La boucle de Thakhek à moto en famille

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Vous lisez un chapitre de notre voyage en famille, de l’Europe à l’Asie, en slow travel.
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Le Laos propose deux belles boucles à faire en moto : la Paksé Loop et la Thakhek Loop. La première s’est tellement bien passée et nous a tellement plu que nous sommes hyper partants pour faire la deuxième.

La Thakhek Loop est une boucle à parcourir en moto d’environ 450 kilomètres, qui part de la ville de Thakhek, bien évidemment !

Avec tous les kilomètres que nous avons déjà parcourus à moto avec Palmyre, et forts de l’expérience de la boucle de Paksé, cette fois-ci, nous n’avons aucun doute sur la faisabilité de cet itinéraire.

Non seulement les paysages sont réputés pour être spectaculaires, mais le point d’orgue de cette boucle, c’est la grotte de Kong Lor : une immense cavité que l’on traverse en bateau.

Les voyageurs y consacrent généralement 3, voire 4 jours. De notre côté, nous prévoyons plutôt 5 jours pour être tranquilles et nous offrir une journée de pause quelque part sur le circuit.

Nous avons donc réalisé la Thakhek Loop en 5 jours avec notre fille de 2 ans, en privilégiant un rythme tranquille et de nombreuses pauses, et franchement, c’était top !

Les préparatifs : location de la moto et choix de l’itinéraire

Pour la location de la moto, c’est super simple car notre GuestHouse en loue. Du coup, on a même le luxe de pouvoir choisir notre modèle (bon, il n’y avait pas un choix de dingue, mais quand même). Avec Marion, on opte pour les anciens modèles : une Honda Click pour Marion et un scooter Yamaha Filano pour nous 3. L’avantage des anciens modèles, c’est qu’ils sont moins chers et, en plus, on a moins peur de les abîmer (ils sont déjà rayés de partout, alors une rayure de plus ou de moins…). La Yamaha Filano ressemble à la Lead qu’on avait louée au Vietnam, du coup on est trop contents.

Cette fois-ci (et contrairement à la boucle de Paksé), pas de réunion générale avant le départ (ouf !). Forts de notre expérience de la boucle de Paksé, on boucle rapidement nos 3 petits sacs et laissons nos gros sacs chez notre GuestHouse. La seule différence, c’est que cette fois-ci, on embarque nos deux moustiquaires (pour Paksé, on n’en avait pris qu’une et on l’avait regretté : beaucoup de GuestHouses ne sont pas correctement équipées et les moustiques sont plutôt voraces).

Au final, la seule vraie question à trancher, c’est le sens de la boucle : horaire ou anti-horaire ? On choisit d’aller vers l’Est afin de garder la Kong Lor Cave pour la fin.

Jour 1 : Grotte Tham Phá Mya et cascade de Song Sa

On part en moto vers 9 h 30. Comme d’habitude, on fait le plein d’essence, on tire de l’argent et c’est parti ! On roule sur une grande route bien pourrie avec énormément de camions. Toutes les quelques dizaines de mètres, il faut traverser des zones où la route est endommagée. Évidemment, cela fait une poussière terrible. On préférerait rouler sur une piste que de faire de gros ralentissements en permanence. Avec cette chaleur épouvantable, ce début de boucle n’est pas très agréable.

Très vite, le premier « point d’intérêt » de la boucle se présente : la grotte de Xieng Liap.

Mais une fois garés sur le parking, on croise des Français qui repartent du site et qui nous déconseillent d’y aller : la grotte serait inaccessible à cause du niveau d’eau élevé et on ne paie que pour s’arrêter à l’entrée. À raison ou pas, on a préféré garder nos sous et on n’y est finalement pas allés. Ce qui a fait pencher la balance, c’est la photo qu’ils nous ont montrée des lieux : ça n’avait vraiment pas l’air terrible.

Avant de repartir, on profite quand même d’un petit pont suspendu pour faire les andouilles dessous, et hop, on remonte sur nos motos !

On roule jusqu’à une 2e grotte : Grotte Tham Phá Mya Cave. Au moins celle-ci, on y accède gratuitement. En même temps, elle semble carrément abandonnée : pas de parking, des installations à l’abandon.

