Voyage à Turpan et alentour : monuments, villages et Gobi Desert Scenic Area

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Vous lisez un chapitre de notre voyage en famille, de l’Europe à l’Asie, en slow travel.
👉 Par ici pour commencer l’histoire depuis le début.

En prenant notre premier taxi à Turpan (pour aller à l’hôtel), nous découvrons que chaque taxi dispose à son bord d’une liste d’une quinzaine de sites touristiques où ils peuvent emmener les visiteurs, dans la ville ou en dehors (et le Gobi Desert Scenic Area en fait bien partie !). Les chemins sont tout tracés, pratique, vous avez remarqué depuis le début du voyage qu’on adore ça non ? Et surtout, ça évite de s’égarer 😊. Souvenez-vous du taxi de Yining qui ne pouvait pas nous emmener jusqu’à l’hôtel car hors de son circuit (retrouvez notre article Du Kazakhstan à la Chine : une arrivée mouvementée ici).

Découverte des « scenics areas » en Chine :

Avant d’arriver en Chine, nous n’avions jamais entendu parler des “scenics areas”. Très vite, nous avons compris que visiter la Chine, c’est en grande partie découvrir ces scenics areas qui sont des sites touristiques. Tout y est organisé : chemins balisés, sécurité, navettes internes… Souvent, ce sont les seuls endroits où les taxis peuvent déposer les touristes (d’où la fameuse liste d’une quinzaine de sites que l’on trouve dans tous les taxis à Turpan).

Pour explorer ailleurs, il faut disposer de son propre véhicule, comme on nous l’a expliqué sur place. Cela facilite grandement l’organisation du voyage, non ? 😄 Cependant tous les véhicules qui circulent sur route en Chine doivent avoir une plaque chinoise ! On ne risque pas de croiser un hollandais en van aménagé qui s’est perdu en cherchant le désert de Gobi…

Jiaohe : l’ancienne cité en ruine de Turpan

L’ancienne cité en ruine de Jiaohe est un incontournable qui se trouve à une dizaine de kilomètres du centre-ville de Turpan, l’une des mieux conservées au monde. Bien évidemment, elle figure sur la liste de visite des taxis.

En arrivant, nous découvrons qu’il y avait un système de navettes pour transporter les visiteurs d’un point à un autre du site. On hésite un peu parce que ce n’est pas notre délire. Mais, d’une part, on n’arrive pas à comprendre si c’est obligatoire ou pas, et d’autre part, on est en Chine, il va bien falloir qu’on s’adapte aux habitudes chinoises. Or, en Chine, les navettes sont de mise, partout. C’est parti pour notre premier bus touristique !

Il y a beaucoup d’infrastructures pour gérer de longues files d’attente, mais nous sommes en basse saison et il y a vraiment très peu de monde. On monte direct dans un bus et on se demande s’il va falloir attendre longtemps avant de pouvoir partir, c’est dire le peu de monde. Mais le bus part finalement assez rapidement.

En réalité, on est très contents d’avoir pris la navette : le système de navette est extrêmement bien rodé et le site est vaste. Les navettes nous trimballent d’arrêt en arrêt en faisant une boucle. Il y a juste à descendre, visiter et remonter. Impossible de se tromper !

1er arrêt : La vie d’antan à l’ancienne cité en ruine de Turpan

Petit musée qui reconstitue des scènes de vie et des milieux agricoles traditionnels de la région, suivi de quelques maisons d’habitation authentiques.

Au départ, personne ne nous a rien expliqué sur le déroulement de la visite. Du coup, on a peur que le bus ne nous attende pas pour repartir. On se dépêche donc un petit peu en tentant de suivre le rythme (rapide) des Chinois qui nous accompagnent dans la navette.

Mais en fait, les navettes se succèdent et on monte dans celle qu’on veut. Toute la visite peut donc se faire à son rythme : ouf !

Et surtout attention avec les enfants !

2ème arrêt : vallée et grottes


On s’arrête en pleine vallée désertique, où nous pouvons accéder aux flancs de certaines falaises, via des escaliers, pour visiter des grottes (photos interdites !). Les anciennes traces des vieilles marches sont encore visibles. Si on comprend bien, ce sont des grottes qui servaient de lieux de culte des villageois de l’ancienne cité de Turpan (bouddhistes ?). Au vu du peu de monde c’est très calme et paisible.

