👉 Par ici pour commencer l’histoire depuis le début.

Le gros inconvénient du Laos, il faut se le dire, c’est bien les transports en commun. Déjà, il n’y a quasiment pas de train, si ce n’est la ligne, récemment ouverte entre la capitale laotienne et la frontière chinoise, mais elle est encore loin de desservir tous le pays.
Le Laos est donc largement dépendant des bus et minibus mais, faute de moyens pour les entretenir régulièrement, les routes sont souvent en très mauvais état.
Un trajet qui semble court sur la carte, peut vite prendre des heures !
De Don Det à Paksé en Pirogue et Minivan
2 jours à Don Det, c’était court, carrément trop court ! Mais notre choix est fait et nous voilà déjà repartis. Intérieurement, on prévoit déjà de repasser à Don Det pendant notre voyage, peut-être sur le chemin du retour.

Depuis l’île de Don Det, on réserve facilement un minivan pour se rendre jusqu’à la ville de Paksé, notre prochaine étape. Même si les moyens de transports ne sont pas très performants, on est quand même en Asie du Sud-Est, alors comme partout dans cette région, ça reste très simple pour les trouver et les réserver. Comme à l’aller, le ticket de bus comprend la liaison en pirogue pour rejoindre le continent.

Au matin, nous revoilà donc sur les quais avec nos sacs pour attendre les pirogues.
En observant les autres touristes, on constate que les tickets ont des couleurs différentes selon les heures de départ.
Les jaunes, les rouges, les bleus… Les bleus, c’est nous, on embarque dans des pirogues de 10 personnes environ. La nôtre tangue énormément, il faut bien équilibrer la barque.

À peine débarqués de l’île, le minivan nous attend déjà. Pour le coup, c’est bien organisé.
Le minivan est complet, mais chaque touriste a sa place. Aucun local dans ce transport.
Vers 12h30, on fait une pause qui nous permet de grignoter en chemin.

La route est comme partout au Laos, c’est-à-dire vraiment pas terrible avec des trous un peu partout. Mais nous arrivons à Paksé sans incident.

Voir notre article sur la boucle de Paksé à moto en famille
Paksé – Thakhek : un trajet inoubliable
1ère étape : Le Bus de l’enfer
On part de Paksé à 7h30 en minivan local.

Le minivan est récent mais comme nous sommes les derniers à monter à bord, il ne reste plus que les places du fond : les pires, car les sièges sont plus étroits et surélevés à cause des roues (du coup les fenêtres sont plus basses et on ne voit pas bien dehors). Sur le côté, la toiture du minivan est incurvée et on n’arrive pas à garder la tête bien droite. Bref, ça commence mal.
Enfin, il y a peut être pire : ceux qui sont arrivés après nous ont eu droit à de petits tabourets pliants dans l’allée centrale du minibus …

Le type roule comme un malade, peut-être le pire chauffeur depuis que nous sommes partis. À l’arrière, on fait des bonds sur nos sièges à se cogner la tête au plafond à chaque trou sur la route (donc tout le temps).
Au bout d’une grosse heure de route, le chauffeur s’arrête et nous indique que pour aller à Thakhek, nous devons changer de véhicule. Nous sommes 7 touristes à faire ce changement, et franchement, sur le moment, on n’est pas mécontent de sortir de ce minivan, mais ça, c’était avant de découvrir la suite.
Le bus qui nous attend pour prendre la relève, semble plutôt pas mal, mais une fois montés à bord, on s’aperçoit qu’ il n’est équipé que de sièges allongés, empilés les uns au-dessus des autres et ultra usés. On n’avait jamais vu ça !

L’espace est tellement exigu entre les sièges qu’une fois allongé, on peut à peine se redresser. On n’a même pas besoin de tendre le bras pour toucher le plafond. Si on avait été seuls, ça aurait pu être supportable, mais avec Palmyre sur nous (car on ne paie pas de place supplémentaire pour elle), c’est franchement la galère.
Les sièges sont tous occupés et il y a toujours 6 à 8 personnes assises dans l’allée centrale avec quelques enfants.
On ajoute à ça la chaleur humide, et voilà le bus de l’enfer !
Il y a bien une petite bouche de ventilation au-dessus de nos têtes, mais elle est clairement défaillante. On s’y colle quand même un maximum pour profiter du très mince filet d’air frais qui en sort : c’est notre filet d’air frais de survie.


Sans oublier que de 8h45 à 12h30, le bus ne fera aucune pause. Alors oui, il s’arrête souvent pour prendre des gens ou en déposer, ou encore pour faire monter des vendeurs ambulants de brochettes de viande, d’œufs durs ou encore de maïs, mais le chauffeur nous interdit de descendre pendant ses micro-arrêts.
Heureusement, Palmyre est très sage et ne se plaindra pas une seule fois, malgré ces conditions de transport franchement pénibles.
Pour bien comprendre l’exiguïté des lieux, il faut encore préciser que c’est un bus à deux étages, mais l’étage inférieur n’est pas ouvert aux voyageurs. De ce qu’on comprend, c’est une famille qui tient le bus et ils vivent dedans, justement dans l’étage inférieur, ainsi que la première rangée de l’étage supérieur (la plus agréable car près du pare-brise). Les voyageurs se partagent donc l’étage supérieur et, pour mettre plus de monde, ils ont mis des sièges allongés les uns au-dessus des autres.
Durant tout le trajet, qui nous semble très long car en plus le bus ne roule qu’à 50 km/h en moyenne, les membres de la famille vont jeter des paquets de plastique et des bouteilles par la fenêtre du bus : leur petit garçon va même faire pipi dans une bouteille et hop, par la fenêtre.
Là on commence à s’inquiéter un peu en se disant que ce bus ne s’arrêtera jamais et que Palmyre n’arrivera jamais à faire pipi dans une bouteille !!


