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Nous quittons progressivement l’Europe pour rejoindre Istanbul en Turquie, via le train depuis Bucarest. Je vais donc vous raconter cette étape de Bucarest à Istanbul en train, qui nous a permis de franchir les dernières frontières de l’Europe.
Si vous avez raté un épisode :
cliquez ici pour comprendre comment on arrive à Bucarest en train.
Détail du train Bucarest-Istanbul
- Durée du trajet : 24 heures de train
- Nombre de kilomètres à parcourir : environ 635 km
- Frontières : Roumanie – Bulgarie / Bulgarie – Turquie
🚉Départ de Bucarest en train
A 9 h 30, nous arrivons en gare de Bucarest afin d’être sûrs de ne pas louper notre train, dont le départ est prévu pour 10h10. Ça fait quand même 3 jours qu’on attend ce départ (Ça nous a permis de visiter Bucarest).


15 minutes avant le départ, le train est affiché. Haa, on aime quand ça se passe comme ça !
À notre grande surprise, le train est tout petit : 3 wagons et une locomotive pour un si long trajet.

Allez, on monte dans le train. Le contrôleur a l’air vraiment sympa pour le coup. En plus, encore un train pile à l’heure. Palmyre est vite renommée « Princess ». Faut imaginer avec l’accent.
Tout le monde découvre son wagon 4 couchettes, et surtout sa place : alors en haut ou en bas ? Pour nous trois, ce sera en bas. Les deux autres passagères de notre wagon sont françaises, venues aussi en train jusqu’ici, comme tous les voyageurs de ce train on dirait.
Comme le train est loin d’être bondé, une petite réorganisation et on aura le wagon rien que pour nous trois, merci les filles. Palmyre en profite pour faire une belle sieste. Il fait une chaleur dans ce train, pas de clim pour ce début de voyage.
Le contrôleur passe dans les wagons se présenter, vérifier les billets ; attentifs à tous les passagers, il se comporte comme un maitre d’école accompagnant une sortie scolaire. Et ce qui est très drôle, c’est qu’il se change en permanence : uniforme officiel lors des arrêts, et tenue décontractée (jogging-Polo) dès que le train ne s’arrête pas pendant un petit moment. J’ai failli ne pas le reconnaître avec ses savates aux pieds.
🚧Première frontière : Roumanie – Bulgarie
Deux heures de train passent, plutôt vite. On papote et c’est déjà la frontière Roumanie / Bulgarie, au village de Giurgiu. Tout le monde peut descendre se dégourdir les jambes ou fumer une cigarette sur les voies.


Rapidement, c’est le « passport control », comme ils disent. Plutôt rapide, simple formalité. Petit bonus : thé ou café, offert par le contrôleur.
Tout le monde bavarde. Pour nous, avec des Français, c’est plutôt simple pour une fois.
La majorité des voyageurs de ce train cherchent à rejoindre l’Asie en slow travel, que ce soit la Thaïlande, le Kazakhstan, l’Indonésie… Souvent partis pour de longues périodes, 6 mois, 11 mois comme nous ^^. D’autres veulent simplement passer des vacances à Istanbul.
Le sujet qui revient le plus est de savoir comment faire pour rejoindre l’Asie sans prendre de risque dans les pays sous tension. Les points noirs étant l’Azerbaïdjan, la Russie ou encore l’Iran et personne n’a envie de devenir otages politiques.
🐌En Bulgarie : lenteur et wagons qui se détachent
À 13h00, Nous n’avons pas beaucoup progressé. Le train a longé la frontière et nouvel arrêt, assez long cette fois. Il faut rattacher des wagons alors que nous en avions déjà lâché un au dernier arrêt.
On a tous essayé de comprendre, au fil du trajet, pourquoi le train prenait des wagons et en laissait d’autres en permanence, mais on a vite abandonné.
Ce qu’il faut retenir, c’est que seul notre wagon fera le trajet Bucarest – Istanbul. Alors, pas question de flâner dans les autres pendant le trajet. À tout moment, bye bye et on se retrouve à Sofia. Pire encore, séparation de la petite famille, ce serait moyennement drôle.
Pour comprendre la lenteur de ce train : 5 heures après le départ, seulement 120 kilomètres parcourus, soit à peine 24 km/h de moyenne. Et Palmyre qui dit : « On va loin, on va loin, loin, loin »… on aimerait bien, oui.

🏃♂️Le train fait une escales en Bulgarie
Le train s’arrête dans de nombreuses gares, plus paisibles les unes que les autres.
Gare de Garata, perdue en Bulgarie, on change de locomotive. 1h30 d’arrêt. Palmyre fera un peu de bulles de savon sur le quai. Ça permet de faire un peu d’exercice à ceux qui essayent de les attraper en vol (elles se reconnaîtront peut-être).