En reprenant la route, on trouve facilement un restaurant avant d’atteindre une cascade : la Song Sa Waterfall. Le site est pas mal fréquenté par les touristes car il offre de nombreux petits spots de baignade en aval de la cascade. À notre arrivée, un groupe de jeunes Israéliens semble faire la fête (malheureusement, ils partiront en laissant toutes leurs cannettes de bière : sans commentaire…). La baignade est sympa mais le site peut vite être saturé. On arrive quand même à se trouver un coin sympa pour faire trempette : sans Palmyre qui trouve l’eau trop froide.

On termine cette première journée en roulant jusqu’au village de Nam Theun où, cette fois-ci, on a réservé une Homestay pour la nuit. Tous ceux qui dorment ici semblent faire la boucle de Thakhek et on est loin d’être les seuls. Résultat, on attendra littéralement plusieurs heures avant que notre repas du soir nous soit servi. Ça nous tue un peu la soirée, tant pis.

Jour 2 : Dragon Cave et baignade à la Cool Pool

On a un peu du mal à se lever et nous sommes quasiment les derniers de la Guest House sur le départ à 11 h. Mais on a le temps, cette journée n’est pas une grosse étape du parcours.

Les paysages traversés sont très atypiques car il y a de grandes zones en eau avec des arbres morts immergés, dues à un réservoir hydroélectrique. Puis, nous croisons plusieurs statues et sculptures avec des offrandes en bord de route, et surtout des crottes d’éléphants, qui sont fraîches de la nuit. D’ailleurs, il y a plusieurs panneaux qui indiquent leur présence et les traversées possibles ; alors prudence !

Au programme : la Dragon Cave. On gare la moto sur le parking aménagé, on paie l’entrée et on se balade librement à pied à l’intérieur en suivant un petit circuit aménagé (d’abord à travers une petite jungle, puis dans la grotte). À l’intérieur, il fait une chaleur humide plutôt désagréable et le manque de sécurité des escaliers pour y accéder fait peur, mais dans l’ensemble, c’est quand même une visite sympa.

En sortant de la grotte, on peut pousser dans la jungle pour accéder à un point de vue, mais avec la chaleur et le dénivelé, seul Pierrot a eu le courage d’y grimper. D’ailleurs, Sophie a bien fait de s’abstenir et de garder Palmyre avec elle car c’est plutôt dangereux pour un enfant tout là-haut.

Pour la fin d’après-midi, on a prévu de se détendre quelques heures près d’un bassin naturel appelé « Cool Pool », situé à quelques kilomètres de la Dragon Cave. Sur cette portion de route, les paysages sont vraiment sublimes.

L’endroit est super bien aménagé : stands de nourriture, de boissons, transats, toilettes… C’est un vrai coin de baignade pour les touristes mais aussi pour les gens du coin. On y arrive en fin d’après-midi ; du coup, la plupart des gens s’en vont déjà, mais en plein après-midi, on devine qu’il doit y avoir pas mal de monde.

On profite des petits stands pour acheter des petits insectes en jouet à Palmyre pour quelques centimes : elle adore ses nouveaux jouets !

Au bord de l’eau, il reste encore un groupe d’irréductibles Anglais qui boivent des bières les jambes dans l’eau en écoutant de la musique forte. Pour le coup, ça fait presque une ambiance de camping.

Par contre, l’eau est très froide. Pierrot et Marion trouveront le courage de s’y baigner et même de sauter du haut du plongeoir, mais Palmyre et Sophie resteront tranquillement au bord de l’eau. Pierrot saute tellement de fois qu’il aura mal aux sinus pendant deux jours !

On se dépêche quand même de repartir avant la tombée de la nuit car il nous reste encore 1 heure de route pour atteindre notre prochaine Homestay. Finalement, on roule de nuit, le principal problème étant les nombreux insectes qui sortent dès la tombée du jour, vraiment pas très agréable en roulant.

Jour 3 : la spectaculaire Kong Lor Cave

C’est le jour où nous visitons la fameuse Kong Lor Cave.

On ne sait pas trop à quoi s’attendre, si ce n’est que c’est une grotte qui se visite en bateau. Du coup, on prévoit quand même avec nous les K-way et les lampes torches (et on a bien fait).

