Premiers pas en Asie centrale : Aktaou au Kazakhstan

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Vous lisez un chapitre de notre voyage en famille, de l’Europe à l’Asie, en slow travel.
👉 Par ici pour commencer l’histoire depuis le début.

🌍De la Géorgie au Kazakhstan : un petit écart dans notre voyage sans avion

Notre projet initial, c’était de rejoindre la Thaïlande sans prendre l’avion.
Nous souhaitions traverser la mer Caspienne en bateau, depuis Bakou, en Azerbaïdjan, jusqu’à Aktaou, au Kazakhstan.

Mais les choses ne se passent pas toujours comme prévu, voire jamais quand on voyage au jour le jour en slow travel.

Nous voyageons sans réservation (1 jour maximum si besoin), sans itinéraire précis, et sans liste de pays ou de lieux à visiter absolument.

En raison du contexte géopolitique actuel, les trois pays qui entourent la mer Caspienne côté Europe — l’Azerbaïdjan, la Russie et l’Iran — sont fortement déconseillés par le gouvernement français.

Le site de France Diplomatie est très clair concernant l’Azerbaïdjan, que nous souhaitions traverser :
« Les ressortissants français, y compris binationaux, qu’ils soient résidents ou de passage, s’exposent à un risque d’arrestation, de détention arbitraire et de jugement inéquitable en Azerbaïdjan. Ce risque peut concerner les personnes effectuant une simple visite touristique ou un voyage d’affaires. En cas d’arrestation ou de détention, le respect des droits fondamentaux n’est pas garanti. »

Nous, ça nous a refroidis, surtout avec une enfant. On n’a pas trop envie que le voyage s’arrête ici.

En plus, depuis le Covid, la frontière terrestre pour aller en Azerbaïdjan est encore complètement fermée. Des locaux nous l’ont confirmé en Géorgie.

On a même croisé un Australien qui revenait d’Azerbaïdjan et nous a indiqué s’être fait contrôler plusieurs fois en quelques jours, précisant que là-bas, ça ne rigolait pas trop.

Bien sûr, on est un peu déçus de ne pas pouvoir rejoindre le Kazakhstan en bateau, ni de vous raconter la traversée de la mer Caspienne.

Mais on préfère être raisonnables et sereins.

Du coup, l’avion s’impose : c’est décidé, on prendra un vol de Koutaïssi, en Géorgie, jusqu’à Aktaou, afin de continuer notre périple au Kazakhstan.

Pourquoi choisir Aktaou pour continuer notre voyage ?

Tout simplement parce que c’est la ville par laquelle nous aurions dû arriver au Kazakhstan si nous avions pu embarquer sur un bateau en provenance de Bakou, en Azerbaïdjan.

Aktaou, c’est donc la suite logique pour rejoindre l’Asie en slow travel. En plus, il paraît qu’on traverse très facilement le Kazakhstan en train depuis cette ville.

🐪Le Kazakhstan : un pays encore peu touristique

Ça y est, on arrive enfin en Asie central.

Au Kazakhstan, on comprend vite que le voyage va devenir un peu plus compliqué pour échanger et comprendre par nous-mêmes, notamment pour planifier la suite du voyage.

Nous ne faisons jamais appel à des personnes liées au tourisme pour planifier notre voyage. Nous misons tout sur Internet, les locaux et notre sixième sens, qu’on appelle le feeling 😉.

On avait imaginé prendre un bus pour rejoindre la ville, mais l’aéroport est presque vide et, finalement, vu les tarifs très abordables des taxis, on décide de ne pas se compliquer la vie inutilement.
On ne le sait pas encore, mais au Kazakhstan, tous les conducteurs de voiture sont un peu chauffeurs de taxi. On vous expliquera ça un peu plus loin.

Tout est différent et nouveau : la langue, mais surtout l’alphabet, les visages… Pour la première fois, au-delà de simples voyageurs, on se sent vraiment étrangers dans un pays qui n’a pas l’habitude d’en accueillir.

D’ailleurs, impossible pour nous de nous fondre dans la masse. Sans être impolis ni intrusifs, les Kazakhs nous observent et se retournent sur notre passage partout où l’on va. On commence même à se faire gentiment alpaguer.

De ce côté de la mer Caspienne, le tourisme occidental n’est pas très développé — et ça, finalement, on adore.
La planification de la suite du voyage va nous prendre plus de temps. Mais on s’en sort.

🏜️Aktaou : une ville dans le désert

Aktaou est une ville construite en plein milieu du désert dans les années 60, et la plupart des bâtiments datent de cette période.
Cette ville a été bâtie pour exploiter et exporter les gisements de pétrole, d’uranium et de gaz du désert.
Le centre-ville n’a donc pas beaucoup d’intérêt, sauf pour les nostalgiques des années 60 à 80.

