On espère passer la frontière sans problème, mais après la gare d’Hekoubei, c’est un peu flou dans nos têtes : on ne sait pas trop comment s’organise ce passage de frontière : à pied ? En navette ?
La gare de Kunming est comme toutes celles déjà traversées, mais avec encore plus de personnel, notamment à l’extérieur.
Il ne faut pas traîner devant la gare et vite passer les contrôles pour accéder au hall central et aux portes d’embarquement.


Arrivés sur le quai, nous sommes très surpris par les aménagements qui empêchent les gens de s’approcher des voies : c’est un fil de sécurité qui monte ou descend selon que le train est à quai ou non. Ils complètent le personnel déjà très nombreux, chargé de guider et de sécuriser les voyageurs.


Dans le train, on a deux places séparées, mais plusieurs passagers vont s’organiser pour nous laisser deux places côte à côte. C’est très gentil de leur part.
Comme d’habitude, l’agent des bagages veille à ce que les sacs soient bien positionnés : aucun sac superposé , aucune lanière qui ne dépasse. Puis re vérification des passeports et défilé habituel des agents : vendeurs de soins de beauté, de gâteaux, de boissons et de sachets de bonbons (qui ressemblent à de la purée mousseline avec un goût chimique).
Comme toujours, c’est très calme et niveau propreté, on est au top. Régulièrement, des agents vident les poubelles, balaient le sol et passent la serpillière. Au vu du nombre de personnel, on comprend pourquoi le train reste impeccable.
Le nombre de tunnels traversés est impressionnant. Côté paysage, même si on est souvent sous les montagnes, il semble que ce côté de la Chine soit plus rural, avec beaucoup de cultures en terrasse et des arbres fruitiers : ça commence à ressembler à ce qu’on imagine du Vietnam. D’ailleurs, on arrive à la gare d’Hekoubei, ville frontière entre la Chine et le Vietnam. On remontre nos passeports pour sortir de la gare bien évidemment.



Il est temps de passer la frontière et de quitter la Chine
Nous voilà désormais à quelques kilomètres de la frontière vietnamienne. Ce sont nos derniers instants en Chine, et l’excitation de découvrir un nouveau pays est là. Trente jours en Chine nous ont paru suffisants pour réaliser à quel point les différences culturelles peuvent être marquantes pour notre petite famille. Cette fois, nous ne dirons pas comme au Kazakhstan (retrouvez ici notre article « du kazakhstan à la Chine une arrivée mouvementée ») que nous aurions aimé rester plus longtemps.