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Départ pour la mer d’Aral
C’est le grand jour pour moi. Jamais je n’aurais pensé voir la mer d’Aral dans ma vie. Le chauffeur Аким (Akim) arrive avec un peu de retard, j’ai bien cru qu’il ne viendrait pas.
Finalement, il est bien là, mais il a encore fallu renégocier car il nous a proposé une sortie plus éloignée que celle évoquée la veille (cf ma négociation initiale dans l’article sur la ville d’Aralsk, ici). Ma demande de départ était d’aller à Zalanash pour voir les vieux bateaux. Mais on se laisse convaincre par sa proposition de dernière minute et nous voilà partis pour plus de 120 km aller à travers le désert.
Аким est taxi dans la vie de tous les jours. En été, il peut emmener des gens voir la mer d’Aral selon la demande, mais hors juillet-août, la demande reste très faible voir inexistante…

Les habitations s’éloignent rapidement.
D’après ce qu’on a compris, on va bien voir la mer, pour le reste on verra bien. Échanger au Kazakhstan prend énormément de temps, et on n’est jamais sûr du résultat. C’est aussi ça le charme du voyage !
Traverser le désert de l’ancienne mer d’Aral
On passe d’abord devant un ancien aéroport soviétique, situé, à l’époque au bord de la mer d’Aral, mais désormais, complètement désaffecté en plein désert.
Puis, nous pénétrons dans l’ancien lit de la mer. La mer qui était là il y a encore 50 ans, et désormais disparue à cause de la l’activité (ou de la folie) humaine, a laissé au sol d’immenses étendues de couleur blanches occasionnées par les résidus de sel et de sédiments laissés sur place suite à l’évaporation de l’eau de mer.

On continue en longeant la voie de chemin de fer qui était, elle aussi autrefois, en bordure de côte. Au milieu de l’immensité, on a quand même du mal à discerner l’ancien trait de côte.
On traverse le désert sur des dizaines de kilomètres, en croisant régulièrement des troupeaux de chameaux, de dromadaires et de chevaux en liberté. Rien d’étonnant puisqu’ils appartiennent aux familles qui habitent ici.
En effet, les pêcheurs de jadis, sont souvent devenus éleveurs dans le secteur et on construit, par-ci par -là, quelques hameaux isolés.


Pour les comptages réguliers, les Kazakhs se déplacent en petites motos et surveillent les troupeaux aux jumelles.
Un chameau vaut 2 000 dollars et un cheval 500 dollars (on vous laisse faire la conversion). 4 chameaux, c’est donc le prix d’une voiture, récente ou Peugeot des années 70 on a pas bien compris. Ces dernières sont très fréquentes au Kazakhstan (elle ne sont pas encore catégorisées voiture de collection).


Derrière la carte postale, on nous explique que la mer d’Aral, en se retirant, a laissé derrière elle des sols contaminés par le sel, les engrais et les pesticides. De plus, comme le sol n’est pas encore stabilisé, ces dépôts peuvent être soulevés par le vent, formant ainsi des poussières toxiques pour l’homme et l’environnement. Du coup, la zone reste assez dangereuse pour l’homme sur le long terme, l’espérance de vie y est même l’une des plus faibles du pays !
Nous n’envions pas les populations qui ont subi ce désastre et vivent ici.



Au bout d’une heure de désert, nous quittons la piste gravillonneuse pour poursuivre sur des pistes (plutôt des traces de pneus) qui zigzaguent à travers le sable.
Evidemment, il n’y a aucun panneau directionnel. Ah si, on en a vu un, mais il n’indiquait même pas une piste. Surprenant !

Ça ne devrait pas coûter bien cher d’installer quelques panneaux (mais Sophie trouve que ça dénaturerait le site), et il n’y a personne ici !
En tout cas, je commence à comprendre pourquoi les taxis m’ont pris pour un fou. En plus, il n’y a aucun réseau téléphonique, comme d’ailleurs dans la plupart du pays dès qu’on quitte les zones d’habitation. Sur cette partie du trajet, on se demande encore si la mer est vraiment dans les environs.
On se rapproche doucement de ce qui ressemble à un grand canyon.
Ce n’était pas un canyon, ce sont en fait les falaises de l’ancienne mer d’Aral.

Les anciennes falaises de la mer d’Aral

Ici, le niveau de la mer arrivait à 70 mètres en partant du pied des falaises. Ça nous paraît énorme et on avait plutôt eu l’impression que le terrain était assez plat. Mais non ! Ce sont les vestiges de l’ancienne mer d’Aral. Elles ne risquent plus de s’éroder avec l’eau, malheureusement ! C’est impressionnant.
Proche de ces falaises, un panneau informatif a quand même été installé, surement pour les touristes.
Mais nous, on n’a croisé que des animaux.