Lors de cet arrêt, Palmyre observe attentivement le changement de locomotive, qui sait ça pourrait lui servir un jour …
Fin d’après-midi, 2 personnes viennent nous voir pour nous demander de leur acheter 6 cartouches de cigarettes au prochain duty-free . Ils indiquent qu’ils toqueront à notre porte de chambre quand on pourra aller les acheter pour que nous puissions leur donner une fois la douane passée.
Alors là, au début, j’avais pas compris qu’il fallait que j’achète autant de clopes. Haa, la barrière de la langue… En plus, j’étais au téléphone avec la famille à ce moment-là, pas assez concentré sur la discussion, on va dire ça comme ça. C’est une fois que je me suis retrouvé avec 100 euros entre les mains que j’ai vite regretté d’avoir dit oui dans la précipitation.
Finalement, je rendrai rapidement l’argent. Pas question de commencer la contrebande à la première frontière ! Je crois que je n’ai même pas entendu parler de commission en plus… Vous comprendrez que certains se font un bon billet en profitant d’autres passagers, puisque c’est 3 cartouches maximum par personne.
🚦Les rails bulgares
Les gares défilent encore. On aperçoit certains passages à niveau qui ne sont pas tous sécurisés avec des barrières. La ligne de train n’est clairement pas moderne. Ça laisse le temps de discuter avec les passagers.
À un moment, nous nous arrêtons encore en gare 15 minutes pour une raison inconnue. Je regarde par la fenêtre et je comprends pourquoi ces arrêts : il faut attendre chaque train qui arrive en sens inverse. Et oui, il n’y a qu’une voie et non pas deux. Les trains ne peuvent pas se croiser, sauf en gare. Espérons que les agents gèrent bien les horaires, sinon gare au face-à-face !



🌙Nuit à bord et deuxième frontière : Bulgarie – Turquie
22h00 : nous sommes à 275 km de Bucarest par la route (d’après Maps) et nous avons fait 12 heures de train. (…)
À 23h30, nous sommes à 340 km d’Istanbul et 323 km de Bucarest. Nous approchons de la moitié du trajet après 13h00 de train. Là, on frôle les 25 km/h de moyenne, il ne faudrait pas dérailler quand même !! Parfois, on part même dans le sens inverse, ça surprend.
J’ai voulu acheter de la nourriture en gare, mais en Bulgarie, oubliez le paiement par Visa, et je n’avais pas la monnaie locale. Je n’ai même pas pensé à proposer les euros qui nous restaient de Vienne. Vienne qui nous paraît déjà loin.
1h00 du matin : nouveau passeport contrôle côté bulgare. Vérification des passeports dans le train. La douane prend l’ensemble des passeports pour les ramener après avoir apposé le petit tampon. On repart 30 minutes après. Là, on se dit : chouette, on va pouvoir dormir tranquillement.
Mais à 3h50, le contrôleur crie de nouveau : « passport control ! » Tanpis pour notre sommeil profond. Cette fois-ci, tout le monde descend avec ses bagages qu’il faut passer au scanner.
Encore une fois, on aura un petit traitement de faveur. À la demande du douanier, on « grillera » la file de quelques dizaines de personnes avec Palmyre devant moi dans le porte-bambin.
Tiens, ils vendent des sandwichs et des saucisses à la sortie du contrôle. À cette heure-là, on s’imagine plutôt dormir que manger.
Finalement, on remonte rapidement dans le train avant tout le monde, merci la petite Palmyre qui somnole sur moi. Quant à 4h30 le train est toujours à quai, Palmyre dit :
— « Mais il est où le chauffeur ? »
Bah oui, on aimerait bien repartir, il faudrait réussir à tenir la moyenne du trajet. Bon allez, on va peut-être pouvoir se rendormir un peu maintenant.
Palmyre, qui s’est réveillée légèrement, réclame :
— « Papa, tu peux faire le début de dodo ? »
Concept propre à Palmyre qui consiste à rester à côté d’elle le temps du début de l’endormissement. Généralement, ça peut aller de 3 à 20 minutes selon la fatigue.
4h45, le train repart enfin en klaxonnant : inutile chauffeur, on dort là ! Bon finalement, on plonge enfin dans le sommeil.
🌅Réveil en Turquie
7h00, Palmyre se réveille déjà. Jouer avec l’échelle en bois du wagon lui plaît plutôt pas mal. Ce qu’elle remarque rapidement par la fenêtre, ce sont les chiens errants.


Pour moi, ce sont les nombreux déchets au bord de la voie. D’ailleurs, le contrôleur balance sa bouteille en verre… Ça sert à quoi d’avoir apposé des autocollants “ne pas jeter” sur toutes les fenêtres. Côté déchets, je sais que ce n’est qu’un aperçu de ce qui nous attend plus loin en Asie. Ici, c’est encore l’Europe.
🕌Arrivée à Istanbul
Arrivés à Istanbul plutôt fatigués, mais riches de cette expérience. Combien de temps resterons-nous ? Nous ne savons pas, comme d’habitude. Et nous avons la liberté d’aller où l’on veut, quand on veut. C’est un luxe, et nous en sommes conscients.