Talgar : neige, chevaux et vie locale au Kazakhstan

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Vous lisez un chapitre de notre voyage en famille, de l’Europe à l’Asie, en slow travel.
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Arrivée à Talgar, petite ville aux portes des montagnes

Pour poursuivre notre traversée du Kazakhstan, nous décidons d’explorer les environs de la ville d’Almaty, ancienne capitale du Kazakhstan. Plus précisément, nous avons choisi de nous loger à Talgar, située à 40 km d’Almaty, au pied des montagnes.

Comme déjà indiqué dans un article précédent sur les trains au Kazakhstan (article Trajet Aktaou – Almaty en train que vous retrouvez en cliquant ici), notre arrivée à Talgar a été très très facile.

Quand l’hiver s’invite sans prévenir au Kazakhstan

Le premier jour à Talgar et jour de mon anniversaire, Surprise : on se réveille sous une sacrée couche de neige. On ne s’y attendait vraiment pas. J’avais imaginé un peu de neige fondue, puisque cela avait été annoncé par la météo, mais pas cet épais manteau neigeux, qui recouvre tout sur plusieurs centimètres.

Les températures chutent drastiquement en une nuit (proches de 0 °C en journée) et, pour la première fois depuis le début de notre voyage, on a froid. Je regarde nos chaussures de rando et les baskets de Palmyre, pas vraiment étanches, et là, pas le choix : il va falloir investir.

S’adapter au froid en voyage au kazaksthan

Je me souviens qu’avant de partir, plusieurs personnes m’avaient interrogé : « comment tu vas faire avec les différences de température dans les pays que tu vas traverser ? » Eh bien voilà, aujourd’hui, nous sommes face à ce problème, qui n’en est finalement pas un.

Par chance, notre hôtel est situé à quelques centaines de mètres du grand bazar de la ville.

A la petite boutique à coté de l’hotel, on nous dit qu’on trouvera tout ce qu’il nous faut là-bas : c’est parti pour notre journée shopping « à la kazakh » !

Pour quelques dizaines d’euros, on trouve tout ce qu’il faut pour profiter de la neige : chaussures étanches et fourrées pour tous, pantalons, moufles, collants.

Les jours suivants, après les chutes de neige, les températures descendent sous les -10 °C la nuit et ça ne dégèle pas en journée (environ -3 °C).

La ville est transformée : les trottoirs sont extrêmement glissants et on croise beaucoup de personnes qui chutent dans les rues. C’est donc très difficile de circuler à pied.

Les voitures ont l’air habituées, mais les déneigeuses ne passent que sur les routes principales ! On n’est pas mécontents d’avoir investi dans de nouvelles chaussures. On a beaucoup hésité à acheter des manteaux d’hiver, mais on avait peur qu’ils nous encombrent plus tard. On a fait sans. On enfile nos polaires et nos K-ways : c’est un peu juste, mais ça passe. Pour Palmyre, depuis la Turquie, elle a deux manteaux, qu’on superpose. Notre famille d’accueil Turque nous en avait offert un (retrouver ici notre article Turquie en famille : rencontre avec une famille turque chaleureuse).

À la découverte des gorges de Talgar

Maintenant qu’on a des chaussures adaptées à la neige, on est prêts à explorer les environs. On décide d’aller voir les Gorges de Talgar, situées dans le par national « Ile Alatau ». En tout cas, c’est notre projet de départ.

Un taxi nous dépose devant l’entrée du parc, où le gardien semble très surpris de nous voir.

On lui donne un petit billet pour qu’il nous laisse entrer, sans trop savoir si c’est pour le parc ou pour sa poche.

On avance quelques centaines de mètres à pied avant de se retrouver devant un second portail, fermé, avec un gardien. Il nous explique que le chemin pour accéder aux gorges est fermé (à cause de la neige surement). Du coup, je lui demande pourquoi le premier gardien nous a fait payer sans rien nous dire. Je ne vous dirai pas sa réponse, car on ne l’a pas comprise.

Par contre, ce second gardien nous explique qu’on peut revenir un peu sur nos pas et suivre une route non déneigée, qui monte vers on ne sait où. Vu qu’on n’a plus que ça à faire, on suit son conseil : c’est finalement plutôt calme et très joli. Mais on ne traîne pas, car il fait froid.