✈️Notre arrivée à Aktaou

La première chose qu’on voit une fois arrivés à l’aéroport d’Aktaou, ce sont des hommes en uniforme de l’armée, au style d’un autre temps.
On note aussi que nous sommes les seuls étrangers non asiatiques.
Malgré nos doutes, le contrôle aux douanes est très rapide et on nous pose peu de questions, sans aucun justificatif demandé.
Tout le monde, même les militaires, nous souhaite la bienvenue.

🏙️Petit choc sur les bâtiments de la ville d’Aktaou et installation

Après avoir traversé le désert pendant une vingtaine de minutes, notre taxi nous dépose devant l’immeuble où nous avions réservé, quelques heures avant le décollage, un appartement pour une nuit (on est prudents : on ne réserve qu’une nuit à l’avance et, après, selon l’état de l’hébergement, on voit si on prolonge).

Quand on arrive au pied de l’immeuble, on est un peu surpris, et il nous faut quelques minutes pour nous familiariser avec l’apparence délabrée du quartier et des bâtiments (qui auraient bien besoin d’une réhabilitation).

On a peur d’avoir donné une mauvaise adresse tant l’endroit semble peu engageant.

En plus, on n’a pas encore de carte SIM locale — donc pas d’internet ni de moyen de communication.

Heureusement, notre chauffeur, très sympa, réussit à contacter le propriétaire, qui arrive peu de temps après pour nous donner les clés.
Ça nous laisse le temps d’acheter quelques bricoles dans la guitoune du quartier. Et on s’aperçoit vite qu’il y a des guitounes partout dans la ville.

Mine de rien, il est déjà 15 h 30 et on n’a presque rien mangé de la journée.
C’est là qu’on se dit que Palmyre s’adapte bien : un jour on mange à 11 h, le lendemain à 15 h. C’est un peu comme ça depuis le début du voyage.

Finalement, à Aktaou, on s’y sent bien rapidement, voire très rapidement si on compare avec notre arrivée à Batoumi, en Géorgie (voir l’article ici si vous l’avez raté).

Même si on n’est pas très rassurés dans l’ascenseur (d’ailleurs, on descend toujours à pied), notre appartement est très propre et bien équipé.

Depuis le 9ᵉ étage de notre immeuble d’allure soviétique, la vue sur la mer est incroyable. Le propriétaire est charmant.

💧L’eau du robinet coule comme le pétrole à Aktaou

Seul petit bémol de cette ville : l’eau du robinet n’est pas potable ; pire, elle coule noire, et on n’ose même pas la mettre dans nos gourdes filtrantes pour la boire, surtout par peur de boucher les filtres rapidement.

On n’envisage même pas de cuisiner avec.
Pour la première fois du voyage, on achètera de l’eau (et en bidons de 5 L).

Pour le bain, je ne sais pas si Palmyre sera plus propre avant ou après.

🚶‍♀️Flâner sur le bord de mer Caspienne à Aktaou

Si on a vite oublié le centre ville où se trouve le drapeau, on valide complètement l’esplanade et toute la côte de la mer Caspienne, très sauvage, avec ses couchers de soleil magnifiques.

Flâner en bord de mer, c’est ce qu’il y a de mieux à Aktaou. C’est très paisible. Les gens se promènent calmement et jouent aux échecs.

À 21 h, les aires de jeux de l’esplanade se remplissent de gamins qui jouent comme si nous étions à une sortie d’école en France.
Partout et à toute heure, on croise énormément de jeunes enfants.
Après vérification, on constate sans surprise que le taux de natalité est de plus de 3 enfants par femme, soit presque le double de celui de la France.

Évidemment, Palmyre veut faire toutes les aires de jeux de l’esplanade (et il y en a un paquet).
C’est donc plutôt difficile de rentrer de bonne heure à l’appartement dans ces conditions.

Quelques aires sont récentes, mais il y en a quasiment en bas de chaque immeuble, et on dirait qu’elles datent de l’année de construction des bâtiments.

Sur l’esplanade, et même un peu partout en ville, on est étonnés par le nombre de machines à poings que l’on croise.

Cela fait sens quand on apprend que le Kazakhstan est le pays de la boxe (dans le top 3 mondial), symbole de fierté nationale.

D’ailleurs, des boxeurs sont même dessinés sur certaines façades d’immeubles.

Autre particularité : au mini-poste de police, sur la jetée d’Aktaou, des affiches sont placardées avec des visages d’individus dessus.
“WANTED.” Pourquoi ?
J’ai vérifié : le Kazakhstan affiche publiquement les gens recherchés.
Comme dans les westerns. Ça fait tout drôle.
On ne vous montrera pas de photos : il est déconseillé de photographier la police.
Par contre, on peut vous montrer ce côté un peu sauvage de la côte, en pleine ville.

