Traverser la Chine en slow travel : Pingyao – Shijizhuang – Zhangjiajie – Wulingyuan

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Vous lisez un chapitre de notre voyage en famille, de l’Europe à l’Asie, en slow travel.
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Trajet total ≈ 1 500 km : Départ 13H51 – Arrivée J+1 à 12H51

Après avoir été escortés par le gérant de l’hôtel jusqu’à la sortie de la vieille ville en mobylette, un taxi nous dépose à la gare de Pingyao à 9h30.

D’ailleurs, tous les véhicules semblent être électriques dans cette ville, c’est impressionnant.

On passe les contrôles classiques et on présente nos passeports. On a pris l’habitude d’arriver en avance aux gares chinoises, mais cette fois-ci, on est vraiment trop en avance. On a le temps d’observer les allées et venues.

Ce n’est pas la plus belle gare qu’on ait faite : toutes les vitres sont teintées et nous empêchent de voir à l’extérieur, et les haut-parleurs fonctionnent sans s’arrêter, doublés d’un agent et de son mégaphone pour faire diverses annonces qu’on ne comprend pas.

Il y a un agent (qui porte un képi) pour gérer deux portes d’embarquement. Heureusement pour lui, elles ne sont jamais ouvertes en même temps. Du coup il fait les déplacements de l’une à l’autre en fonction des trains qui partent, sans oublier son petit coussin, qu’il déplace aussi d’une chaise à l’autre pour s’asseoir à côté des portes. On trouve ça mignon.

1er trajet : TGV Pingyao – Shijizhuang

Notre première partie du voyage se fait en TGV, toujours très confortable et sans aucune zone fumeur. Un TGV classique en Chine ! Tout le monde respecte la distance de sécurité entre le train et le quai, c’est important.

Nous avons un transfert à la gare de Shijiazhuang avec un temps d’attente de 3 heures. Encore une fois, on ne va pas se balader en ville, sinon il faut repasser les formalités. On fait comme les autres, et on attend tranquillement dans le hall central de la gare. Il y a beaucoup de monde mais le hall est immense avec beaucoup de sièges pour s’asseoir, et surtout, c’est très silencieux : ça impressionne un peu.

Beaucoup d’individus portent encore des masques, c’est vrai en ville mais surtout dans les gares. Ça nous rappelle un peu trop le temps du Covid. On se restaure à l’étage du hall central, où l’on croise 3 Français à la recherche de café !

Ils ont l’allure et l’attitude d’hommes d’affaires, ce que nous confirmera l’un d’entre eux, très content de parler français. Pourtant, il nous indique qu’ils sont arrivés hier et qu’ils restent seulement 4 jours. Les autres nous ignorent totalement. On n’a clairement pas la même vie. Ça nous fait un peu drôle d’entendre une conversation française dans un lieu public, ce n’est pratiquement pas arrivé depuis notre départ.

2ème trajet : Train Shijizhuang – Zhangjiajie

Pour ce second trajet, le plus long (on va dormir dans le train), on a décidé de ne pas prendre un billet 1ère classe car d’une part c’est plus cher, mais surtout, lors de notre première expérience, il y avait autant de fumée de cigarette qu’en 2nd classe. On espère aussi découvrir une autre ambiance, peut-être plus chaleureuse en 2nd classe. Malgré tout, on n’appréhende pas mal ce long trajet, surtout pour la cigarette.

On passe la porte d’embarquement avec nos passeports et on prend un escalator pour rejoindre les quais. L’agent se trouvant en bas fait alors de grands signes à Sophie en lui parlant dans son mégaphone : il faut donner la main à Palmyre, les enfants ne doivent pas être lâchés.

On montre nos passeports et on monte à bord du train. Le contrôleur est vraiment sympa.
On découvre le wagon/couchette de la 2nd classe et finalement on s’y sent bien mieux qu’en 1ère classe : ce sont des compartiments de 6 couchettes (3 à gauche, 3 à droite) mais ils ne sont pas cloisonnés et tous donnent directement sur un large couloir, équipés de tablettes et de strapontins. Du coup on a plus d’espace pour s’asseoir, circuler et manger, l’ambiance est très conviviale.

On partage notre espace avec une jeune étudiante et deux femmes qui semblent voyager avec d’autres personnes situées dans les compartiments voisins. Nous avons les deux couchettes intermédiaires, trop petites pour y tenir assis, mais plutôt larges. L’étudiante dort au-dessus de nous et donne une « saucisse snack » (saucisse industrielle emballée individuellement) à Palmyre qui adore.

Pendant le trajet, c’est un ballet de personnel divers (comme dans les autres trains), de nourriture en tout genre (du poulet épicé frais au poulet en sachet instantané comme sur la photo), et de boissons.

Comme on ne sait jamais ce qu’on va trouver dans les trains, on prévoit toujours à l’avance notre repas : des pâtes instantanées, comme beaucoup de monde dans les trains. Évidemment, on nous demande des photos en mangeant…

Au final, ce trajet est quand même plutôt fatigant car quelques passagers ne nous ont presque jamais laissés tranquilles. On a eu beaucoup de mal à manger sereinement et on a même été photographiés pendant le repas. On ne peut pas traverser le wagon sans être interpellés, regardés, pris en photos ou en vidéo (surtout Palmyre). J’en suis venu à dire à Palmyre de ne pas faire attention à eux et d’avancer.