C’est en montant en haut des falaises qu’on aperçoit enfin la mer d’Aral. Si elle est encore loin, la vue est spectaculaire.

Ça fait drôle d’imaginer l’eau au pied de ces falaises (devenues petites montagnes) il y a quelques dizaines d’années alors que maintenant il n’y a que du sable et des roches.

Petite anecdote rigolote : Sophie a eu la (mauvaise) idée de vouloir photographier Palmyre avec un ballon pour immortaliser ses 3 ans.
Evidemment, Palmyre l’a lâché et, avec le vent terrible, le ballon s’est envolé. Heureusement qu’on est repartis en trombe avec le 4*4 pour le retrouver et, après avoir grimpé sur une petite falaise, j’ai réussi à le récupérer. Ouf !


Longer la côte actuelle de la mer d’Aral
Après cette petite pause aux falaises, on reprend le 4*4 sur plusieurs kilomètres pour rejoindre enfin le bord de mer actuel.
On croisera bien quelques vestiges de bateaux, la plupart ayant été évacués pour récupérer les matériaux.
Surtout ce qu’on remarque, c’est ce contraste désert mer, la vie sauvage est plus présente autour de la mer.

Des flamands roses et des aigrettes (semble-t-il) les pieds dans l’eau, et même un aigle qui survole le ciel, emblème du Kazakhstan puisqu’il est représenté sur leur drapeau !
On continue encore plusieurs kilomètre.
La source d’eau chaude d’Akespe
On poursuit notre balade jusqu’à arriver à une source d’eau chaude qui sort à 62 degrés.

Ce lieu semble sorti de nulle part, une oasis en plein désert. Avec du recul, on comprend que notre chauffeur nous en avait parlé, mais on n’avait vraiment rien compris.
Du coup c’est la grande surprise pour nous. C’est en faite une source géothermale d’origine humaine, découverte en forant le sol pour trouver de l’eau potable dans les années 1980.
On pensait initialement voir un barrage, des pêcheurs et plusieurs bateaux échoués, on son se retrouve finalement de l’autre côté de la rive à longer la côte sauvage et profiter d’une source thermale. On est trop contents de découvrir et de profiter de ce lieu unique et incroyable.

C’est ça la magie du voyage. À défaut d’avoir nos maillots de bain, on trempe quand même nos pieds et nos jambes dans l’eau.
Palmyre, c’est un seul pied chacun sur la photo !
Mis à part quelques locaux venus se baigner, nous sommes les seuls étrangers.

En été, il paraît qu’il peut y avoir plusieurs véhicules qui viennent se perdre ici et qu’on peut même y dormir. Il y a une construction juste à côté, mais à cette période, c’est inoccupé. Ça reste rudimentaire mais ça va, ils ont construit une cabane pour se changer et un trou en guise de toilettes. Se réveiller ici doit quand même être magique.
Pour nous, c’est l’heure de faire demi-tour. Sur le retour, notre chauffeur a eu un moment d’hésitation sur le chemin. Vraiment pas évident de s’orienter dans le désert. Ouf, rassuré, il a retrouvé la bonne direction. Finalement, on aura réussi à voir bien plus que la mer et quelques bateaux échoués. Sur le retour, on croise une mobylette avec une roue crevée et un véhicule venu l’assister. Tout ça en 250 km de piste !
Faudra revenir dans quelques années voir si le niveau de l’eau monte encore, c’est tout ce que l’on souhaite à cette ville et ses habitants. Un grand merci à Аким pour cette journée. Nous on reprend le train demain vers Turkestan.













Ahhh… je comprends mieux certaines photos… Et je vous envie pour les petites piscines d’eau chaude, trop cool !
Merci pour ces belles images bien documentées et de beaux récits!
Nous pensons bien à vous et vous embrassons
Continuez de profiter de tous ces beaux paysages
Marie-Sylvie Didier
Merci beaucoup, ça fait vraiment plaisir !
On continue de profiter et on vous envoie plein de bisous.
Merci pour toutes ces aventures et rencontres.
Je suis dans le TGV vers Paris pour rejoindre Tracy.
C’est Papoum qui serait heureux et fier de vous..
Je vous embrasse.
Merci pour ce message Pascal. Si on regarde le positif, nous avons été heureux de partager le début du voyage avec Papoum. Nous avons pensé et pensons encore à toute la famille, malgrè la distance. Bisous.