Traverser le Vietnam en train de nuit : Hanoï – Ho Chi Minh – Delta du Mékong

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Vous lisez un chapitre de notre voyage en famille, de l’Europe à l’Asie, en slow travel.
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Trajet total en train : 1730 km pour une durée d’environ 34 Heures.

Nous nous apprêtons à traverser le Vietnam en train de nuit et voyager à bord du Réunification Express, au cœur du Vietnam, entre Hanoï et Ho Chi Minh. Ce nom provient de la réunification du Vietnam en 1975, lorsque le Nord et le Sud, longtemps séparés par la guerre, sont redevenus un seul pays.

Cette ligne de chemin de fer a été construite initialement par les Français à la fin du XIXᵉ siècle, afin de relier le nord et le sud de l’Indochine, notamment pour le commerce. Elle est aujourd’hui considérée comme l’un des plus beaux parcours de train au monde, je suis tombé sur cette info dans mon fil d’actualité, bizzare 🙂 (même n°1 en 2025 pour certains guides touristiques).

Fin du road trip moto et départ en train de nuit

En terminant ce 1er road trip moto (le début du road trip c’est par ici), on commence à faire le point sur les kilomètres parcourus depuis la France, quasiment sans avion, et ça nous semble un peu fou d’être arrivés jusque-là, au Vietnam, en Asie du Sud-Est.

Et pourtant, on l’a fait. On en est très fiers, même si, au Vietnam, on se retrouve entourés d’énormément de touristes, et notamment de Français. Pour nous, c’est un peu comme si nous avions gravi une montagne à pied (avec toutes les difficultés que cela implique), pour se rendre compte, une fois arrivés au sommet, qu’un téléphérique arrivait au même endroit en déversant des hordes de touristes. En l’espèce, la différence, c’est qu’on savait que notre choix de venir sans avion était atypique et que l’Asie du Sud-Est était touristique.

Peu importe, on ne regrette rien. Ni la lenteur, ni les détours. On vit ce qu’on voulait vivre dans le voyage : le chemin !

Plus concrètement, il nous reste encore à relier Duong Lam à Hanoï en moto pour pouvoir ensuite prendre le train, mais la distance est faible et cela ne prend qu’une heure.

En revanche, la circulation pour rentrer dans la ville est délirante en ce début d’après-midi. Il y a même une conductrice de moto qui chute quasiment devant nous. Une personne s’arrête pour la relever en urgence et la replacer sur sa moto. Avec ce monde, le risque de se faire écraser est réel !

Nous arrivons sains et saufs à la gare de train d’Hanoï que nous n’avions pas encore eu l’occasion de voir. Et là, c’est la surprise.

Train de nuit Hanoi – Hué

Distance : 690 km de train – Durée : 12H30 environ
Départ : 20H50 – Arrivée : 09H35 J+1

Acheter nos billets de train à la gare de Hanoï

Déjà, on cherche à garer notre moto quelques instants, juste le temps d’acheter des billets. Mais on ne trouve pas de parking, jusqu’à ce qu’un agent nous fasse signe d’avancer avec notre moto, pratiquement jusqu’aux quais.

Nous qui arrivons de Chine, où les contrôles à l’entrée des gares sont très stricts et où l’accès aux quais et aux trains est impossible sans réservation, nous sommes un peu choqués de cette différence extrême. On en rigole. Un peu matrixés par nos expériences chinoises, j’hésite même à suivre les instructions de l’agent, me demandant s’il a bien compris ce que nous cherchions.

Mais oui ! À Hanoï, le parking pour les motos longe les quais des trains, sans aucune barrière. En quelques minutes, on observe même plusieurs motos rouler sur le quai piéton.

Au final, nous avons pu acheter nos billets en train couchette pour le soir même, très facilement. Il restait pas mal de places mais uniquement en « couchettes dures – 6 places ».

