
Nous pensions passer quelques jours. Nous y sommes restés plus de dix en famille
Une famille vietnamienne accueillante à Ninh Binh :

Nous sommes arrivés dans une homestay un peu par hasard chez Quế et Việt (retrouvez ici notre article road trip moto au vietnam en famille : de Hanoi a Ninh Binh).
Quế est une ancienne comptable qui consacre désormais tout son temps à la homestay, tandis que Việt est ingénieur dessinateur dans le bâtiment, en télétravail à 100 %, ce qui est un vrai tour de force vu l’étroitesse de leur maison, deux jeunes enfants et le va-et-vient des touristes.
Lors de notre arrivée tardive, nous avons été si bien accueillis que Palmyre a été immédiatement invitée à partager le dîner chez eux. On était un peu hésitants, mais elle s’est tout de suite sentie en confiance et a accepté avec enthousiasme. Par la suite, c’est devenu une habitude, et elle allait régulièrement manger avec eux (et jouer, en venant parfois recracher discrètement des trucs dans nos toilettes… Chut !).

De notre chambre, on voit leur maisonnette : c’est pratique pour surveiller les vas-et-vient des enfants et le défilé des chariots et des vélos dans le jardin. D’ailleurs, c’est Việt qui a construit lui-même leur maison : une pièce de vie en bas et les chambres en haut. La cuisine et la salle de bain sont à part. Et évidemment, il n’y a pas de table, seulement un bureau : les Vietnamiens mangent quasi exclusivement par terre.
Premiers jours en immersion dans une homestay vietnamienne
Le premier jour, nous décidons de nous poser. Il y a énormément de choses à faire dans le secteur, mais ça attendra.
Le matin, Palmyre est tellement enthousiaste à l’idée de retrouver son copain, qu’elle se présente devant leur maisonnette à 8h, mais ils dorment encore. Pas grave, Palmyre est invitée à finir sa nuit avec les enfants de la famille, et nous on est trop contents de gagner 30 minutes de sommeil en plus après cette première étape de moto en famille. À l’heure du petit-déjeuner, c’est plus difficile pour elle car il est local et pas vraiment à nos goûts ! Comme elle est bien élevée, elle revient discrètement dans nos toilettes pour recracher ce qu’elle n’aime pas… Cela nous fait bien rire. Nous ne sommes pas fans non plus des soupes de nouilles dès le matin. Heureusement, nous avions anticipé avec, de notre côté, un petit-déjeuner européen : pain, beurre, confiture.
Les enfants sont heureux de jouer ensemble. Les roues des tricycles ont chauffé toute la journée ! Nous restons attentifs car il y a une mare juste à côté de la homestay, sans aucune sécurité. Heureusement malgré plusieurs crashs à vélo pour Palmyre, rien de grave.



Le 24 décembre, comme le coup de foudre amical est évident entre nos enfants, nous décidons d’aller tous ensemble à un parc de jeux. Chaque famille enfourche sa moto familiale avec sa marmaille (et oui nous sommes au Vietnam pardi !) : nous à trois sur la moto (retrouvez ici notre article de la préparation de notre voyage en famille à moto au vietnam), eux à quatre sur leur Honda Blade. C’est parti !
La zone de jeux est récente et très proche de chez eux, parfaite pour les enfants en ce jour de Noël. Ils se sont éclatés.


Pendant ce temps, on en profite pour échanger entre adultes sur notre voyage et notamment notre traversée de la Chine et sur le fait que nous n’avons pas trouvé de jeux pour enfants là-bas. Cela n’étonne pas notre hôte qui nous explique avoir vu un reportage indiquant que c’était la norme en Chine.
Noël à la vietnamienne : Hot Pot et traditions locales

Noël est aussi une fête au Vietnam. Du coup, nos hôtes nous ont invité, ainsi que tous les autres résidents de la homestay, à réveillonner tous ensemble.
Quế nous explique que ce sera un Hot Pot, un repas traditionnel vietnamien, qu’elle prépare elle-même avec, entre autres, des légumes de son potager. Et oui, car en plus de gérer la homestay, Quế cultive son potager et réalise même des vidéos YouTube sur la cuisine vietnamienne. Les enfants sont ravis de l’aider à préparer le repas en allant cueillir les légumes du jardin. Un peu moins drôle, il a aussi fallu se séparer d’une poule de la basse-cour pour l’évènement…




Pour dresser la table c’est facile. Comme dans la plupart des maisons au Vietnam, il n’y a ni plan de travail, ni table, ni chaise. C’est au sol que l’on cuisine, mange et partage un bon moment. Du coup, on dispose plusieurs grands tapis sur la terrasse du jardin, et le tour est joué !
À l’heure du réveillon, on s’installe tous sur les tapis autour du « Hot Pot » : indiens, tchèques, français et Vietnamiens (pour ma souplesse légendaire, c’est un peu compliqué !).
En fait un Hot Pot, c’est une sorte de gamelle d’eau chaude posée sur un réchaud, dans lequel on fait tout chauffer. Avec les pieds nus des enfants à quelques centimètres du réchaud, on était moyennement rassurés et tout s’est très bien passé.