Comme d’habitude (ou presque), on se lève tard et après tout le monde. On se permet même de prendre le temps de déjeuner tranquillement.

À notre décharge, contrairement à beaucoup qui visitent la Kong Lor Cave et enchaînent directement vers l’étape suivante dans la même journée, nous avons prévu de visiter la grotte sur la journée et ensuite de revenir dans la même Homestay le soir. C’est ça, le luxe d’avoir du temps.

Honnêtement, même si on adore faire de la moto tous les jours, on n’est pas mécontents de pouvoir se poser deux jours de suite au même endroit, sans refaire nos sacs. En plus, l’endroit s’y prête idéalement car l’Homestay est hyper confortable et la grotte n’est pas vraiment sur la boucle mais, pour ainsi dire, dans un cul-de-sac (il y a une option qui permet de mettre les motos sur le bateau et de poursuivre de l’autre côté de la grotte, mais ça reste marginal). Du coup, après avoir fait la grotte, il faut repasser devant la Homestay pour continuer la boucle. Ça nous a donc semblé évident de ne pas nous encombrer des sacs et de consacrer notre journée entière à la grotte.

Alors qu’on venait enfin d’enjamber nos motos, une belle averse nous tombe dessus. Heureusement, elle sera brève et on avait nos K-way à portée de main.

En compensation, la route pour accéder à la grotte, de 42 km, était vraiment magnifique : les vieux ponts, les paysages, les enfants qui rentrent de l’école avec leurs scooters électriques. Palmyre s’amuse à leur faire coucou avec sa main, mais elle aime bien le faire aussi quand il n’y a personne.

On arrive un peu après la guerre car si le parking est plein de motos, tous les visiteurs sont déjà embarqués depuis longtemps sur un bateau pour visiter la grotte. Heureusement, il y en a toujours qui attendent les nouveaux arrivants et nous entamons notre visite de la grotte en milieu de journée.

On nous équipe de gilets de sauvetage (avec des petits sifflets, à la grande joie de Palmyre) et de lampes torches (heureusement car on se rend compte que la nôtre n’a plus de batterie).

Par contre, on nous conseille de partir en tongs (on comprend qu’il faudra parfois mettre les pieds dans l’eau).

Rien que l’entrée de la grotte est impressionnante : elle accueille un vrai petit port nocturne avec des dizaines d’embarcations à quai.

On embarque à 4 dans la pirogue, l’un derrière l’autre, plus le « batelier » (qui écope régulièrement la pirogue).

L’obscurité est vite totale : d’où l’utilité des lampes torches (qui n’éclairent pas très bien, tant l’endroit est vaste). Comme nous sommes en décalage, nous sommes la seule pirogue à naviguer dans les environs : c’est encore plus impressionnant. Pour autant, Palmyre, assise avec Pierrot, n’est pas inquiète et s’amuse à éclairer les parois avec la lampe torche.

On navigue ainsi dans l’obscurité de la grotte pendant de longues minutes.

La grotte semble être infinie. Le chauffeur nous fait débarquer à deux reprises à l’intérieur de la grotte.

Une première fois simplement pour arpenter des escaliers en métal qui permettent aux visiteurs de s’approcher des curiosités géologiques de la grotte.

À cet endroit, les guides allument des spots électriques. C’est, encore une fois, vertigineux.

Une deuxième fois car il y a peu de fond et les guides doivent débarquer leurs passagers pour pousser la pirogue dans le cours d’eau afin qu’elle puisse avancer. On emprunte donc un chemin pédestre aménagé et on récupère notre pirogue plus loin.

Le guide nous arrête ensuite une troisième fois, à la sortie de la grotte, une fois que la traversée est finie, dans le village de PAN NATAN.

Ceux qui font la traversée le matin peuvent manger ici le midi : il y a plein de petits stands de nourriture. Nous, quand on y arrive en plein après-midi, c’est vide, mais on se prend quand même une petite collation. Il y a même des petits chiots pour jouer avec Palmyre.

Après une bonne heure de pause, on reprend la pirogue pour faire tout le chemin inverse.

À notre retour sur le parking, toutes les motos sont parties : il n’y a plus personne ! On est vraiment super heureux d’avoir visité cette grotte et le village avec si peu de monde. La grotte nous a vraiment impressionnés et cette journée restera dans nos mémoires pour longtemps.

