La baie d’Halong terrestre : Ninh Binh et ses alentours

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Vous lisez un chapitre de notre voyage en famille, de l’Europe à l’Asie, en slow travel.
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Pour cette première étape nous sommes dans la zone surnommé la « baie d’Halong terrestre ». On y a passé 10 jours, et on ne l’a pas regretté, tant il y a de belles choses à voir aux alentours, sans être surchargés de touristes (selon les endroits), surtout quand on a une moto.

Visiter Hoa Lu : l’ancienne capitale du Vietnam

Le jour de Noël, nous visitons le site de Hoa Lu : la première capitale du Vietnam datant du Xème siècle.
On est surpris par la propreté du site, mais comme tous les sites payants au Vietnam, l’argent récolté permet d’entretenir et de nettoyer le site afin qu’il reste agréable pour les touristes.

Et ça marche ! Le site, qui abrite des temples bouddhistes, cachés au milieu de la végétation et de zones d’eau, est naturellement beau, mais le fait qu’il soit très propre apporte une plénitude très agréable. Sans oublier l’odeur envoûtante de l’encens qui flotte un peu partout.

Avant de repartir, on observe les pêcheurs en action avec leurs filets. Ce lieu n’est pas seulement touristique, il reflète aussi la vie quotidienne des habitants. Les habitants viennent ici ou passent simplement, car c’est une route qui mène au village sans paiement d’entrée pour eux.

Ce soir-là, et sans crier garde, Palmyre s’inquiète de ne pas avoir raconté au téléphone qu’elle avait vu des yourtes au Kazakhstan (retrouvez l’article Voyage au Sud du Kazakhstan ici). Bizarre le cerveau des jeunes enfants : ça n’avait pourtant aucun lien avec Hoa Lu. Comme quoi, certaines parties du voyage ont été marquantes pour nous tous.

Les balades en barque : Trang An, Van Long et Bird Garden

L’incontournable de Ninh Binh, ce sont les balades en barque qu’il est possible de faire dans les environs : certaines sont très touristiques, comme Tam Coc, et d’autres légèrement moins, comme Trang An.
Comme on a le temps, on va en tester plusieurs : merci les parents pour ce cadeau de Noël !

Trang An : une belle balade en barque

Comme d’habitude, nous voulions éviter les foules de touristes qui logent proche de Tam Coc (site le plus accessible depuis Hanoi et le mieux pourvu en hébergement). Du coup, on a de la chance d’être très proches du site naturel de Trang An, sans savoir vraiment ce qu’il y avait à voir ou à faire par là.

Pour la visite du site naturel de Trang An, on imaginait une simple balade sur un cours d’eau, mais c’est bien plus que ça. Certes, c’est une balade en barque, mais c’est aussi et surtout la visite de grottes et de temples isolés sur des îlots.

Évidemment, sur un site pareil, il y a beaucoup de monde, mais c’est très bien organisé et il n’y a aucune attente, ni aucun embouteillage sur la rivière.

Dès le départ, il faut choisir entre les 3 circuits qui sont proposés. On suit les conseils des employés du site et on prend le circuit numéro 3 (un bon mixte entre temples et grottes) avant d’être orienté vers une barque de 4 places et sa rameuse.

Avant d’arriver à Ninh Binh, nous ne savions pas que ce site existait et aujourd’hui, on embarque pour 3 heures de barque. C’est ça la magie du voyage !

Notre parcours en barque débute très rapidement par la traversée d’une grotte très impressionnante d’un kilomètre de long. C’est sombre, il fait chaud, très humide et nos têtes effleurent souvent le plafond quand il ne faut pas carrément les baisser. Des gouttes tombent du plafond sur la tête de Palmyre.
Nous qui imaginions une balade sur l’eau comme celles qu’on peut faire dans les gorges du Tarn, nous sommes stupéfaits de visiter un endroit pareil.

Sur ce site, ce sont essentiellement des femmes qui conduisent les barques, chacune équipée des fameux chapeaux coniques vietnamiens, alors que les quelques hommes qui rament, eux, portent des bobs verts.

