La Roumanie en train : de Budapest à Bucarest via Brașov

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Vous lisez un chapitre de notre voyage en famille, de l’Europe à l’Asie, en slow travel.
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🚆 Le trajet Budapest – Brașov

Après cinq jours à Budapest, nous quittons la Hongrie pour la Roumanie.
Train Budapest – Bucarest, arrêt à Brașov : 12 h 30 de trajet pour effecteur 543 km (soit 43 km/h de moyenne !) jusqu’à Brasov. Nouvelle monnaie, on passe des Forints au Lei.

La Roumanie est un pays extrêmement bien desservi par les trains, un peu comme la France il y a quelques décennies. Nous avions hésité à longer la côte roumaine, mais nous décidons finalement de nous arrêter uniquement à Brașov.

Brașov, ville de Transylvanie située à 2 h 30 au nord de Bucarest (en train, bien évidemment), nous attire plus avec ses montagnes que la ville de Bucarest. Et puis, il faut bien l’avouer : une semaine dans les capitales, c’est largement suffisant pour nous. Habitués à passer nos week-ends avec les vaches dans le vert Cantal, la Transylvanie nous parle davantage.

19 h 30 – le train démarre pile à l’heure et la nuit tombe rapidement. Nous reconnaissons les paysages de la puszta et ses grandes steppes, que nous avions eu l’occasion de visiter en 2015 en voiture, sans Palmyre. D’ailleurs, ce qui frappe dans cette partie, ce sont ces grandes étendues où il ne semble pas y avoir âme qui vive — ou alors il n’y a pas encore l’électricité, tant la nuit est étoilée. Dans mes souvenirs, c’était pourtant différent.

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Autre avantage : la ville de Brașov est directement desservie par la ligne reliant Budapest (gare de Nyugati) à Bucarest. En plus, c’est un train de nuit — parfait pour Palmyre, qui rêvait depuis Vienne de redormir « dans une boîte rouge » (couleur des banquettes, toutes douces).

Dans notre compartiment-couchette de six, le contrôleur nous indique deux couchettes en bas et précise que d’autres passagers devraient nous rejoindre (en Roumanie de ce qu’on comprend). On évite donc de trop s’étaler… mais finalement, nous aurons le compartiment rien que pour nous trois. Le train est quasi vide : une à trois personnes par wagon. Si j’avais su, j’aurais fermé la porte à clé (conseillé sur les trains de nuit), histoire que Sophie dorme plus tranquille et sans le sac à dos rempli des passeports et cartes bleues.

La nuit passe lentement, entrecoupée d’arrêts fréquents, parfois sans personne sur les quais. Le train klaxonne souvent, à chaque passage à niveau on dirait. Palmyre se réveille à 5 h 30, bien trop tôt pour Sophie. Je me lève malgré mes quelques heures de sommeil, motivé par l’arrivée dans les montagnes et le lever du soleil. Avec la brume, et la lumière, les paysages sont magnifiques… mais je suis le seul à en profiter : Palmyre s’est rendormie avec Sophie dans sa couchette.

Au petit matin, le contrôleur veille gentiment à ce que nous ne rations pas notre arrêt. Pas d’annonce dans ce train : il faut rester attentif.

🏰 Brașov : premières impressions

À la gare, un bus nous amène rapidement au centre historique. Dans les rues encore calmes, nous prenons un petit-déjeuner de strudels (framboise, pomme et yaourt). La vieille ville commence doucement à s’animer.

Le lendemain, nous hésitons à découvrir les châteaux et montagnes alentours, mais la météo (pluie toute la matinée) nous incite à changer nos plans. Nous passons la matinée à jouer au Uno. D’ailleurs, Palmyre adore ce jeu: elle y joue de mieux en lieux. Nous restons donc dans les environs proches de la ville pour explorer le quartier de Schei et l’église Saint-Nicolas, un coin médiéval moins touristique. C’est là que nous croisons les premiers chiens errants du voyage — sûrement pas les derniers.

Les habitants paraissent froids au premier abord, comme souvent dans les pays de l’Est. Mais on comprend vite qu’il s’agit plutôt d’une façade : tous se révèlent très avenants, et avec Palmyre, les sourires arrivent plus facilement.

Lorsque nous reprenons le train pour Bucarest, nous retrouvons une ambiance familière : le train ressemble à nos vieux TER français, mais il est ultra fonctionnel. Nos gros sacs trouvent leur place au-dessus de nos têtes. Le trajet vaut le coup : tunnels, petites gares et paysages de Transylvanie défilent. Peu de voyageurs, surtout des locaux rejoignant la capitale, dans une atmosphère studieuse. Palmyre est toujours au top dans les transports, elle fait la toute sage.

