Turkestan au Kazakhstan : Une ville spirituelle entre bazar et mausolée

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Arrivée à Turkestan

Notre train arrive tard à Turkestan et nous nous présentons, un peu avant minuit, à la porte d’un hébergement à mi-chemin entre l’hôtel et la Guest house. C’est une grande maison de plain-pied, avec plusieurs chambres et une grande salle de bain commune. Le propriétaire a la voix cassée (faudrait qu’il arrête la clope d’ailleurs) et dort sur un canapé dans le hall d’entrée. On le réveille sûrement d’ailleurs. Mais il nous accueille comme si de rien n’était, avant de continuer sa nuit sur le canapé. Il remplit donc également le rôle de gardien.

Au début, cette situation nous laissait perplexes, mais finalement on se sent très bien dans cette auberge ultra locale et familiale, et on décide d’y rester 3 nuits. Non seulement, notre logement est situé à deux pas du centre-ville, mais en plus le quartier est très calme et nous donne l’impression de dormir à la campagne : tous les matins, un coq chante à notre fenêtre.

Dans la ville, il n’y a pas un touriste occidental en vue, les gens sont toujours autant surpris de nous voir. On peut encore compter sur les doigts d’une main le nombre d’individus de type caucasien croisés jusqu’ici, au Kazakhstan.

Turkestan, la ville des fleurs

Turkestan est une bonne escale pour nous : d’abord parce que la ville est sur notre ligne de train, et ensuite et surtout, car elle abrite l’un des plus beaux monuments du Kazakhstan : le mausolée Khoja Ahmad Yasawi.

Le premier jour, on découvre tranquillement la ville en se baladant au hasard dans les ruelles. Par chance, on découvre la petite boutique d’une coiffeuse qui affiche un prix de 1 500 tenges (2,50 €) pour la coupe de cheveux. J’en cherchais un depuis un moment, mais le coiffeur d’Aktaou m’avaient annoncé un prix de 10 000 tenges (16,50 €), ce m’avait paru bizarre, un prix aussi proche des prix de chez nous (ok, j’ai la tête d’un touriste, mais je ne veux pas être un pigeon).

Cette fois-ci, j’accepte sans hésitation. Palmyre est ravie d’assister à une coupe de cheveux en direct et n’hésite pas à me dire : « Tu deviens beau, papa ». Heu et avant c’était comment ? 😄 Pour le coup, la coiffeuse est douée, même si certains collègues vont se demander, en lisant ces lignes, mais pourquoi il a pas pris une tondeuse… Même réponse que d’habitude !

On croise énormément de fleuristes. Tellement que ça nous intrigue. Même les gens se baladent avec d’énormes bouquets de fleurs. Après quelques recherches, on découvre que Turkestan est surnommée la ville des fleurs. Les espaces verts y sont omniprésents et particulièrement soignés, notamment autour du mausolée, haut lieu spirituel du pays. Les fleurs font aussi partie intégrante de la culture locale : on en offre facilement lors des visites, des célébrations ou simplement pour le plaisir, ce qui explique qu’on en voit partout.

Manger un samsa dans la rue à Turkestan

À midi, on achète dans la rue des pains fourrés à la viande, des samsas cuits dans de grandes « cruches » qu’on appelle des tandoor. La cuisson est étonnante mais parfaitement maîtrisée : il faut avoir un sacré coup de main pour ne pas se brûler.

On les déguste un peu plus loin, dans un parc de la ville qui (on le découvrira plus tard) est à deux pas du mausolée. C’est très bon, mais on commence à en avoir marre de manger de la viande. Pas de chance pour nous, c’est la base de l’alimentation au Kazakhstan…

On finit notre promenade par le plus spectaculaire de la ville : le mausolée et son parc.

Le mausolée Khoja Ahmad Yasawi, joyau de Turkestan

Le mausolée de Khoja Ahmed Yasawi a été construit à la fin du XIVᵉ siècle sur ordre de Tamerlan (Timur), grand conquérant d’Asie centrale. L’édifice n’a jamais été terminé.

S’il est beau en photo, il est encore mieux en vrai car, contrairement à d’autres monuments, le cadre est aussi beau que l’édifice. Les alentours sont arborés, fleuris, immenses, paisibles. Il y règne un calme impressionnant alors que le mausolée est situé en plein cœur de la ville.

On y croise plus de personnel d’entretien (qui ramassent les pétales de rose échappés des parterres) que de touristes, ou même de locaux. D’ailleurs, on n’ose même pas imaginer combien de litres d’eau sont utilisés pour entretenir ces espaces verts en pleine zone désertique.