En plus de la poule, nos hôtes avaient préparé du bœuf, du tofu, du maïs et des « épinards locaux »… Mais surtout, nous avons eu des œufs de canard fécondés. Ces œufs sont consommés lors de fêtes, un peu comme le foie gras chez nous. Leur goût est assez fort et n’a vraiment rien à voir avec du foie gras, mais c’est une belle découverte culturelle. Pour les boissons : coca pour les enfants et alcool maison pour les adultes. L’alcool était assez fort mais tout le monde est resté raisonnable.
Petite anecdote : les Vietnamiens aiment manger les pattes de poulet.
Nous voulions du local, nous voilà servis !




Honnêtement, ce repas de réveillon était sûrement excellent, mais bien trop éloigné de nos goûts pour nous satisfaire totalement. En revanche, on a adoré cette soirée et avons passé un moment très convivial. C’est plus, que tout ce qu’on pouvait souhaiter pour un Noël à l’étranger.
Après le repas, nous déambulons tous ensemble dans les ruelles illuminées de la ville et profitons de l’ambiance locale. La veille, nous étions déjà allés en petit comité et étions revenus avec un poulet plein d’air offert par la famille, qui sert de sapin de Noël.





La nuit de Noël, nous nous endormons en rêvant de foie gras et de saumon fumé, voire d’escargots pour Sophie.
Mais nous nous endormons surtout riches de cette expérience que nous ne sommes pas prêts d’oublier.
Nouvel An au Vietnam : immersion dans une famille locale
Nous commençons le dernier jour de l’année 2025 par une gestion de crise : Palmyre tombe lourdement de vélo, mais pas au point de retourner à l’hôpital. Heureusement Quế a un remède fait maison à base de miel et de yaourt, qui semble efficace. Ouf, elle devrait finir l’année !
Au Vietnam, ils fêtent le Nouvel An deux fois : une fois au 1er janvier, et une autre fois entre fin janvier et mi-février, ce qu’ils appellent le Tết (Nouvel An vietnamien). Le Nouvel An du 1er janvier est fêté mais pas excessivement, la grosse fiesta c’est le Tết. C’est donc pour nous faire plaisir que Quế propose d’organiser un repas ensemble pour fêter le 1er janvier, ce que nous sommes heureux d’accepter.

Cette fois-ci, nous sommes les seuls étrangers parmi la famille et leurs amis. Le repas est similaire à celui de Noël, avec l’alcool maison mais sans les œufs de canard.
Au dessert, nous goûtons le bánh chưng, plat incontournable pendant le Tết. C’est un gâteau de riz farci aux haricots et à la viande, très traditionnel, au goût du terroir, assez difficile à manger quand on n’est pas habitué.
Pour marquer la nouvelle année, nous montons sur le toit d’un petit hôtel proche de la homestay pour regarder un feu d’artifice tiré du centre-ville. Il n’y a quasiment pas de vent, et malheureusement, nous ne voyons pas grand-chose.
Séjour prolongé à Ninh Binh : vivre comme une famille locale
En arrivant, nous devions rester pour Noël et repartir pour le Nouvel An, mais nous finissons par rester plus de 10 jours.
Palmyre n’est plus le petit bébé que nous avions emmené au début du voyage. Déjà que nous avions dit adieu aux couches, au biberon, au bavoir et à la tétine en cours de voyage, mais avec cette famille, nous avons déjà l’impression d’avoir une pré-adolescente avec nous 😊. Elle ne veut plus qu’on l’accompagne lorsqu’elle va jouer chez son meilleur ami, ni même qu’on aille jeter un coup d’œil quand elle y est. Notre bébé grandit.
Nous avons aussi eu l’occasion d’être invités à manger chez des amis de Quế et Việt, à quelques kilomètres de la homestay. Un moment très convivial autour de rouleaux de printemps à préparer soi-même. On a adoré. Là encore, à mon grand désespoir (et à celui de mes genoux), on mange par terre.



À ce rythme, nous ne ferons pas beaucoup d’étapes au Vietnam, mais peu importe : c’est exactement ça le slow travel. Et puis, il y a tellement de choses à voir dans les environs qu’on a largement de quoi faire ! Surtout, on sait déjà qu’on va avoir du mal à repartir de cette homestay tellement on s’y sent bien.
On profite de cet article pour dire un grand merci à Quế et Việt : ce séjour parmi eux a été un vrai coup de cœur ! Et on a adoré les environs de Ninh Binh, programme du prochain article.