Et ce n’est que le début : pics karstiques, nature sublime et silencieuse, et encore deux autres tunnels (dont l’un de 400 mètres de long).

Sans oublier les deux îles et leurs magnifiques temples ! En descendant du bateau avec Palmyre sur la deuxième île, le bateau s’est penché et un peu d’eau s’est infiltrée à bord, mouillant le pied de mon voisin juste derrière moi. Oups… Sorry ! Je ne lui ai pas dit, mais les baskets, ce n’est pas le bon plan ici… 😊

À la fin, nous longeons même une zone de tournage du film King Kong.

On a filé un coup de main pour avancer le bateau même si ce n’est pas obligatoire. On n’ose pas imaginer les bras en béton et la fatigue physique de ces femmes qui pagaient à longueur de journée.

Palmyre a adoré pagayer même si j’avais peur qu’elle lâche la pagaie dans l’eau. Elles sont en bois très lourdes et ne flotteront pas comme celles en plastique.

On ne s’attendait à rien mis à part une simple balade en barque, et franchement, c’était top ! Par contre, on n’avait pas prévu que ça durerait aussi longtemps et à notre sortie, Palmyre avait très faim, et nous aussi. Grâce à notre moto, on s’est dégoté un super restaurant au bord de l’eau.

La réserve naturelle de Van Long

Beaucoup moins touristiques que Tam Coc ou Trang An, la réserve naturelle de Van Long propose elle aussi des balades en barque, nettement plus confidentielles.

Les grands bus touristiques ne viennent pas encore jusqu’à cet endroit et ce sont généralement des touristes véhiculés, en quête de calme et d’authenticité, qui viennent la visiter. En plus, on peut y apercevoir des singes « lagur de Delacour » (noir avec du pelage blanc au niveau des fesses). Il n’en fallait pas plus pour nous attirer.

La visite de Van Longue est moitié plus courte que Trang An mais elle a autant de charme voir plus. Nous ne sommes que nous 3 sur le bateau, plus la rameuse.

Palmyre s’agite un peu. On arrive à la faire patienter en cherchant les singes, mais ils n’étaient pas au rendez-vous. Pas grave : on préfère qu’ils restent dans leur milieu naturel plutôt que de voir des touristes les nourrir avec des gâteaux comme notre expérience à Zhangjiajie en Chine (voir notre article sur ce parc ultra aménagé ici). D’autant que cette espèce est en danger critique d’extinction et c’est quasiment l’un des seuls endroits au monde où ils subsistent encore !

Même sans singes, la balade était magnifique et nous avons pu observer de nombreux oiseaux de très près, dont un aigle en train de prendre son envol juste à côté de notre barque.

Sans oublier la visite d’une cavité, là encore impressionnante par sa taille.

Thung Nham Bird Garden

Là aussi encore une surprise. Alors que nous pensions nous rendre à un point de vue isolé, nous arrivons à Thung Nham Bird Garden par hasard, qui est en fait un parc ornithologique d’écotourisme.

L’accès est payant (comme quasiment partout finalement) et comprend deux balades en barque : l’une pour aller observer une grotte, et l’autre pour aller observer les oiseaux et leurs nids de plus près. Au départ, on est un peu circonspect car ça ressemble plus à un joli jardin aménagé qu’à un parc ornithologique. Mais de belles découvertes nous attendent.

La grotte n’est pas éclairée, mais avec une lampe, on aperçoit nos premières chauves-souris du voyage. C’est la rameuse qui nous éclaire, en pagayant avec ses pieds ! Ça nous impressionne beaucoup, mais en fait, c’est très commun au Vietnam. Elle nous montre aussi des formes étranges sur les pierres : du crocodile à l’éléphant en passant par le poulet. Là, il faut avoir beaucoup d’imagination, j’ai surtout vu des parois rocheuses.

Il y a aussi la grotte dite « de la sirène », accessible à pied et plutôt sympa même s’il faut la parcourir en s’abaissant la majeure partie du temps (sauf Palmyre bien sûr).

Mais sans aucun doute, le plus spectaculaire est la 2ᵉ balade en barque, celle qui mène aux oiseaux. Plus aucun doute n’est possible, c’est bel et bien un parc ornithologique !

