👉 Par ici pour commencer l’histoire depuis le début.

Pour changer un peu des temples d’Angkor, Pierrot a remarqué qu’il y avait un parc national qui est aussi une montagne sacrée pas très loin de Siem Reap, le parc de Phnom Kulen. On décide d’aller y passer la journée.
Départ difficile pour Phnom Kulen depuis Siem Reap :
Le matin, au moment de partir en moto pour le parc national de Phnom Kulen, le gérant de la homestay nous demande par curiosité notre programme du jour. Quelle erreur de lui avoir dit que nous allions à Phnom Kulen avec sa moto. On voit tout de suite la panique dans ses yeux et dans le son de sa voix. Il nous fait répéter notre destination pour être sûr d’avoir bien compris. Mais oui, on s’est bien compris.
En plus, on a repéré un cours d’eau et une cascade dans ce parc, on espère donc pouvoir s’y baigner, ce qu’on explique à notre hôte. Du coup, il essaie de nous orienter vers le parc aquatique de Siem Reap en nous disant qu’il y a une belle piscine et des toboggans, le top pour Palmyre… À seulement quelques minutes de moto ! Heu merci, mais ce n’est pas le programme, on veut aller à Phnom Kulen !
Mais le pire, c’est qu’il a pris les clés de la moto “pour vérification” et le voilà parti faire un petit tour. Ça semble interminable, il ne revient plus… Nous qui voulions partir de bonne heure, ça commence mal.
Apparemment résigné sur notre destination, il finit quand même par revenir avec la moto. On lui explique que nous avons déjà parcouru des centaines de kilomètres à moto en Asie du Sud-Est, et que Phnom Kulen n’est pas le bout du monde (on y est déjà pour nous !). Il nous avoue qu’aucun touriste n’a jamais été là-bas en moto, car c’est loin et qu’il faut rouler plusieurs kilomètres sur des pistes. On parle de 50 km, pas de plusieurs centaines !
Accéder à la « montagne » de Phnom Kulen
On réussit quand même à partir. Au final, on n’a pas trop compris ses réticences car la route est plutôt belle : goudronnée et sans dénivelé jusqu’à la barrière du parc national de Phnom Kulen.

Il n’y a pas foule de voitures à attendre devant le portail. On achète nos billets, ou plutôt on paie la taxe du parc national, qui est assez élevée pour le pays (20 dollars par personne), mais on comprend mieux ce prix quand on voit le nombre de personnels qui encadrent la route. Ici, on se croirait dans un circuit organisé type rallye, alors qu’il y a finalement peu de touristes ce jour-là. Si l’argent sert à payer ces gens, pourquoi pas…
C’est une fois passée la barrière que le chemin devient intéressant puisqu’il se transforme rapidement en piste rouge typique du pays (on aime bien).


Il y a aussi pas mal de villageois avec des enfants au bord de la route. On n’a pas trop compris si c’était de la mendicité, mais ça y ressemblait.
Peung Ta Kho : le point de vue de Phnom Kulen
Notre premier arrêt est un point de vue nommé Peung Ta Kho. Encore une fois, la magie du voyage opère car on ne savait pas que nous allions arriver ici, l’endroit n’est pas très bien indiqué et on aurait pu passer à côté sans s’y arrêter, ce qui aurait été vraiment dommage car l’endroit est magnifique. Il semble même que ce soit le spot photo le plus emblématique du parc. On comprend pourquoi !

Le point de vue est très beau, même si l’appellation “montagne” est excessive. On dirait plutôt une colline. Sur place, des vendeurs de miel proposent même plusieurs produits issus de l’apiculture.



Après plusieurs kilomètres de piste, un checkpoint pour une vérification des billets, nous poursuivons notre balade à moto dans le parc jusqu’au site bouddhiste sacré de Preah Ang Thom.
Preah Ang Thom : le lieu sacrée de Phnom Kulen
Pour accéder au cœur de ce lieu spirituel, il faut garer la moto sur un parking et monter toute une enfilade d’escaliers.