🎫 Réserver le train Bucarest – Istanbul

Arrivés à Bucarest, nouvelle mission : réserver le train pour Istanbul. Pour les futurs voyageurs (du moins en 2025), ce train est difficilement réservable en ligne. Et on a jamais trouvé les horaires ! Nous apprendrons quelques jours plus tard, par une voyageuse dans ce train, que c’est possible mais seulement en créant un compte sur le site roumain et avec quelques astuces (et avec l’aide d’une amie roumaine, c’est pour dire).

Dans tous les cas, les billets doivent être retirés en gare.

À Brașov déjà, impossible de réserver ces billets : on nous indique de passer par le guichet international de Bucarest. Mauvaise surprise en arrivant : le prochain départ ne sera que dimanche prochain, soit dans trois jours. Nous espérions repartir le soir même… Changement de plan, une escale de trois jours à Bucarest s’impose.

🏙️ Bucarest : entre vétusté et modernité

La ville laisse une impression étrange. Dès la sortie de la gare, certains bâtiments immenses sont quasi en ruine. Beaucoup sont en mauvais état, couverts de tags, parfois condamnés par des cadenas. On se dit que si aucun morceau de façade ne nous tombe sur la tête pendant le séjour, ce sera une chance (j’exagère un peu, mais à peine).

Même dans les rues touristiques, certains bâtiments sont étayés (au grand bonheur des chats errants) et beaucoup ont des filets pour éviter la chute d’objets. Ce mélange est étrange, pas forcément désagréable.

Les transports ne font pas jeunes, mais on croise tout de même des bus électriques flambant neufs. Bucarest surprend aussi avec son Arc de Triomphe et surtout son Palais du Parlement, le plus grand bâtiment administratif au monde, après le Pentagone, construit sous dictature.

Nous arpentons la ville à pied, on aime les marchés pleins de fruits de légumes qui rappellent ceux du jardin de papi et mami, mangés quelques jours avant le départ. Nous avons même la chance de tomber sur un immense concert gratuit : plutôt pas mal.

🌳 Les parcs, des royaumes pour Palmyre

Quand on voyage avec une petite de presque 3 ans, les parcs deviennent des incontournables. Et surtout les aires de jeux qu’ils abritent. Ici, elles sont vraiment superbes. Et Palmyre les réclame tous les jours maintenant. Mention spéciale pour le parc Cismigiu, une vraie aire de jeux comme on en trouve dans l’Est.

Samedi matin, nous sommes les premiers au parc à 9 h, Palmyre et moi, pour qu’elle dévale les toboggans. Quelle déception dans ses yeux quand elle demande : « mais ils sont où les enfants ? » Heuu… ils dorment encore. Les premiers autres enfants n’arriveront qu’à 10 h 30…

Palmyre, toi aussi tu as le droit de faire la grasse matinée, c’est le week-end ! Même si ça change rien pour nous en ce moment^^ !

🤝 Des rencontres inattendues

Dans le parc, je passe plusieurs heures à baragouiner quelques mots d’anglais avec le gardien et avec les autres parents. Sur le chemin du retour, alors que Palmyre dort dans mon dos, je discute longuement avec un couvreur entrepreneur.

Au début, j’ai cru qu’il était ferronnier.

Fier de son métier, il me montre photos et vidéos de ses réalisations. La sécurité sur son chantier n’est clairement pas au rendez-vous (désolé, déformation professionnelle) mais ses restaurations sont magnifiques. Cela me rappel un peu mon boulot, qui semble bien loin après seulement 12 jours de voyage. Son atelier est petit mais bien organisé. Comme il est à son compte, il travaille le samedi, il a peu de temps pour sa famille.

La conversation dévie rapidement sur la politique, sa télévision allumée sur les informations. Il suit de près l’actualité et participe activement aux manifestations contre les élections présidentielles du président Călin Georgescu (d’après ses dires). Déterminé, il s’est même déjà enchaîné devant la voiture présidentielle (la vidéo est impressionnante et vous trouverez son attirail pour manifester juste dessous). Il me montre fièrement les menottes en question. Un vrai protestataire, qui a accepté d’apparaître dans Notr’Odyssée.

Quant à son travail, il ne doit pas chômer, vu l’état général de la ville.

🏁 Fin d’étape

C’est déjà la fin de ce court séjour en Roumanie et à Bucarest, une capitale qui nous laisse perplexes.

On notera la gentillesse des gens, notamment quand tout le monde a laissé passer Sophie dans un petit magasin parce qu’elle avait Palmyre dans son dos. Et la file était longue.

Là où le train s’arrêtera, une nouvelle histoire commencera.

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