Nos téléphones ne captent pas de réseau. Impossible d’utiliser une application pour trouver un chauffeur afin de rentrer en ville. On commence à marcher en bord de route, mais heureusement, une voiture nous prend en stop. En fait, ce n’est pas vraiment du stop, puisque tout le monde se déplace comme ça ici. C’est un peu un système hybride entre voiture partagée et stop, et bien souvent, il y a une petite contribution à payer pour le trajet effectué. Mais on vous expliquera le stop au Kazakhstan en détail dans un autre article.

Ak Bulak, la station de ski kazakhe

Un autre jour, on décide de se rendre à Ak Bulak, une station de ski moyenne du pays, située à 20 minutes de Talgar. On imagine pouvoir y louer une luge ou prendre une boisson chaude le temps d’un après-midi.

Le chauffeur de taxi qui nous y emmène n’est pas jeune, et sa voiture non plus : une Golf qui affiche 600 000 km au compteur ! Pour éviter nos déboires de la veille pour le retour, on lui propose directement de revenir nous chercher dans 4 heures (à 17 h), ce qu’il nous confirme.

Mais une fois notre taxi reparti et après avoir fait quelques pas dans la station, on se rend compte que c’est beaucoup plus petit que notre petite station du Lioran dans le Cantal (10 km de piste ici contre 60 au liorant…), on se rend vite compte que tout est encore fermé et que la station est complètement déserte : pas de luge, pas de thé, pas d’abri… et ça caille !

Heureusement, il y a une toute petite boutique ouverte qui nous permet d’acheter de quoi grignoter. On passera l’après-midi à flâner dans la station et à faire un bonhomme de neige.

Évidemment, on n’a pas pensé à prendre le numéro de téléphone de notre taxi pour lui demander de revenir plus tôt mais finalement ça passe vite.

Faire une balade à cheval au Kazakhstan

Venir au Kazakhstan sans monter à cheval, c’est un peu comme venir pour la première fois à Paris sans voir la tour Eiffel. Après quelques messages sur WhatsApp avec un centre équestre situé à moins de 10 minutes de l’hôtel, on arrive à programmer une balade pour le lendemain à 9 h.

Arrivés au centre équestre, un Kazakh, qui semble être le gérant, nous accueille. Il n’y a que nous. Je lui rappelle que nous sommes débutants.

Il propose que Palmyre monte avec un accompagnateur, ce qu’on valide avec soulagement. En revanche, quand je lui montre ma tête pour réclamer une bombe, il rigole et fait non de la tête.

Personnellement, je n’ai fait qu’un an d’équitation quand j’avais 8 ans et je commence à me demander si cette balade était une bonne idée. Sophie, qui en a fait trois ans au lycée, n’est pas rassurée non plus.

Après ces quelques phrases, il prépare trois chevaux, montre à Sophie trois petits gestes pour manier les rênes (même pas à moi) et nous voilà partis : Sophie devant, moi en seconde position et notre accompagnateur avec Palmyre à l’arrière. On aurait préféré qu’il passe devant, parce que clairement, on n’est pas super à l’aise avec nos bidets, même s’ils ont l’air de connaître le chemin. Certaines descentes sont quand même vraiment raides.

Oubliez aussi le galop dans la neige : si on avait eu le niveau, on aurait pu, mais on préfère se balader tranquillement, surtout sans bombes et sans étriers bien réglés. Mis à part tout ça, c’était magique.

On fait une petite pause à mi-chemin. Petit moment de stress pour nous, car le Kazakh laisse Palmyre seule sur son grand cheval une bonne dizaine de minutes pour téléphoner un peu plus loin, sans même nous regarder. Nous n’étions pas rassurés du tout. Mais Palmyre, insouciante de nos inquiétudes, était ravie et trop fière d’être seule sur son grand cheval, comme Mulan.

Sur le retour, j’ai eu une grosse frayeur en manquant de chuter. D’après moi, mon cheval s’est emballé brusquement ; d’après Sophie, il a juste légèrement accéléré pour rattraper son copain de devant. J’avais beau dire « slowly, slowly », notre accompagnateur se contentait de rigoler.