Jour 4 : randonnée ratée et Rock Viewpoint

Nous quittons notre Guest House dans l’idée d’aller faire une petite randonnée pour voir une cascade qui est censée se trouver plus ou moins sur notre route.

On trouve le sentier d’accès, mais le chemin est difficile, parfois pas vraiment défini, il fait chaud, ça grimpe, et surtout, on n’a aucune idée de la distance qu’on doit parcourir avant d’atteindre cette fichue cascade. Après avoir marché, beaucoup transpiré et s’être énervé, on prend finalement la décision de faire demi-tour. Tant pis pour la cascade.

On reprend la route avec nos motos et on roule jusqu’au « Rock Viewpoint ». La vue est superbe et, sur place, des infrastructures proposent de réaliser un parcours mêlant tyrolienne, via ferrata, passerelles suspendues et même un pont en toile d’araignée.

Marion et Pierrot se laissent tenter par l’expérience, tandis que Sophie et Palmyre préfèrent se restaurer en terrasse.

Le parcours dure 2 h et, en repartant, la nuit tombe déjà. Heureusement, on trouve facilement un hébergement dans le village de Vien Kham. C’est un petit hôtel tenu par une famille dont le gestionnaire dort directement dans la cour, sous une moustiquaire : c’est la première fois qu’on voit ça !

Jour 5 : retour tranquille vers Thakhek

Vien Kham n’est pas un village très intéressant, alors on ne s’attarde pas et on fait la route pour retourner à Thakhek.

Cette dernière journée aurait pu se combiner avec la quatrième mais il aurait fallu rouler 100 km de plus de nuit pour atteindre Thakhek et, avec la fatigue accumulée, on n’a pas voulu prendre de risque inutile.

Cette dernière portion de route jusqu’à Thakhek est la moins intéressante de la boucle car elle est de bonne qualité (oui, c’est ennuyeux, une route trop lisse) et les paysages sont plutôt plats.

Du coup, on rentre rapidement à notre GuestHouse de Thakhek pour rendre les motos et récupérer nos sacs. Évidemment, on dormira ici aussi cette nuit et il nous reste tout un après-midi pour… ne rien faire !

On est très contents de passer un après-midi détente pour se reposer, même si Pierrot a beaucoup de mal avec ce concept.

Ça n’a peut-être pas l’air, mais les vrais temps calmes, hors journées de transport, sont assez rares sur la globalité du voyage. En conséquence, on les apprécie pleinement quand ils se présentent (sauf Pierrot qui tourne vite en rond).

Bilan de la boucle moto de Thakhek avec un enfant

Personnellement, rien que l’idée de faire de la moto à 3 sur plusieurs jours nous séduit, et ce, quel que soit l’endroit. Mais c’est vrai que la boucle de Thakhek est un très bel itinéraire que nous avons apprécié. Les arrêts sont certes moins rafraîchissants que les nombreuses cascades de la boucle de Paksé, mais les paysages sont plus grandioses.

La grotte de Kong Lor et sa traversée en bateau dans l’obscurité valent à elles seules l’aventure ! Nous n’avions jamais rien vécu de similaire.

Concernant Palmyre, elle n’avait plus rien à nous prouver, mais ces 5 jours de moto supplémentaires à son compteur démontrent qu’elle est déjà une vraie motarde (elle n’aura jamais autant dormi que sur la moto) ! En tout cas, de notre point de vue et en adaptant le rythme, c’est parfaitement faisable avec un enfant (pour peu qu’il soit à l’aise en moto).

Bien sûr, il faut quand même avoir conscience des risques que la moto représente, sans autre protection qu’un casque, mais pour nous, en restant extrêmement prudents, ça en vaut la peine.

Entre les montagnes karstiques, les pistes poussiéreuses et l’incroyable traversée de la grotte de Kong Lor, cette boucle nous a offert exactement ce que nous aimons : de l’aventure, de la liberté et des souvenirs en famille.

Notre plus belle aventure en Asie du Sud-Est, et nos meilleurs souvenirs, resteront nos balades à moto à trois. Mais il est déjà temps de remonter un peu plus au nord du Laos pour rejoindre sa capitale, Vientiane.

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