Kratié : dauphins du Mékong et découverte des environs

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Pour notre dernière étape au Cambodge, nous choisissons de faire une halte à Kratié. Ça fait un léger détour avant le Laos, mais il paraît qu’on peut y voir des dauphins d’eau douce communément appelés les dauphins de l’Irrawaddy. Et puis à Koh Rong, on avait rencontré des Tchèques qui en venaient et qui avaient séjourné là-bas dans une guesthouse top, organisant des visites très locales de la ville.

On essaie de contacter cette guesthouse par WhatsApp, pour réserver une chambre, mais malheureusement, il n’y a plus de place. En revanche, on pourra quand même faire la visite de la ville avec eux.

Avec un peu de mal, on trouve finalement un autre hébergement, à mi-chemin entre la guesthouse et l’hôtel, pas loin de la gare routière et avec une petite vue sur le Mékong pour admirer le coucher de soleil. Après une journée de repos et de repérage, on est prêt à découvrir la ville, et surtout les dauphins de l’Irrawaddy.

Presque tous les hôtels proposent des tours organisés pour aller voir les dauphins de l’Irrawaddy. Nous, on suit les conseils des Tchèques rencontrés à Koh Rong (et aussi de notre compatriote Marion, qui suit le même itinéraire que nous, avec quelques jours d’avance) pour faire appel au propriétaire de la guesthouse qui était complète, et qui organise lui-même des visites guidées de la ville et de ses environs.

Sa formule : il nous emmène le matin jusqu’au quai d’embarquement de Kampi, à 15 km de la ville, où nous pourrons prendre un bateau pour aller voir les dauphins. Jusque-là, rien d’extraordinaire puisqu’on l’aurait fait sans son aide.

La suite est plus intéressante puisqu’il nous récupère, nous emmène manger quelque part (où ?) et nous fait une petite visite guidée des environs. En plus, ça nous évite de louer une moto et de conduire (car la moto, c’est génial mais un peu fatigant).

Le monsieur, qui sera notre guide pour la journée, vient nous chercher en tuk-tuk juste devant notre logement.

Les dauphins de l’Irrawaddy à Kratié

Nous voilà donc partis à la découverte des environs de Kratié, et à ce moment-là, on se demande toujours si on va pouvoir voir les fameux dauphins.

Sauf qu’au bout de quelques kilomètres, on s’aperçoit qu’il y a une erreur : nous ne sommes ni dans le bon tuk-tuk, ni avec le bon chauffeur.

C’est pour ça que ce chauffeur avait l’air surpris qu’il y ait Palmyre avec nous. On comprend qu’on devait être deux couples à attendre un tuk-tuk ce matin-là devant notre logement, et que les chauffeurs nous ont inversés.

Après un coup de téléphone, notre guide nous a récupérés en cours de route et nous sommes finalement arrivés à bon port.

Nous ne sommes pas les seuls à suivre notre guide et un autre tuk-tuk nous attend avec 4 jeunes Français à bord. Ils dorment tous dans la guesthouse de notre guide et suivront le parcours avec nous.

On prend nos billets et rapidement, on embarque sur de petits bateaux de 4 ou 5 places.

On a de la chance car on aura un bateau rien que pour nous 3. On était sceptiques sur nos chances d’apercevoir les fameux dauphins de l’Irrawaddy.

Mais finalement, on est agréablement surpris par cette petite virée sur le Mékong, et on n’a pas besoin de naviguer bien longtemps pour apercevoir plusieurs petites têtes surgir de l’eau, et à de nombreuses reprises !

Ce jour-là, un autre bateau, qui semble être en mission pour le WWF, est également présent. Cela semblait être un comptage car c’est l’un des derniers endroits au monde où ces dauphins sont visibles. Selon notre guide, l’endroit est propice avec 70 m de profondeur même si l’espèce reste aujourd’hui en danger critique d’extinction !

On ne s’attendait pas à grand-chose mais cette heure a été magique, encore plus avec Palmyre, qui n’arrêtait pas de dire : « un là, et un là ! » Bon, à la fin, le bercement du fleuve a été plus fort que l’attraction des dauphins et notre Palmyrette s’est quand même endormie. Ça s’endort partout ces petites bêtes !

Kratié : immersion dans le Cambodge authentique

De retour sur la terre ferme, on remonte dans notre tuk-tuk pour découvrir les environs. Notre guide nous explique qu’il a créé lui-même cet itinéraire en allant démarcher plusieurs locaux pour le jalonner d’arrêts intéressants. Et c’est franchement une réussite.