Cette balade est majestueuse car elle nous emmène au beau milieu d’un sanctuaire d’oiseaux où ils sont des centaines à avoir fait leurs nids. Dans le ciel, c’est un balai incessant. Nous n’avions jamais vu ça en pleine nature.

C’est assez court et le site relativement petit, mais la concentration d’oiseaux et leur bruit est vraiment très impressionnante. On a cru que des groupes en bateau allaient faire fuir les oiseaux à cause du vacarme qu’ils faisaient dans les bateaux, mais les oiseaux n’ont pas semblé incommodés. Peut-être qu’ils ont l’habitude.

Ça nous a tellement plu qu’une fois débarqués, on fait un petit détour dans le parc pour revoir ce sanctuaire depuis le point de vue niché sur les berges hautes.

Finalement, nous avons eu notre point de vue de la journée !

Point de vue sur la montagne Lying Dragon

Le vrai point de vue des environs de Ninh Binh est bien celui de la montagne Lying Dragon, mais c’est ultra touristique. Il faut gravir 500 marches pour accéder au sommet de la montagne, avec en bonus un énorme dragon en pierre sculpté. Après les marches de Zhangjiajie, ce ne sont pas 500 marches qui vont nous intimider, même en plein soleil à 11h, et on fait l’ascension sans le porte-bébé, bravo Palmyre !

De là-haut, on a une vue imprenable sur la région.

Mais le site est vraiment saturé et beaucoup franchissent même les cordons de sécurité pour obtenir un selfie auprès du dragon de pierre.

Ce qu’on a préféré au final, c’est l’escalier en pierre flanqué, lui aussi, de deux dragons en pierre, qui sillonne jusqu’au sommet.

À midi, c’est la grande surprise : le site se vide comme par magie (tout le monde veut éviter l’ascension aux heures les plus chaudes ou est déjà en pause déjeuner) et le site prend alors une toute autre dimension, beaucoup plus paisible et agréable.

La ville de Ninh Binh

Pour ce qui est de la ville de Ninh Binh en elle-même, il n’y a pas grand-chose à faire. Mais on a quand même apprécié le centre-ville, surtout le soir, avec les centaines de lanternes qui éclairent le cours d’eau et les passerelles.

Le cadre est idyllique et c’est d’ailleurs là que se concentre la plupart des restaurants de la ville (pas fous les restaurateurs). Mais attention aux arnaques : une fois, on a commandé un yaourt pour Palmyre, et on nous a servi un verre de glaçons avec une cuillère de yaourt par-dessus. Pas cool de tromper les touristes, mais ils s’en fichent, la clientèle est toujours simplement de passage.

Mais comme Palmyre mange régulièrement avec son ami et sa famille vietnamienne, je viens chercher à manger en moto dans les petits restaurants très locaux de la ville, évitant ceux situés au bord de l’eau.

À part se restaurer, les gens nourrissent les très nombreuses carpes « Koi », qui vivent dans le cours d’eau. Malheureusement, certaines personnes leur jettent de la nourriture sans même retirer l’emballage. Dans l’eau, ou dans la rue, au final ça ne change rien vous me direz…

Mais rien à faire, on ne s’habitue pas à cette aberration. Et encore moins à la pollution présente partout dans le pays.

Heureusement (ou pas), l’humanité offre aussi de bonnes surprises : c’est sur l’une de ces passerelles éclairées que deux jeunes filles ont offert à Palmyre 2 peluches. Super, maintenant on ne peut plus s’en débarrasser et les sacs ne sont pas extensibles !

Nous avons beaucoup aimé découvrir ces sites touristiques, mais ce que nous préférons par-dessus tout, c’est nous éloigner des circuits classiques et partir à la rencontre des locaux. C’est ce que nous allons essayer de réaliser dans le prochain chapitre.

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1 Commentaire
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Aubert
Aubert
5 mois il y a

Toujours aussi prenant, c’est bien rédigé, nous voyageons ensemble.❤️ Si Palmyre vous semble être préadolescente nous n’allons pas la reconnaître. Il faut peut-être l’inscrire au collège pour votre retour 😜

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