Aralsk : récit d’un voyage dans une ville meurtrie

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Pourquoi s’arrêter à Aralsk ?

On ne connaissait rien du Kazakhstan avant d’y arriver… ou presque car en analysant de plus près le trajet de la ligne de train qui devait nous faire traverser le pays, on s’est aperçu que le train s’arrêtait dans la ville d’Aralsk. Ce nom résonne très rapidement en moi. Si Sophie avait gardé dans sa mémoire des images de la basilique Ste Sophie à Istanbul depuis ses années de collège, pour moi c’étaient celles de la mer d’Aral.

Vous savez, la fameuse mer disparue et remplacée par un désert ? Et bien c’est elle. Impossible de ne pas s’y arrêtée.

En réalité, la « mer d’Aral », c’était le 4 ème plus grand lac salé du monde dans les années 1960, mais elle a disparue, à cause de l’irrigation massive pour les champs de coton dans les années 1960–70. Le débit des fleuves Amou-Daria et Syr-Daria qui alimentaient la mer a été réduit de près de 80 %. Il y avaient plusieurs petites villes autour, mais la principale était la ville d’Aralsk, désormais très reculée en plein désert, qui a donc subi l’un des plus gros préjudices climatiques de l’histoire du XXᵉ siècle : la disparition de la mer pour un désert.

En 2005, un barrage a été construit et a permis à l’eau de remonter pour récupérer près de 20 % du volume perdu. Des zones de pêche se sont recréées. Mais c’est encore à des dizaines de kilomètres de l’ancien port.

Alors, germe dans nos têtes l’idée d’aller trouver cette mer qui renaît, même si, au milieu du désert où l’on se trouve, ça paraît incongru. Ou, sans aller aussi loin, au moins essayer de voir les cadavres des bateaux échoués au milieu du désert quand la mer s’est retirée.

Bref, à chaque arrivée, on a toujours beaucoup de projets. La réalité du voyage et du temps nous rattrape souvent.

Notre arrivée dans la ville d’Aralsk

6h du matin : on arrive à la gare d’Aralsk. Les quais sont petits et on a vite les pieds dans le sable. Un taxi nous conduit jusqu’à notre hôtel, situé en sortie de ville, à la lisière du désert.
La chambre n’est accessible qu’à partir de 12h. Si on souhaite y accéder plus tôt, on nous explique qu’il faut payer la moitié d’une nuit en supplément. Évidemment, on refuse et, vu le froid extérieur (oui il peut faire froid dans les déserts), on commence à s’installer dans les canapés du hall d’accueil de l’hôtel.

Le standardiste revient alors sur ces propos et nous trouve finalement une chambre disponible immédiatement sans supplément. On va pouvoir finir notre nuit, sur des lits et au chaud, le pied !

Bon c’est sans compter les deux vomis de Palmyre (chacun sur un lit différent, sinon ce n’est pas drôle). On comprend vite qu’elle n’a pas digéré les carottes ingurgitées dans le train à 5h du mat’. La pauvre, le jour de son anniversaire en plus ! Heureusement, il y a trois lits et la chambre est surchauffée, donc les draps vont vite sécher.

Vu le début déjà bien rempli de cette matinée, on décide de faire light pour notre premier jour à Aralsk et de simplement se balader à pied dans la ville, qui est plutôt petite.

Découverte de la ville d’Aralsk

Déambuler dans la ville d’Aralsk

Les taxis sont très surpris de nous voir, et nous surpris de leur surprise.

On a fait énormément d’appel visios avec les familles des chauffeurs, et même quelques selfies pour les montrer à leurs enfants.

La ville en elle-même n’est pas formidable, loin de là. Elle fait même plutôt froide et triste. Seuls les axes principaux sont en goudron, le reste, c’est du sable et de la poussière.

Il y a une place centrale avec des bancs et des jeux pour enfant mais elle est clôturée et fermée. Pourtant tout le monde y entre en passant à travers les barreaux, alors on a fait pareil.

Ici on nous dévisage encore plus qu’à Aktaou. Tout le monde nous fait un signe. Les enfants veulent parfaire leur anglais. Certaines voitures klaxonnent, d’autres s’arrêtent pour nous saluer. Les gens sont juste curieux, sans mauvaise intention.

J’en profite pour demander à l’un d’entre eux de nous indiquer une bonne adresse pour se restaurer pas cher et local. Il nous indique une petite cantine, en plein cœur de ville. L’ensemble des 3 plateaux, c’est moins de 10 euros.

Sans ses indications, jamais on n’aurait poussé la porte de ce café-restau. Pas parce qu’il n’est pas accueillant mais tout simplement car les portes et les fenêtres sont masquées par des films protecteurs, si bien qu’on ne voit pas à l’intérieur et qu’il paraît fermé ou abandonné.

En réalité, tous les bâtiments (et même les voitures) sont équipés de la sorte, comme ce magasin pour se protéger du soleil et des chaleurs extrêmes de l’été.

De ce côté-là, on a de la chance. Comme on est en octobre, l’été se termine mais l’hiver n’est pas encore là. Du coup, les températures sont quasiment idéales.