Choisir sa couchette dans un train de nuit vietnamien

Et oui, dans les trains de nuit vietnamiens, on a le choix entre « couchette molle dans un compartiment à 4 lits », ou « couchette dure dans un compartiment à 6 lits ». Il y a quasiment 10 € de différence par place entre ces deux catégories, alors que les places sont à 35 € jusque Hué.

Si on réserve en ligne, on peut même choisir son wagon, mais là on est en gare pour le soir même, on a pris les places qui restaient : les couchettes dures !

Pas de regret, vu nos précédentes expériences des trains de nuit et la différence de prix, c’est ce qu’on aurait choisi.

Ensuite, il faut aussi choisir entre les banquettes du bas, du milieu (pour les compartiments 6 places) et du haut. Encore une fois, par expérience, on sait désormais que celles du bas sont souvent plus hautes (souvent ce sont les seules où l’on tient assis) mais aussi plus chères. À l’inverse, celles tout en haut sont les plus étroites en hauteur et sont moins chères.

Évidemment, il n’y a plus de place pour les banquettes du bas, du coup on en prend une au milieu (pour moi et Palmyre) et une tout en haut (pour Sophie) dans le même compartiment.

Notre train part à 20h50. Plus qu’à passer une après-midi tranquille dans Hanoï, avant de pouvoir tester les trains de nuit vietnamiens : on a hâte !

L’avantage de passer une après-midi à Hanoï avant d’embarquer, c’est qu’on peut rendre tranquillement la moto à notre loueur, sans stress !

D’ailleurs, ce dernier avait anticipé notre retour en offrant un joli porte-clé en forme de cheval à Palmyre. L’année 2026 étant l’année du cheval dans le zodiaque chinois, aussi célébré au Vietnam.

Avant de partir, on en profite pour alléger nos sacs et on est allé donner nos chaussures d’hiver achetées au Kazakhstan à un cireur de chaussures.

On n’osait pas trop, mais il est ravi et nous aussi.

Le train de nuit vietnamien : une belle surprise

Nous arrivons à la gare un peu avant 20h00. À 20h30, nous pouvons déjà monter dans le train. Ici, le billet suffit pour accéder au quai. Nous découvrons notre compartiment 6 places, dans lequel nous sommes seuls… pour l’instant. L’avantage, c’est qu’on a de la place pour caser nos sacs.

Le train est vraiment pas mal. Ça m’étonne car c’est vrai qu’en l’ayant vu frôler les façades des immeubles à Hanoi street, je m’étais fait des idées sur ce train, imaginant un train plus vétuste. Mais il est nickel ! Le seul point négatif de ce train, c’est qu’il y a aussi des zones fumeurs au milieu des wagons. Mais il n’y a pas autant de fumée que dans les trains en Chine.

Juste avant le départ du train, je me rends sur la plateforme avec Palmyre pour observer la fermeture des portes du train. Elle aura même l’autorisation de tenir la lanterne de la contrôleuse, s’illuminant de plusieurs couleurs. Trop la classe.

Rapidement après le départ, la contrôleuse vient donner un petit papier plastifié avec son numéro de téléphone au cas où nous aurions besoin d’elle pendant le trajet.

On prend le temps de jouer un peu et de se préparer à aller dormir quand, à 22h30, un couple de quinquagénaires rentre dans la cabine, hyper chargés. Ils occupent les couchettes du bas. Ils ont l’air très sympas, mais Monsieur va laisser sa lumière allumée toute la nuit, ce qui nous a légèrement agacés ! Même Palmyre n’a pas besoin de veilleuse, et elle dort comme un bébé.

Le train roule relativement lentement mais, contrairement à d’autres, il est globalement silencieux et ne fait pas trop d’à-coups. La moto de ces derniers jours nous a quand même bien épuisés et on passe tous une nuit correcte jusqu’à notre arrivée à Hué. En plus on peux profiter des paysages avant notre arrivée.

