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« un enfant de l’âge de Palmyre est resté planté devant notre assiette en regardant notre nourriture »
Un moment assez déroutant
Au fil de notre voyage, on s’est rendu compte qu’il est facile de traverser un pays, ou même le monde sans vraiment sortir de sa zone de confort. Pour éviter de tomber dans cet écueil, on essaie de voyager plus lentement : prendre le temps d’échanger avec les habitants, manger dans de petites adresses locales et, quand c’est possible, dormir chez l’habitant.
En voyage, ce sont surtout les rencontres qui nous marquent. On aime découvrir un peu du quotidien des gens, leurs habitudes et leur manière de vivre. Cela influence naturellement les logements que nous choisissons, mais aussi notre façon de nous déplacer et de manger.
Séjourner dans une homestay à Siem Reap
C’est pourquoi, tout notre séjour à Siem Reap, nous l’avons passé dans une Homestay. C’est une maison bien aménagée avec des chambres pour les touristes et voyageurs. On retrouve ici ce qu’on a vécu au Vietnam, à Ninh Binh ou à Mai Chau. L’accueil est vraiment bon et il y avait des enfants pour jouer avec Palmyre. On s’est senti comme à la maison !
Comme c’était le Nouvel An chinois, Pierrot a passé une bonne soirée avec le propriétaire et ses amis. Il a eu l’occasion de goûter des criquets grillés, et finalement ce n’est pas si mauvais. Au Cambodge, le nouvel an chinois est important car beaucoup d’habitants ont des racines avec la Chine.




En discutant, les différences entre le Cambodge et la France font rapidement surface.
Un des convives nous confie qu’il est cuisinier et qu’il travaille très tôt le matin et très tard le soir, six jours sur sept, environ 9 heures par jour et moins de 3 semaines de congés pas ans. Difficile de voir ses enfants et impensable pour lui de partir en vacances, ni même en week-end ! Le salaire minimum au Cambodge étant d’environ 210 dollars (180 euros), on se rend vite compte de l’écart.
Dans ces moments là, on se sent mal à l’aise : difficile de parler de notre année de voyage en famille, à parcourir le monde et à manger à l’extérieur tous les jours, depuis des mois. Pierrot se fait donc tout petit, le temps d’un instant.
Malgré la gêne, ce sont ces moments d’échange qui marquent le plus notre voyage.
L’inconfort (finalement très relatif), les imprévus (tellement réguliers qu’on n’y fait même plus attention, c’est notre quotidien) et parfois la barrière de la langue (qui en 2026, avec les smartphones, est devenue assez mince), ne sont rien face à la richesse de ces rencontres.
Pour autant, c’est bien au Cambodge, et notamment dans la ville touristique de Siem Reap, que la réalité du pays nous a le plus rattrapés.
La pauvreté à Siem Reap

À Siem Reap, il n’y a quasiment pas eu un jour sans être confrontés à la pauvreté de la population.
Le plus marquant a été lorsqu’un enfant de l’âge de Palmyre est resté planté devant notre assiette en regardant notre nourriture. Un moment assez déroutant, surtout lorsque notre fille du même âge est juste à côté en train de manger.
Souvent, des enfants nous sollicitent pour vendre des objets ou de la nourriture. Les ONG ont été obligées d’installer des panneaux un peu partout (notamment autour des temples d’Angkor) pour demander aux touristes de ne rien donner, afin d’éviter d’aggraver la situation. Malheureusement, malgré cela, nous avons vu des touristes faire des achats de ce type.
Les traces de la guerre au Cambodge
Les traces de la guerre des années 1970 sont encore bien visibles.
Encore aujourd’hui, dans certaines régions du Cambodge, il est déconseillé de s’éloigner des chemins balisés à cause des mines encore présentes dans le sol, qui continuent de tuer chaque année.

Du coup, quand ce ne sont pas les enfants qui mendient presque dans nos assiettes, ce sont des personnes mutilées qui passent entre les chaises plastiques des restaurants de rue pour demander de l’argent. Et lorsque Palmyre souligne simplement qu’une personne n’a pas de bras, le choc est d’autant plus réel.
C’est dans ce contexte que nous avons trouvé intéressant de visiter le centre APOPO, une solution qui existe pour continuer à retirer les mines, toujours meurtrières dans le pays.
APOPO à Siem Reap : les rats démineurs

APOPO est une ONG internationale qui utilise des rats, entraînés pour chercher des explosifs, grâce à leur odorat, notamment les mines anti personnel.
On les appelle des “HeroRATs”.
L’organisme a ouvert un centre de visite à Siem Reap, qui propose aux visiteurs des visites guidées d’une heure.
Ils expliquent l’organisation du déminage et surtout, on assiste en direct à une démonstration de rats qui détectent de faux explosifs.
Ces “HeroRATs”, plus rapides que les machines, sont impressionnants d’efficacité. Clous de la visite pour les enfants (et amoureux des rongeurs) : on peut tenir un rat dans nos bras !
Heureusement que des ONG comme celle-ci existent, même si c’est malheureux qu’il y en ait besoin.

Evidemment, ce n’est pas très joyeux de parler de guerre, de mines antipersonnel et de personnes mutilées, mais c’est nécessaire si l’on souhaite appréhender la réalité et les problématiques contemporaines du Cambodge.
Heureusement (et étonnamment), tenir un gros rat dans nos bras, un petit instant, nous redonne le sourire et nous réconforte avec ces petites bêtes que nous voyons toujours comme des nuisibles. Même Palmyre à eu le droit et elle a adoré !


Une fois n’est pas coutume, nous ne résistons pas à l’envie d’acheter quelques souvenirs pour soutenir cette ONG : un mug isotherme pour Sophie (pour les prochains trains en Chine) et un porte-clé rat, tricoté à la mains, pour Palmyre.
Notre séjour à Siem Reap se termine, et nous reprenons le bus pour continuer notre route à travers le Cambodge. Au petit matin, un combat de coqs nous retient une dernière fois avant de quitter la ville. Ça nous impressionnera toujours !