3ème arrêt : Les ruines de Jiaohe.

La dernière partie est l’apothéose. La vieille ville de Jiaohe est très grande et on peut librement flâner dans les allées pédestres qui ont été balisées pour les visites. On y passe un bon moment, tellement c’est beau, calme et impressionnant. Beaucoup de visiteurs semblent s’arrêter en cours de route ou jusqu’au point de vue principal. Par curiosité, nous sommes allés jusqu’au bout du circuit (déjà que nous avons pris le bus touristique, il ne faut pas abuser !). Il y a peu de monde sur le site, mais au bout nous étions carrément seuls. On vous laisse contempler les photos.


En sortant du site touristique, petit problème : comment rentrer à l’hôtel ? Le site est tellement désertique en cette saison, qu’on réalise qu’aucun taxi n’attend à la sortie pour ramener les gens en ville.
Après 10 minutes de réflexion sur le parking, nous décidons de marcher le long de la route en guettant un éventuel taxi. Par chance, un Français nous entend et nous propose de partager son taxi. Il est étudiant en Chine, du coup il a toutes les applications utiles pour commander (et payer) un taxi ! Grâce à lui, le retour a été ultra-facile.

Le système Karez et la culture de la vigne à Turpan

On souhaitait visiter la scenic area dédiée à la culture des vignes, appelée Grape Valley.

Mais lorsque nous nous sommes approchés en taxi, la zone était déserte.

On aurait pu s’en douter avant, en automne la végétation est quasi absente et les couleurs peu attrayantes.

Voilà ce que donne les vignes en début d’hiver.

Nous avons donc demandé au chauffeur de nous conduire vers un autre site touristique : la visite du système d’irrigation de la ville de Turpan, appelé le Karez. Le taxi était content qu’on lui lâche un bon billet pour faire le tour de la ville. D’ailleurs, on est tellement de bon clients qu’il nous attend à la sortie du musée.

Le système karez est un réseau d’irrigation traditionnel, composé de puits verticaux reliés par des canaux souterrains et non-souterrains. L’eau circule simplement grâce à la gravité et les canaux permettent de limiter son évaporation.

Nous avons fait la visite du musée qui explique le fonctionnement de ce système et qui permet d’accéder à une petite partie souterraine des canaux. Cette visite a été très intéressante pour comprendre comment les hommes ont réussi à construire une ville et à cultiver autant de surfaces dans le désert.

D’ailleurs, même en ville, ce système est visible : l’eau circule à travers un réseau de canaux impressionnants, et les habitants l’utilisent en permanence, que ce soit pour laver leur linge ou pour d’autres usages domestiques. Nous avons même vu quelqu’un en train de nettoyer des boyaux d’animaux.

Le Minaret d’Emin : La grande tour circulaire de Turpan :

Parmi les autres sites à visiter, il y a le Minaret d’Emin construit au 18ᵉ siècle, c’est le plus haut minaret de Chine : 44 mètres de hauteur et 14 mètres de diamètre à la base. Ce n’est pas très loin du centre de Turpan, parfait pour une petite visite l’après-midi.

Comme partout, on est quasiment seuls. On se balade dans le petit parc autour et dans la mosquée. En revanche, petite déception quand on s’aperçoit qu’on ne peut contempler le minaret que d’en bas. Je trouve de mauvais goût toutes ces fleurs plastiques. Le site n’a pas besoin de ça pour être agréable.

Impasse sur le parc folklorique de Karez à Turpan

À Turpan, il existe un parc folklorique à visiter. On n’a pas bien compris ce que c’était, et on ne pourra pas vous en dire plus, car on a fait demi-tour devant l’entrée quand on a vu que ça ressemblait trop à un parc d’attraction… Allez, on vous met quand même une petite photo prise juste à proximité de l’entrée du parc folklorique de Karez.

Du coup, nous nous sommes rabattus sur le marché local de Turpan, où l’on a particulièrement apprécié les nombreux stands de tapis, tous plus beaux les uns que les autres.