Le truc le plus fun de la ville d’Aralsk, c’est qu’on croise dans les rues des chameaux, dromadaires ou encore des vaches qui traversent le village pour aller à la traite.

Palmyre a adoré et nous aussi.

L’ancien port d’Aralsk

L’ancien port d’Aralsk est saisissant et semble figé depuis des décennies. C’est comme si les habitants avaient pris la fuite et tout laissé sur place. Les bâtiments de l’ère soviétique, mais aussi les grues qui servaient au chargement et au déchargement, se dressent encore.

Il y a aussi toujours le phare, désormais inutile, mais quand même repeint récemment aux couleurs du désert, en symbole de la catastrophe.

Trouver un chauffeur pour aller voir la mer d’Aral :

Pour atteindre nos objectifs, on ne perd pas nos vieilles habitudes de voyageur : si tu veux quelque chose ou aller quelque part, où que tu sois, va sur la grande place du village à la rencontre des locaux.

Donc on décide de se rendre sur la place centrale, là où se trouve tous les taxis et petites guérites. Je commence à échanger avec un premier taxi, puis deux en même temps. Je leur dis que je veux aller à Zhalanash voir la mer d’Aral et les bateaux échoués. Bah oui, ceux de mon livre d’histoire, je ne peux pas leur montrer, j’ai plus le bouquin depuis le temps. Là, on m’a pris pour un fou car aller dans l’ancien lit de la mer d’Aral, ce n’est pas tout à fait comme aller dans le village d’à côté.

La mer est loin, il n’y a pas de route goudronnée, il faut donc un 4×4 obligatoirement. Ce n’est pas une petite sortie improvisée : apparemment, sans un guide qui connaît le terrain, ça peut vite s’avérer très compliqué. On m’emmène donc dans une petite boutique. Là je me sens un peu comme le type qu’on met à l’écart pour ne pas ébruiter sa recherche complètement farfelue. La vendeuse passe un petit coup de téléphone et me dit de patienter.

Très rapidement, un homme débarque et me dit qu’il peut nous emmener. Génial, mais il ne parle pas un mot d’anglais et il faut maintenant voir ce qu’il nous propose. En tout, ça m’a pris quand même une bonne heure à essayer d’échanger. On a finalement réussi à se mettre d’accord, relativement facilement : demain, si j’ai bien compris, il nous emmène voir la mer d’Aral et les vieux bateaux.

Retrouvez notre article sur notre sortie à la mer d’Aral ici

Acheter des billets de train à Aralsk

On a voulu acheter nos billets de train pour la suite du voyage dans la gare d’Aralsk. On a peur qu’elle soit désaffectée, mais il y a bien une hôtesse qui attend derrière les barreaux de son guichet.

Evidemment, elle ne parle pas un mot d’anglais. J’avais lu un article qui disait que sur internet il n’y avait pas forcément toutes les places à vendre : Aujourd’hui, je suis persuadé que c’est faux.

On a finalement réussi à se faire comprendre, c’était très très laborieux ! La prochaine fois, on réutilisera le site internet. En plus, on doit payer en cash car la gare n’accepte pas la carte, alors que même dans un village aussi perdu qu’Aralsk, tout le monde paie, partout avec son téléphone et leur fameuse application : Kaspi Pay.

Kaspi Pay : l’application incontournable du Kazakhstan

S’il y a une chose qui nous a surpris au Kazakhstan c’est l’omniprésence de l’application téléphonique « Kaspi Pay ». C’est un QR code à scanner ou un numéro de téléphone à insérer via son téléphone pour envoyer de l’argent en direct à une personne, un magasin ou un service. Tous les vendeurs, commerçants, même les plus petits ou les plus reculés, utilisent Kaspi Pay. Parfois même exclusivement !

Là où ça se complique pour nous (et tout les étrangers), c’est qu’il est impossible pour un étranger d’utiliser Kaspi Pay car il faut obligatoirement un compte bancaire au Kazakhstan. Du coup, ça complexifie nos achats, nos déplacements et aussi les réservations (mais de toute façon on ne réserve pas grand chose). Encore un signe que le pays n’est vraiment pas touristique.

Très souvent, quand je sors la carte bleue pour payer, on me prend pour un dinosaure. Pire encore, l’une de nos cartes n’a pas le sans-contact. Une fois, quand j’ai indiqué à une caissière qu’il fallait insérer la carte dans le lecteur, elle ne savait même pas qu’elle pouvait le faire ! Et encore, son appareil avait la fente, car la plupart n’en ont même plus.

J’ai vite essayé de remettre le paiement sans contact, mais comme on n’a plus notre numéro français actif et que la banque envoie obligatoirement un code par SMS pour activer cette option, on va faire sans !

Ca va pas nous empêcher d’aller voir la mer d’Aral !

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4 Commentaires
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Maxence
Maxence
9 mois il y a

Hâte de voir les bateaux de la mer d’Aral également . Ils étaient déjà rouillés dans mes livres aussi…on verra. Gros bisous.

FERREIRA. Pascal
FERREIRA. Pascal
9 mois il y a

Pas évident pour la communication, Bon voyage a vous 3 est quel temps avez vous. Super carnet de voyage. Bisous. Pascal.

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