Bref, on était contents de notre balade, mais aussi contents qu’elle se termine.

Malgré cette frayeur, le manque d’équipement, de préparation et d’échanges, faire du cheval au Kazakhstan reste une très belle expérience qu’on ne regrette absolument pas. On en garde un souvenir mémorable, le bon comme le moins bon.

Et pour couronner le tout, comme au Kazakhstan, l’arc n’est jamais bien loin du cheval, on a eu la chance de s’initier au tir à l’arc en début d’après-midi.

Une rencontre inattendue au centre commercial de Talgar

Proche du bazar de la ville, et donc de notre hôtel, on avait repéré un petit restaurant dans le centre commercial de Talgar.

Le hasard fait bien les choses : ce restaurant était juste à côté d’une aire de jeux intérieure payante.

Évidemment, en attendant nos plats, on cède et on paye une petite session de 30 minutes pour Palmyre, d’autant plus qu’avec la neige et le froid, impossible de jouer à l’extérieur.

Elle y joue avec un petit garçon dont les parents attendent, comme nous, sur le côté avec un bébé dans les bras. Je commence à échanger quelques mots avec le papa qui, surprise, a des notions d’anglais. Il a notre âge, est routier et a traversé la France de nombreuses fois. Il a aussi travaillé plusieurs années en Lituanie. Aujourd’hui, il est revenu vivre à Talgar et fait beaucoup d’allers-retours entre la Chine et l’Europe. Il a du mal à voir ses enfants grandir à cause de ce travail prenant.

On sympathise très rapidement. Le courant passe si bien qu’il m’appelle « mon frère ». Il est surpris de nous voir ici, car selon lui les touristes ne viennent pas à Talgar ; ce serait même la ville qui enregistrerait le plus de criminalité du pays. Je n’ai pourtant jamais trouvé d’article qui le confirme, et nous avons même oublié les clés sur la serrure de l’appartement toute une journée, sans qu’il ne se passe quoi que ce soit.

On aurait bien mangé ensemble, mais nos plats sont déjà commandés et le restaurant va bientôt fermer. On se souhaite une bonne nuit et on se dit à demain. Il nous propose de passer la matinée suivante ensemble avant son départ pour la Chine vers 13 h. Il a loué une voiture spécialement pour l’occasion, ayant vendu la sienne le jour même.

Explorer les environs de Talgar avec des locaux

J’avais dans l’idée d’aller voir le lac d’Issyk, très réputé pour ses eaux turquoise. Il me propose donc de nous y emmener.

Le lendemain, comme convenu, il passe nous prendre à l’hôtel avec sa voiture de location, accompagné de sa femme et de leur bébé. Leur fils aîné est à la maternelle, donc Palmyre ne reverra pas son copain de la veille.

Le lac sera pour une autre fois : la route du parc est fermée à cause de la neige, comme celle des gorges quelques jours plus tôt. Il nous propose alors un autre petit circuit : tour de la ville, barrage de Talgaret retour à la station de ski d’Ak Bulak. Nous y sommes déjà allés, mais ça ne nous dérange pas d’y retourner.

Le barrage anti-coulées de boue sert à protéger la ville. On comprend que cet édifice est très important pour la population, notamment en cas de fortes précipitations ou lors de la fonte des glaciers. En amont, il n’existe aucun dispositif de protection : le secteur est très sauvage.
Avez-vous remarqué le nuage de pollution au-dessus de la ville (photo de droite). Les nombreuses vieilles voitures et l’utilisation du charbon accentuent fortement ce phénomène au Kazakhstan, que l’on remarquera très souvent au cours de notre séjour.

Sur le chemin du retour, il s’arrête dans une petite ferme au bord de la route pour nous faire goûter du lait de jument fermenté, une spécialité locale.

Il faut aimer : c’est très acide et assez difficile à boire quand on n’est pas habitués. Il en achète deux bouteilles, une grande et une petite. Il veut nous donner la grande, mais on insiste pour prendre la petite. Vous l’aurez compris, on n’a pas aimé du tout.

Il serait dommage de gaspiller 1,5 litre de ce breuvage. Il paraît même que cette boisson aurait soigné son oncle de la tuberculose. Attention toutefois à ne pas trop en boire : avec la fermentation, on peut devenir ivre, même s’il n’y a pas d’alcool.