Logique, vu que c’est la Route de la Soie!

La montagne de feu, le village de Tuyoq et la Gobi Desert Scenic Area

Jusqu’au bout, on a hésité à pousser jusqu’a la Gobi Desert Scenic Area (zone touristique du désert de Gobi), parce que c’était l’un des sites touristiques les plus éloignés et donc l’un des plus chers en déplacement. Mais quand même, on aurait regretté de passer si près sans y aller.

On se renseigne auprès de notre hôtel pour savoir si c’est envisageable d’aller visiter la Gobi Desert Scenic Area sur une journée avec une enfant. Pour eux, c’est largement faisable : on peut même caser 2 sites touristiques sur la route avant d’y aller, en partant à 10h du matin. Un bon programme comme ils les aiment !

On est un peu dubitatifs, mais on y va, en décidant de partir à 9h pour être un peu plus large (la Gobi desert scenic area est quand même à environ 100 km de Turpan). Prix du taxi négocié pour la famille : 350 yuans soit 43 euros la journée complète ce qui équivaut à 3 nuit d’Hôtel confortable à Turpan quand même !

À 9h du matin, il fait encore nuit. À peine sortis de la ville, notre chauffeur de taxi s’arrête car il veut nous faire prendre un petit déjeuner dans une sorte de cantine locale. C’est prévenant de sa part, mais on a déjà déjeuné avant de partir. Pour lui faire plaisir, on achète trois œufs durs : tous les autres plats (chauds et épicés) ne nous donnent vraiment pas envie.

Sur la route de la Gobi Desert Scenic Area : la Montagne de Feu

En arrivant sur le parking de la « scenic area » de la Montagne de Feu, on réalise qu’il faut payer un ticket pour passer un portique et simplement se rendre au pied de la montagne (que l’on voit d’ailleurs très bien de la route). Ça nous refroidit.

Notre chauffeur appelle un de ses amis qui parle très bien anglais. Il nous confirme nos pensées : on peut très bien se passer de cette visite. J’en profite pour lui demander pourquoi il faut payer pour faire la Gobi Desert Scenic area. Il me répond gentiment qu’il y a une partie gratuite (heureusement vu l’immensité) , mais qu’il faut sa propre voiture, les taxis n’étant pas autorisés car hors circuit touristique. C’est noté !

On fait notre petite photo devant la porte d’entrée de la montagne de feu et on reprend la route.

Sur la route de la Gobi Desert Scenic Area : le village de Tuyoq

Le village de Tuyoq est un village traditionnel situé dans une vallée désertique aux falaises rouges entre la montagne de feu et la Gobi Desert Scenic Area. À l’entrée de la « scenic area » du village, il fait super froid : on se gèle les doigts rien qu’en sortant nos passeports (pour acheter le ticket ou encore rentrer dans la scenic area…) ou nos téléphones. On comprend pourquoi on est en basse saison, d’ailleurs les visiteurs sont peu nombreux.

On nous propose de payer une navette pour faire le kilomètre qui sépare la « scenic area » (zone d’entrée du site) du village de Tuyoq, mais pour 1 km, cette fois on va le faire à pied (ça nous réchauffera).
On arrive ensuite à l’entrée d’un village où la scenic area est très peu fréquentée, à part quelques vendeuses de tickets. On prend deux tickets sans le bus (il y a moins d’un kilomètre à faire).

Le village, isolé et niché dans un canyon, n’est plus très habité et on croise juste quelques vendeurs de snacks, d’objets artisanaux, et jeunes créatrices de contenus pour vendre des fruits secs. On se laisse tenter par un paquet de raisins secs vendus par un vieux monsieur : ils sont excellents, les meilleurs qu’on ait jamais mangé, et on en achète depuis Istanbul car Palmyre adore !

On se promène tranquillement dans les allées : le cadre, l’architecture, tout est beau dans ce village qui daterait du IIIᵉ siècle. Peut être même le plus village de notre voyage jusqu’ici.

La visite se poursuit en sortant du village et en longeant le fleuve jusqu’à un grand escalier en bois, qui mène à des grottes anciennes creusées dans la roche.