Retrouvez notre article sur Hué : cité impériale lieux abandonnes et mer

Distance : 1040 km de train – Durée : 21H30 environ
Départ : 19H58 – Arrivée : 17H35 J+1

Après ces quelques jours à Hué, on reprend de nouveau le train pour se rendre à Ho Chi Minh, la capitale du Vietnam (anciennement Saïgon). Mais ce ne sera qu’une escale de quelques heures, car nous voulons ensuite pousser jusqu’à Châu Đốc, peut-être notre dernière ville étape avant d’aller au Cambodge.

Comme à Hanoï, j’ai préféré me rendre directement en moto à la gare d’Hué pour acheter nos billets de train, qui partira à 19h58 le lendemain.

À 19h le jour J, juste après avoir mangé (comme des poules, oui !), on prend un taxi dans la rue pour nous amener à la gare.

Il faut montrer son billet de train pour accéder au quai. En attendant le train, on remarque avec une légère satisfaction que beaucoup de monde dépasse la ligne jaune de sécurité (y compris nous d’ailleurs). Là, on n’est clairement pas en Chine ou cette scène n’aurait simplement pas été possible !

Le train arrive, tout le monde s’installe. Encore une fois, nous arrivons les premiers dans notre cabine de 6, nous avons une banquette au milieu et une en haut. Le train est identique à celui qu’on avait pris pour faire Hanoi – Hué, avec en bonus, des décorations de Noel sur les vitres, à la grande joie de Palmyre.

Rapidement, deux jeunes s’installent sur les couchettes du bas (ils offriront des châtaignes à Palmyre). Il n’y a pas d’autres enfants dans le train et Palmyre s’endort rapidement.

Une deuxième nuit dans le train à travers le Vietnam

À 23h, le train s’arrête en gare de Da Nang, une ville de bord de mer très populaire pour ses belles plages. Les jeunes descendent et sont remplacés par 3 Italiens (il me semble), un peu bruyants pour s’installer, mais heureusement ça ne dure pas et Palmyre dort toujours profondément.

Le train avance tranquillement. La vitesse est affichée dans le train, il dépasse rarement les 60 km/h. On s’arrête régulièrement. Ça nous fait un peu penser au train Bucarest–Istanbul, mais en plus confortable. En même temps, les rails vietnamiens datent de l’époque coloniale et les passages à niveau aussi (ils sont encore tous manuels).

À 1h30 du matin, le dernier passager de notre compartiment s’installe à son tour, plutôt discrètement puisque je suis le seul à me réveiller.

Au final, à part un arrêt brutal en début de soirée, nous avons passé une très bonne nuit : la meilleure de tous nos trajets en train de nuit depuis Paris. À croire qu’on s’y habitue et Palmyre adore ça.

Le lendemain matin, on émerge doucement : pas de pression car le train n’arrive qu’en fin d’après-midi.

Mais une belle surprise nous attend au réveil puisqu’on découvre que le train longe la mer.

C’est très beau, difficile a photographier dans le train mais on comprend pourquoi cette traversé est l’une des plus belle du monde.

Les Italiens avec qui nous voyageons ont des sacs remplis de cadeaux : des éventails, des chapeaux traditionnels vietnamiens, des magnets… des vrais touristes !

Plus on avance dans le sud, plus on constate que les paysages verdissent. On remarque même des champs remplis de poteaux avec des ampoules au sommet. On apprend que ces lampes servent à forcer la floraison des fruits du dragon (Pitaya) pour obtenir des rendements même hors saison. On n’a pas vu les champs allumés, mais on imagine que la nuit, c’est plus éclairé que des villes en pleine campagne.

On croise aussi beaucoup de scieries, car c’est ici que la plupart du bois du pays est transformé. Enfin, on est toujours au Vietnam et malheureusement on observe aussi beaucoup de déchets le long des voies du chemin de fer et beaucoup de traces de brûlis.

L’avantage de passer une petite journée dans le train, c’est qu’on peut planifier la suite du voyage, car on ne sait toujours pas trop où on va. En voyage, on pense avoir du temps, mais finalement l’emploi du temps est vite chargé et planifier le voyage se fait quasiment toujours au jour le jour.