Même quand on reste dans nos couchettes pour jouer avec Palmyre, ils s’installent à côté de nous, prennent des photos et ne repartent plus. Parfois Palmyre met sa main devant la caméra des gens, mais ils n’ont pas l’air de comprendre le désaccord. On est restés calmes, sinon on se serait vite emportés.

21h00, le personnel du train passe, regarde chaque couchette et prononce quelques mots avec le haut-parleur. De toute façon, on ne comprend rien, on imagine qu’il faut faire attention à ses affaires, comme dans les premiers trains.

Comme d’habitude, je partage ma couchette avec Palmyre (la couchette au-dessus de nous est vide mais on ne se voit pas laisser Palmyre seule dans une couchette en hauteur). On s’interroge sur l’heure d’extinction des lumières (voire même si elles s’éteignent…). Heureusement, la lumière s’éteint à 22h00 et le contrôleur passe pour souhaiter bonne nuit à tout le monde !

Malheureusement, entre ceux qui ronflent et ceux qui se mettent à discuter assez fort à 00h30, la nuit a été très agitée. En plus, notre compartiment était en extrémité de wagon, juste à côté des toilettes, et on entend tout. Mais le pire, c’est que Palmyre me grimpe dessus dans son sommeil : j’ai eu très peur qu’elle bascule dans le vide, ça m’a hanté toute la nuit.

À 7h00, le jour se lève, les lumières du wagon se rallument et le défilé de nourritures/boissons redémarre. Le monologue du vendeur ambulant est tellement répétitif qu’ilnous restera longtemps en tête. J’ai compté 6 personnes avec petit chariot qui défilent en permanence à crier dans les wagons. Le reste du personnel à bord du train est trop nombreux pour pouvoir compter.

On prend notre petit déjeuner tranquillement sur les petites tables du couloir en regardant le paysage, qui a d’ailleurs complètement changé : c’est très vert avec énormément de petits plans d’eau, des cultures en terrasse et des clémentiniers à perte de vue. Puis des usines, des cultures, des usines, des cultures.

Malheureusement pour nous, on est de nouveau sans cesse sollicités pour des photos et des vidéos. On prend encore sur nous pour ne pas s’énerver.

On demande à la jeune fille, qui a dormi juste au-dessus de Sophie, de nous dire s’il y a un bus pour aller à Wulingyuan, là où se trouve notre hôtel. C’est simple, c’est juste en face de la gare de Zhangjiajie. Elle m’a écrit le nom de la gare de bus en chinois, histoire qu’on ne se trompe pas.

On échange des messages pendant un vrai moment. Elle étudie à l’université de Zhangjiajie et il lui reste six mois avant d’intégrer la vie active comme fonctionnaire. Elle m’explique que, comme elle n’a pas de débouché direct avec ses études, elle aura un poste en fonction de ses compétences. Je comprends que c’est souvent comme ça que ça fonctionne.

Une fois n’est pas coutume, notre train arrive en gare de Zhangjiajie avec une heure de retard. Évidemment, il faut sortir le passeport pour quitter la gare.

Quand un distributeur avale la carte bancaire en Chine

Arrivés à la gare de Zhangjiajie, nous avons besoin de retirer de l’argent liquide. Comme nous ne pouvons pas payer par smartphone (voir notre article ici : du Kazakhstan a la chine une arrivée mouvementée), nous devons tout régler en espèces : la carte bancaire n’est acceptée nulle part en Chine ! Dans l’un des pays les plus avancés en matière de paiement numérique notamment par QR code, pour nous, ce sera à l’ancienne pendant tout le séjour.

Sauf que ma carte vient d’être avalée par le distributeur, qui semble avoir fait un reset au moment de l’insertion. Obligés de demander de l’aide dans la rue, une dame très sympathique téléphone à l’assistance pour nous. Une deuxième personne, tout aussi gentille, m’emmène ensuite à la banque, à 2 km en taxi, pour expliquer mon cas. Sophie et Palmyre surveillent que la carte ne revienne pas, mais rien.

À la banque, le monsieur prend les choses en main et je reste spectateur. Une dame m’explique que la carte ne peut être récupérée que dans trois jours… Autant dire qu’il ne faut pas être pressé ni devoir prendre un train rapidement. Ce n’est heureusement pas notre cas : on fera sans cette carte, pas de problème.

De Zhangjiajie à Wulingyuan en bus

Après avoir mangé dans le petit restaurant du gars qui m’a conduit à la banque, le bus nous conduit jusqu’à Wulingyuan. C’est super simple : les départs sont toutes les 20 minutes et le trajet dure 40 minutes !

D’ailleurs, on ne vous l’a pas dit, mais prendre le bus en Chine, c’est presque comme à l’aéroport !

On est ravis d’être arrivés à Wulingyuan ! Mais pourquoi venir ici ? Tout simplement parce que c’est l’une des portes d’entrée du célèbre parc qui a inspiré le film Avatar. Après ces deux jours épuisants, on ne risque pas de se reposer avec toutes ces marches qui nous attendent !

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