Deux étudiantes nous ont quand même demandé une petite interview dans notre langue sur nos impressions sur cette ville. Heu… on vient d’arriver. On s’est quand même prêté au jeux, après tout on a le temps.

Devant le mausolée, il y a bien quelques touristes, mais pour un site aussi majestueux, c’est vraiment une proportion infime. Il suffit d’attendre quelques seconde et il n’y a personne. La porte d’entrée au monument étant sur le coté. On est bien loin du tumulte d’Istanbul.

On croise quand même un touriste anglophone, habillé à la Indiana Jones, qui nous explique qu’il s’est mal fait comprendre par son guide et qu’il souhaite nous revendre, à moitié prix, deux billets pour visiter le mausolée. Évidemment, on accepte, même si au final l’intérieur ne vaut pas vraiment le coup d’œil, en plus c’est en travaux !

On continue à se promener dans le parc du mausolée, à la recherche de jeux pour enfants, pour faire plaisir à Palmyre, mais malheureusement pour elle, on n’en trouve aucun, et ce dans toute la ville. Bizarre… c’est bien la première fois au Kazakhstan.

On se rabat sur les statues des chameaux du parc et on rigole quand Palmyre croise des vendeurs de barbe à papa et qu’elle déclare : « Moi, je n’aime pas les barbes à Pierrot ! » « Les barbes à papa, Palmyre, pas à Pierrot ! »

En quittant la zone du mausolée, on rencontre Andrea, un Français qui voyage seul un an comme nous, de l’Europe à l’Asie en slow travel. Il voyage au Kazakhstan essentiellement en stop, expérience magique nous dit-il. Il a quand même pris le train pour venir à Turkestan, passage obligé pour une expérience de partage avec la population kazakhe, comme nous (vous pouvez retrouver ici notre article sur notre traversée du Kazakhstan en train). Pas manqué, ils ont partagé un festin et un super moment d’après ses photos. On garde le contact avec lui en espérant se recroiser dans l’année.

La zone du mausolée est tellement magique qu’on décide d’y retourner une seconde fois le lendemain, ce qui nous permet de découvrir, à l’arrière, une toute nouvelle zone piétonne, avec des allées, un centre commercial et un théâtre flambant neufs. On trouve aussi un son et lumière avec avec des jets d’eau tous les jours, Palmyre a adoré courir dans cette zone.

Certes, ces nouvelles zones a été très bien réalisées, mais pour nous, c’est un peu trop aseptisé et ça ne vaut pas le charme du grand bazar de la ville.

Le grand bazar de Turkestan, immersion dans le marché local

Le lendemain matin, on prend un taxi pour découvrir le grand bazar de la ville. C’est le premier de ce genre que l’on visite depuis notre départ, car il n’a rien à voir avec les allées bien rangées du grand bazar pour touristes d’Istanbul.

Sophie n’aime pas trop cette photo. Chacun se ferra son avis. Ici, c’est le vrai marché local. On y trouve de tout : vêtements, chaussures, objets, viande, nourriture, poisson, jouets… Les conditions sanitaires nous paraissent limites, mais on voit ça avec nos yeux d’Européens car ça semble être la norme ici. La fumée des stands est partout. Mais ça ne nous empêchera pas de manger un kebab sur place et d’acheter des fruits.

Petit aparté sur les restaurants kazakhs : on ne comprend rien aux menus car les noms des plats locaux ne peuvent être traduits par notre application, du coup sans images c’est toujours un peu la surprise quand on découvre nos plats. À plusieurs reprises, on a pensé commander des nouilles au poulet, et à la place on nous a ramené des soupes, certes il y avait des nouilles et du poulet dedans.

Surtout, il n’y a jamais de verres sur les tables, mais des tasses pour boire du thé. A croire que les Kazakhs sont comme les chameaux qui peuplent leur désert : ils n’ont jamais soif !

Après ces quelques jours passés à flâner à Turkestan, il est déjà temps de prendre un marshrutka. Nous avons adoré cette ville par son atmosphère unique, sa tranquillité et ses couleurs, et nous quittons ces jolies roses avec un petit pincement au cœur.

Nous partons pour Shymkent, plus au sud, ville plus grande et porte d’entrée vers les montagnes environnantes.

guest

2 Commentaires
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Mauricette !
Mauricette !
7 mois il y a

Et depuis un mois je me demande à quoi sert ce truc bizarre … Le Tandoor !
Cet endroit est magnifique, et je ne parle pas des fraises et des framboises.
Doivent être moins chères qu’à Clermont Ferrand !!!

Aubert
Aubert
8 mois il y a

J’espère pouvoir y aller, cela donné vraiment envie. C’est super. J’ai toujours hâte de vous lire. Merci pour ce partage

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