Nous nous arrêtons d’abord auprès d’un lac d’eau douce pour observer la technique de pêche au filet des pêcheurs locaux.

Un savoir-faire qui perdure même si, faute de poissons suffisants, les filets remontent souvent vides…

La surpêche des dernières années et la pêche des poissons trop petits en seraient la cause. Le constat est alarmant !

Notre guide nous emmène ensuite voir une production de champignons sous bâches (qui se décomposent et polluent les environs : oups, on ne peut pas s’empêcher de parler pollution). En tout cas ici, l’expression « ça pousse comme des champignons » prend tout son sens !

On fait un petit arrêt dans un « resto-piste » local pour se restaurer.

C’est plutôt un stand dans un abri avec une couverture en tôle, mais ça fait le taf et là, pour le coup, c’est ultra-local et plutôt bon !

Puis, il nous emmène dans un endroit où ils fabriquent les fameuses nouilles de riz (sorte de spaghettis blancs, très fins, et très, très, très longs : un calvaire pour les non-initiés), présentes dans de nombreux plats cambodgiens. Tout est fait à la main ou presque : préparation de la pâte, rinçage, essorage, mise en sac. Une seule machine est utilisée pour transformer la pâte en spaghettis. Surtout, il fait une chaleur épouvantable dans ce cabanon.

On s’arrête ensuite dans un petit village pour observer de vieux bâtiments abandonnés, construits par des Français, suivis d’un entrepôt en bord de route (très bruyant) où les travailleurs passent leur journée à polir le riz en sac. Le riz brun passe dans des machines pour retirer la couche brune (le son) et obtenir le riz blanc.

On prend le temps de manger tranquillement au bord du Mékong et de discuter entre Français de nos voyages au long cours.

Puis nous faisons escale chez des gens qui fabriquent des « num ansom » : une sorte de barre de riz gluant avec une préparation de banane écrasée, le tout enveloppé dans une feuille (une variante locale du « mango sticky rice » thaïlandais). Les 2 femmes fabriquent 900 num ansom par jour, qui seront ensuite vendus sur les marchés locaux (très souvent des mobylettes aménagées qui stationnent en bord de route !)

À ce stade, Palmyre dormait déjà depuis un petit moment dans le tuk-tuk (et oui 2ème sieste de la journée, dès qu’il y a un mouvement qui berce, ça marche !) : on n’a pas eu le cœur de la réveiller.

Sur la route du retour (on a quand même fait 35 km à l’aller), on s’arrête devant un stand qui vend toutes sortes de snacks pour le moins originaux : vers, criquets, larves, serpents… il y en a pour tous les goûts cambodgiens !

D’ailleurs, Palmyre s’est beaucoup amusée à toucher les serpents. Mais lorsqu’elle en a pris un dans la main, surprise par sa texture et son mouvement, elle l’a immédiatement lâché par terre. Bon, ce n’est sans doute pas ce qui lui sera arrivé de pire au pauvre serpent… On vous laisse découvrir son avant et après : prêt à être dégusté !

Du groupe, nous serons les seuls à tenter l’expérience des criquets grillés et des larves (les serpents c’était quand même un peu trop pour nous) et franchement, c’est pas mal : légers, croustillants.

On en mange plusieurs (surtout Sophie) sous le regard ravi de notre guide, content de nous avoir convaincus !

D’ailleurs, lui repart avec son petit sachet à grignoter sur la route.

La visite guidée sur mesure de notre guide se termine par la traversée d’un « quartier résidentiel » cambodgien situé au bord du Mékong. Les enfants sont ravis de nous voir passer et de taper dans nos mains. Palmyre, réveillée depuis les insectes, ne boudera pas son plaisir non plus !

Nous qui pensions voir, peut-être, des dauphins, et ensuite faire un petit tour rapide de la ville, on n’a pas été déçus ! Cela nous aura occupés toute la journée, et quelle journée : l’une des plus mémorables du Cambodge.

Pour la première fois dans ce pays, on a eu l’impression de sortir du Cambodge historique et touristique pour côtoyer le Cambodge local et franchement, ça fait plaisir. En prime on a passé une très belle journée entre voyageurs Français.

Finalement, encore une fois, 1 mois pour visiter et traverser un pays, ça passe vraiment vite, alors on ne regrette pas notre itinéraire, mais on se dit qu’on aurait peut-être dû sortir un peu plus du sentier touristique classique comme nous avions pu le faire au Vietnam. Une prochaine fois peut-être. Ça nous donnera l’occasion de revenir, mais en attendant, c’est déjà l’heure de rejoindre le Laos.

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