Un jeune surveillant nous guide jusqu’en haut où l’on profite d’un très beau point de vue. Cette partie de la visite est très impressionnante.

On retourne tranquillement au taxi mais Palmyre s’est endormie en fin de visite et a raté les toilettes. Forcément, elle se réveille et nous réclame les toilettes. Trop tard pour faire demi-tour, on commence à s’éloigner pour faire faire pipi à la petite (à 100 m du taxi), mais notre taxi nous fera vite remonter dans la voiture car il connaît des toilettes disponibles sur la route !

On mange dans la voiture et on continue notre route. Prochaine étape : le désert de Gobi ! On traverse quelques villages très ruraux. Le long de la route, des séchoirs à raisins à perte de vue, ainsi que des installations industrielles (pas de photo).

Le désert se dévoile enfin, mais la visite ne se fait pas comme ça. Il faut suivre l’itinéraire du taxi et la route principale. Pour pouvoir entrer sur le site, il faut encore parcourir plusieurs kilomètres afin de rejoindre la Gobi Desert Scenic Area.

Se balader dans la Gobi Desert Scenic Area

Dès qu’on arrive sur le parking de la Gobi Desert Scenic Area, on comprend direct, au vu de la taille des infrastructures, que ce site accueille beaucoup de monde. Et c’est vrai qu’il y a un peu plus de monde qu’ailleurs, mais on est quand même très très tranquille. En pleine saison par contre, ça doit être bondé.

On est accueillis à la sortie de la voiture par une personne travaillant dans le parc qui récupère nos passeports et nous guide aux caisses pour acheter les billets.
Évidemment, proportionnellement à l’immensité du site, on n’accède qu’à une toute petite partie du désert. La personne qui nous a accompagné pour acheter les billets nous conduit maintenant jusqu’à l’entrée du parc. Il faut à nouveau présenter ses passeports et ses billets d’entrée pour rentrer dans la Gobi Desert Scenic Area.

Certaines zones de loisirs ont été installées au pied des dunes un peu partout dans la zone touristique : balade en dromadaire, en 4×4, toboggans.

On est loin d’une balade en pleine nature comme on pourrait l’imaginer, mais on se promène tranquillement dans les dunes au grès de nos envies dans la zone balisée et sécurisée. On n’a pas eu envie de retourner les dunes à grand coup de 4X4, activité sensationnelle paraît-il, mais on a adoré descendre la dune en courant.

Au final, à défaut de voir de près le désert authentique et sauvage, on est tout de même content d’avoir visiter la Gobi Desert Scenic Area, ou plutôt le parc d’attraction du désert de Gobi (il n’y a aucune autre option de toute façon …).
Au retour le taxi nous attend, on est crevés et on a hâte de rentrer, mais le retour nous semble interminable : le taxi dépasse à peine les 60 km/h et les camions nous doublent. Au moins, nous sommes rentrés en toute sécurité.

Le chauffeur est bienveillant et appelle l’hôtel en arrivant pour indiquer que nous sommes bien revenus en ville. Chacun se fera son avis…

Je ne compte plus combien de fois nous avons dû montrer nos passeports pour visiter un village quasi inhabité et un “désert”. Nous les gardons à portée de main pour reprendre le train, qui devrait nous conduire dans une ville extrêmement bien conservée…

Nous pensions avoir vu le désert de Gobi (et vous les photos !), car le site que nous avons visité s’appelle officiellement Desert of Gobi ou Gobi Desert Scenic Area. On retrouve ce nom partout : à l’hôtel, dans les taxis et dans les sites touristiques.
Nous apprendrons bien plus tard que cette appellation est avant tout marketing. Le véritable désert de Gobi se situe en réalité à environ 1 000 km de Turpan (il suffit de regarder Google Maps pour s’en rendre compte).
En réalité, c’est le désert de Kumtag que nous avons visité, sans publicité mensongère ! Même si cette zone touristique ressemble davantage à un parc d’attractions, elle reste très jolie.
Le vrai désert de Gobi, ce sera pour une autre fois et au bon endroit !

Allez, une petite dernière du désert de Gobi, Heu de Kumtag ! On se croirait presque au milieu d’un site naturel et préservé …

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