Pendant la montée, c’est la douche froide : énormément de mendiants, et beaucoup d’enfants apparemment en sous-nutrition semblent passer leur journée à attendre dans les marches la charité des visiteurs. On voit aussi des personnes handicapées et mutilées (malheureusement très courant au Cambodge à cause des mines). Les traces de la guerre des années 70 sont encore bien visibles.
Si on a adoré le point de vue de Peung Ta Kho, là c’est clairement moins joyeux et on se sent plutôt mal.
Arrivés en haut, l’ambiance est très différente, très spirituelle.
Apparemment, il y a beaucoup de locaux qui viennent faire des prières et des offrandes. Des moines sont présents pour bénir les gens ou nouer un petit fil orange sacré autour de leurs poignets.





Le point d’orgue de ce site, c’est de gravir un piton rocheux pour y admirer un Bouddha allongé, taillé à même la roche, tout en haut du piton, à plusieurs mètres de hauteur. Pour cela, on emprunte des escaliers en béton, qui dénotent d’ailleurs pas mal avec le vieux rocher, mais au moins c’est sécurisé.
Tout ça pieds nus, bien évidemment. Sans oublier le gong à la sortie. Quand Palmyre l’a essayé, elle a frappé avec le manche en bois du maillet au lieu de la tête recouverte de feutre : le bruit fut assourdissant, oups !

Les 1000 lingas de la rivière Stung Kulen
Ensuite, on reprend la moto pour aller voir des sculptures gravées dans le lit de la rivière Stung Kulen. On avance à pied sur le sentier mais la chaleur humide est intense et, au fur et à mesure qu’on s’enfonce dans la jungle, le chemin est de moins en moins praticable.


Sophie n’a pas trop envie de choper des tiques ou des sangsues. Du coup, on abandonne et on fait vite demi-tour. On a quand même pu observer une très belle source et les lingas dans le lit de la rivière. Ça impressionne de savoir que ces sculptures ont été réalisées dans le but de bénir l’eau de la rivière il y a plus de 1000 ans !
la cascade de Phnom Kulen
On a gardé le meilleur pour la fin : la cascade.

C’est sûrement l’un des sites du parc les plus visités, il y a pas mal de boutiques souvenirs et de restaurants.


Ça tombe bien, car on n’a pas encore mangé. Dans le restaurant, on remarque une grande table déjà dressée avec des plats déjà servis.
On s’attend à voir arriver un groupe d’une minute à l’autre. Mais personne ne viendra.
On regrette ce gaspillage alimentaire . Mais Chut… ce sont des offrandes pour les dieux ! 🙂
Après manger, nous accédons à la cascade haute de Phnom Kulen.
On est surpris par le nombre de personnes qui se prennent en photo, et surtout par le manque de sécurité si proche de la chute d’eau. Une seul glissage et le risque est grand de se faire emporter par le courant.

On préfère poursuivre directement vers la cascade basse de Phnom Kulen. Mais l’endroit est bondé. On ne s’attendait pas à autant de monde. Ca refroidit un peu notre enthousiasme : On n’a pas envie de jouer des coudes sur le seul ponton aménagé pour accéder à la baignade.


On descend un peu le cours d’eau, en espérant trouver un coin de baignade plus tranquille.
Mais les accès sont difficiles, particulièrement avec un enfant de 3 ans.
Clairement, si on veut se baigner, il faut retourner sous la cascade.
Heureusement, le temps qu’on tergiverse, la foule s’est dispersée et le ponton nettement plus accessible.
A la fin de notre baignade nous serons quasiment les derniers à quitter les lieux.

Sur la route du retour

Au Cambodge, comme depuis notre arrivée au Vietnam, nous observons quasiment tous les jours des brûlis en bord de route ou le long des pistes. Les villes et les parcs nationaux comme ici ne sont pas épargnés, faute de systèmes efficaces de collecte et de traitement. Et on ne parle pas de recyclage !
On rentrera finalement assez tard, en observant le coucher de soleil depuis la route du retour.
Finalement, c’est une journée fascinante et magique que nous avons vécue, qui change complètement de l’ambiance des temples d’Angkor. Surtout, on a réussi à se baigner et à profiter pleinement de notre journée malgré un départ plutôt mouvementé. C’est vraiment bien d’être autonomes grâce à la moto.


Quelques jours plus tard, dans le bus qui nous emmène à Kratié, on discute avec un couple de Français. Eux aussi ont visité le parc de Phnom Kulen, mais en excursion organisée depuis Siem Reap et leur expérience est assez mitigée : ils n’ont pas aimé leur journée, peut-être à cause du rythme imposé et des pauses organisées. L’expérience d’un lieu tient finalement à peu de choses !