Un peu plus loin, il nous montre l’emplacement d’une piscine extérieure chauffée et nous explique qu’elle est ouverte toute l’année. Sans lui, jamais nous n’aurions découvert cet endroit.

On s’y rend dès le lendemain après-midi. On a la piscine rien que pour nous. Il fait 3 °C à l’extérieur, mais l’eau est chauffée à presque 40 °C. Elle est tellement chaude qu’on est obligés de sortir régulièrement. Un moment très ressourçant.

Une nouvelle fois, cette rencontre montre que le Kazakhstan et sa population sont profondément accueillants. Un grand merci !

Talgar, fin d’étape et nouvelles hésitations

Talgar touche à sa fin. À ce moment-là du voyage, on ne sait plus trop où aller ni quelle direction prendre pour continuer à travers le pays et ensuite passer la frontière chinoise.

Nous recomptons plusieurs fois notre quota de 30 jours sans visa : 30 jours au Kazakhstan, c’est presque trop court ! Et en plus, les jours d’entrée et de sortie sont comptabilisés.

Des trains partent d’Almaty pour rejoindre la gare de Saryozek, située plus au nord, vers le parc d’Altyn Emel qu’on appercoit sur la carte (il nous reste bien quelques jours).

La veille de notre départ, nous nous apprêtons à réserver un train quand mon « frère kazakh » m’indique par message qu’il connaît quelqu’un qui travaille au parc.

Il nous déconseille d’aller à Saryozek en train et nous explique qu’il vaut mieux séjourner dans un autre village pour visiter le parc. Il nous demande un peu de temps pour nous donner plus d’informations.

On décide de lui faire confiance et de laisser tomber notre projet de train en attendant le lendemain. Au pire, on se dit qu’on dormira une nuit de plus à Talgar.

S’orienter et se loger à prix locaux au Kazakhstan

Petit aparté sur une application que nous avons découverte juste avant d’arriver à Talgar et que nous utilisons beaucoup, voire exclusivement, pour nous déplacer, localiser les points d’intérêt et nos logements : YANDEX MAPS, qui est ni plus ni moins que le Google Maps kazakh, mais en mieux fourni. Pour faire simple, sur Google Maps, les zones sont quasi vides, alors que sur Yandex, tout s’affiche : restaurants, hôtels, magasins… Et ça nous change la vie de trouver facilement ce qu’on cherche.

Pour trouver un logement, on utilise Yandex (pour les localiser) et WhatsApp (pour connaître les tarifs et les disponibilités). Car sur internet ou sur des plateformes spécialisées, non seulement les options sont moins nombreuses, mais elles sont aussi beaucoup plus chères. C’est vraiment pour les touristes ! Pour des hébergements au prix local, il faut utiliser WhatsApp impérativement : certes, ça prend plus de temps d’envoyer des demandes, mais les hôtes répondent très rapidement. Et on n’est pas obligé de réserver à l’avance. On peut juste se renseigner et ensuite se pointer à l’hôtel pour voir la chambre. On l’a fait plusieurs fois et on a toujours trouvé de la place. Envoyer quelques messages permet aussi d’avoir une idée des prix dans un secteur.

Pour notre séjour à Talgar, on s’était donc renseignés sur les prix à l’avance via WhatsApp, mais on avait décidé d’attendre de voir l’hôtel et la chambre pour réserver. Finalement, une fois arrivés sur place, on décide de prendre une chambre plus grande que celle prévue initialement car, pour 3 € de plus, on a une petite cuisine, une baignoire à la place d’une douche et un lit supplémentaire pour Palmyre. Le chauffage au sol est tellement élevé qu’on est obligés de laisser les fenêtres ouvertes en permanence… quel gaspillage !

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3 Commentaires
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Mauricette !
Mauricette !
7 mois il y a

Des lectures très intéressantes, mais par moment on s’inquiète un peu à posteriori …!…Bref –

Aubert
Aubert
8 mois il y a

Ça fait du bien de vous retrouver,cela faisait un moment !!
Pierrot tu fais un piètre cavalier quant à Palmyre, même pas peur !!

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