En bord de mer, on ne dirait vraiment pas qu’on est en ville.

🌊Les falaises d’Aktaou

En plus de l’esplanade, on a trouvé une balade sympa aux falaises.

🏜️D’Aktaou à la dépression de Karagiye

🐫La route du désert

Le bord de mer, c’est bien beau, mais on voulait aussi voir les alentours de la ville et découvrir ce fameux désert qui l’entoure.
Pour s’y rendre, on recontacte notre chauffeur de taxi rencontré à l’aéroport, qui nous conduit à 60 km d’Aktaou, voir la dépression de Karagiye.

C’est une zone où la roche s’est dissoute avec le passage de l’eau, créant des reliefs dans le sol : en l’espèce, un grand trou en plein milieu du désert.
Les routes sont plutôt bonnes, de belles deux fois deux voies.

On aperçoit les premiers dromadaires et chevaux en liberté — il y en a partout !
Palmyre est ravie, et nous aussi et elle se lance dans la photo…

Sur la route, on essaie de discuter avec notre chauffeur, mais il n’est pas très bavard, et la barrière de la langue nous bloque, malgré les applications de traduction (heureusement qu’elles existent, celles-là).

On arrive quand même à comprendre qu’il a quatre enfants et que la sécurité routière est relative : le port de la ceinture n’est pas obligatoire hors des villes, et il n’existe pas de sièges auto pour les enfants au Kazakhstan.
Au grand bonheur de Palmyre, qui peut dormir allongée sur les sièges arrière, comme au bon vieux temps en France : la vie est belle !

À l’arrivée, on remarque surtout l’étendue infinie du désert et, un peu plus loin que ce qu’on avait imaginé, la fameuse dépression.
L’ensemble reste impressionnant, mais le soleil se couche vite, et il faut déjà rentrer.

Sur le chemin du retour, on s’aperçoit que de gros tuyaux traversent le désert jusqu’à la ville d’Aktaou — c’est pour acheminer les hydrocarbures jusqu’aux usines.

On est bien dans la ville du pétrole, et ça se voit.

🍉Kazakhstan : le pays de la pastèque

On en profite également pour faire un arrêt à un stand de pastèques.
Eh oui ! Qui l’eût cru ? Le Kazakhstan est le pays de la pastèque.
Ça tombe bien, Palmyre en raffole.
On en trouve partout et sous toutes ses formes : fruit, glace, bonbon, chewing-gum…
Au stand, pas évident d’en trouver une petite : elles sont énormes !

🚗La découverte d’InDrive pour se déplacer au Kazakhstan

C’est à Aktaou qu’on découvre l’application InDrive, et elle va littéralement nous changer la vie et notre façon de nous déplacer au Kazakhstan.

InDrive, c’est un service de VTC — le “Uber” des pays d’Asie centrale.
C’est une sorte d’offre instantanée de transport en ligne. Le principe est ultra simple :
– on indique notre position et notre destination (qu’on peut placer sur la carte, ce qui évite les confusions quand on ne comprend rien à l’écriture, comme nous) ;
– ensuite, on propose un prix (dans certaines villes comme Aktaou, il y a un prix conseillé, donc on garde ce prix voire on monte un peu) ;
– les conducteurs qui utilisent l’appli (et qui sont connectés en permanence) valident et viennent nous chercher.
Comme tous les conducteurs semblent l’utiliser, si notre prix est juste, un chauffeur arrive toujours en moins de 5 minutes.
C’est moins de temps que d’attacher Palmyre en voiture ! Et vu qu’ici, on ne l’attache pas…

Avec cette application, c’est comme si on avait une voiture à disposition en permanence.

Ça fonctionne même pour aller dans les villages alentour. Il paraît que plein de gens l’utilisent pour se rendre au travail.

Pour nous, c’est vraiment avantageux financièrement, et ça nous économise les pattes !

🚆En rail pour traverser le 9ᵉ plus grand pays du monde

On a eu beaucoup de mal à réserver les billets de train.
On ne savait pas que la ville d’Aktaou n’avait pas de gare pour les trains longue distance : Ouf elle se trouve juste à côté, à 20 km, dans le petit village de Mangystau ! Ils auraient au moins pu renommer la gare Aktaou-Mangystau mais vu qu’elle sert pratiquement qu’aux locaux.

Même le site de réservation des trains n’est pas du tout fait pour les étrangers mais finalement on a réussi.
On a mis plusieurs heures à trouver des informations sur les arrêts et sur ce qu’on pouvait voir d’intéressant sur le trajet.

Tout ne semble que désert dans ce pays.

Mais quand j’ai vu que le train passait proche de la mer d’Aral, plus d’hésitation possible !

On a donc pris deux billets pour aller jusqu’à Aral – ou Aralsk en Russe.

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