Nous voulons voir un bout du delta du Mékong, mais nous souhaitons éviter les grandes villes. Lors de notre séjour à Ninh Binh, nous avions eu l’occasion d’échanger avec un compatriote qui venait du sud du Vietnam. Il nous avait conseillé d’aller à Châu Đốc, petite ville paisible au bord du Mékong. Pas loin, il y a aussi la forêt de Trà Sư, l’un des endroits qu’il a préféré au Vietnam.

Du coup, c’est parti pour Châu Đốc, pour finir notre séjour au Vietnam.

Palmyre se fait un copain pour la fin du voyage (finalement il y a bien quelques enfants dans le train), et ça passe vite pour tout le monde.

Arrivée en train sous la pollution d’Ho Chi Minh (Saigon)

Peu avant l’arrivée, beaucoup de voyageurs mettent leurs masques. À travers les vitres, on ne voit plus le soleil qui est masqué par un énorme voile de pollution, alors que les déchets plastiques, eux, sont toujours bien présents. Ça ne donne pas du tout envie de sortir.

Mais nous sommes arrivés à Ho Chi Minh et il faut bien descendre du train : il fait extrêmement chaud et, comme on l’imaginait, l’air est peu respirable.

Nous n’avons pas du tout envie de passer la nuit dans cette ville. Alors pourquoi ne pas continuer directement jusqu’à Châu Đốc ? On se dit qu’avec un peu de chance, il est possible d’attraper un bus ce soir.

Bus de nuit Ho Chi Minh (Saigon) – Châu Đốc

Distance : 220 km de train – Durée : 06H00 environ
Départ : 00 H00 – Arrivée : 06H00 J+1

On cherche un taxi pour nous amener à la gare de bus desservant Châu Đốc. Mais la capitale est immense, du coup on passe un peu de temps à discuter avec le chauffeur pour être sûrs d’arriver à la bonne gare routière. Non seulement ils nous amènent à la bonne gare routière, mais en plus ils nous déposent juste devant le guichet pour Châu Đốc.

Et c’est tant mieux, car la gare routière est très grande et dessert de nombreuses destinations avec plusieurs zones de départ et d’arrivée. Pour Châu Đốc, il y a un départ toutes les heures et le trajet dure de 6 à 7 heures. On choisit le bus de nuit qui part à minuit pour ne pas arriver trop tôt à Châu Đốc.

On se trouve un super rooftop, juste en face de la gare routière, pour manger et patienter.

À minuit, on monte dans le bus. C’est notre deuxième bus de nuit depuis le voyage, mais il est très différent de celui de Sapa car, à la place de petits matelas par place, ce sont des sièges inclinés posés à même le sol. Donc on a les jambes allongées, mais le buste pas complètement, et surtout il n’y a pas de place pour caser Palmyre à côté. Comme on ne lui a pas pris de siège, elle va falloir qu’elle dorme sur moi. Autant vous dire que j’ai passé une nuit compliquée ! Après la meilleure nuit dans le train, c’est la pire nuit de transport que je viens de vivre.

Comme prévu, nous arrivons à Châu Đốc à 6 heures du matin : dur, dur le réveil !

Fin de notre traversée du Vietnam en slow travel

Nous n’avons pas vu la véritable baie d’Halong et ses hordes de touristes, ni Sapa, noyée dans le brouillard.

Nos expériences dans le nord du Vietnam nous ont menés vers des endroits un peu moins fréquentés, tandis que le centre du pays, notamment Hué, certes touristique, nous a réservé de très belles surprises.

Que nous réserve le Sud du Vietnam ? Nous allons le savoir très bientôt.

En attendant, on arrive exténués de ces derniers jours de trajet, et surtout de la dernière partie en bus. A Châu Đốc, même à 6h du matin, la chaleur est écrasante ; après la fraîcheur du nord, nous suffoquons. Tout ce que nous espérons, c’est trouver un endroit où dormir et profiter tranquillement de la ville et de ses environs… pour combien de temps ? Comme d’habitude, nous n’en savons rien, nous ne savons même pas où nous dormons ce soir. A Châu Đốc c’est sur !

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