Heureusement, vers 12h30, le bus s’arrête enfin. Personne n’annonce un arrêt mais cette fois-ci, ils nous laissent descendre. C’est bien une vraie pause, avec des toilettes et des vendeurs de nourriture ! Ouf, on peut enfin se dégourdir les jambes.

Cependant, elle n’aura été que de courte durée car au bout de seulement 20 minutes, le personnel nous demande de remonter dans le bus, ce qu’on fait à contre-cœur, mais on va attendre longtemps avant de redémarrer. On ne sait pas ce qu’on attend, mais on n’en peut déjà plus d’être dans ce bus. On a légèrement l’impression d’être otages de cette boîte de métal, qui finit enfin par repartir.
Vers 15h, Palmyre ne tient plus et je dois demander au chauffeur de faire un arrêt en bord de route pour qu’elle puisse faire pipi. Évidemment, ça ne pose pas de problème et beaucoup de monde dans le bus en profite pour faire de même. Les plastiques achetés à l’arrêt précédent seront également déchargés en bord de route, un vrai désastre !

Ce trajet devait initialement durer 7 heures (au moins dans nos têtes), il durera 9 heures. Nous arrivons épuisés.
2ème et dernière étape : trouver un TukTuk pas cher
À la gare routière, nous cherchons un tuk-tuk pour nous conduire jusqu’à notre hébergement.
Ça tombe bien, sur le parking de la gare routière, il y en a plein qui attendent les touristes, les chauffeurs étant tranquillement allongés dans des hamacs dans les tuk-tuk.
Le tarif annoncé est de 50 000 kips par personne. Comme nous sommes quatre, cela représente 200 000 kips au total (8 euros). Trop cher pour notre budget voyage !
On se recule pour trouver une autre solution, mais les chauffeurs nous guettent en pensant que nous allons céder et revenir vers eux.
Ha ha ! C’est mal nous connaître : nous réussissons à trouver un tuk-tuk transportant des locaux qui accepte de nous emmener tous les 4 pour 80 000 kips (à peine plus de 3 euros). La seule condition, c’est de nous faire monter dans son tuk-tuk à l’extérieur du parking de la gare routière, car cet endroit est apparemment réservé aux autres tuk-tuks (ceux qui attendent les touristes pour gonfler leurs prix).
Quand on sort du parking, les autres comprennent notre manœuvre et arrivent en trombe vers le chauffeur, mais trop tard : on est déjà en route pour le centre-ville de Thakhek ! On se rappellera cette astuce.

Pas de chance pour Palmyre : une dame l’installe directement sur ses genoux, la prenant elle aussi un peu pour une poupée. Et Palmyre regarde Sophie d’un air qui semble dire : « Sauve-moi ! »
Quelle journée épuisante ! On va peut-être s’offrir une journée de repos avant d’entamer notre 2ème boucle à moto.
Prochainement notre article sur la boucle de Thakhek à moto
Bus Thakhek – Vientiane
Pour ce trajet, en bus toujours, on a réservé nos billets en passant par l’intermédiaire de notre guesthouse. La guerre au Moyen-Orient vient récemment de se déclencher et les prix du pétrole sont en train de flamber. Heureusement, nous avions réservé nos billets juste avant. Bon, pour nous, ça n’aurait représenté que quelques euros de plus, mais pour les locaux, c’est une vraie complication.
C’est donc le gérant de notre guesthouse qui nous conduit, avec son véhicule, jusqu’à la gare routière et qui achète les tickets pour nous au guichet.

Nous sommes en avance et devons attendre 30 minutes entourés de vendeuses ambulantes, dont une qui ne peut s’empêcher de toucher Palmyre avec insistance. On l’avait briefée avant de venir au Laos en lui expliquant que ça risquait d’arriver car les Laotiens sont très tactiles, mais là, c’est vraiment trop. Lâchez-la, ce n’est pas une poupée !

Comme souvent, le bus est complet, et plus encore puisque certains voyageurs sont installés dans l’allée centrale, sur des sièges pliables de camping.
Ouf, ce n’est pas nous !
Le bus roule vite : 70 km/h, vu l’état de la route, c’est presque dangereux.
Mais on n’a pas vraiment l’occasion de s’en inquiéter car, avec la fatigue accumulée sur la boucle de Packsé, on s’endort tous, à moitié bercés par la route.
À midi, on fait une pause de 30 minutes. Certains ont le temps de manger. Nous, on se contentera d’une glace et de quelques chips.
Puis nous repartons et, à 65 km de la capitale, la route est complètement pourrie et en travaux. On ne sait pas trop si les travaux sont toujours en cours ou abandonnés. Par contre, on est vraiment secoués. Il faut plus d’1 h 30 pour arriver à Ventiane.




Palmyre a des boutons de moustiques partout, dont cinq sur le visage. Heureusement, elle passera la fin du trajet à jouer avec deux jeunes passagères à l’arrière.
Nous sommes enfin arrivés à Vientiane, la capitale du Laos. Nous avions hésité à repartir ce jour même pour Luang Prabang mais, finalement, vu notre heure d’arrivée tardive, heureusement que nous restons à Vientiane pour dormir cette nuit. Et puis, on aimerais bien essayer de trouver un billet de train, pour aller plus vite et reposer nos fesses ! Les grandes villes touristiques du Laos sont maintenant reliées par une ligne ferroviaire : autant en profiter.

On a déjà pris pas mal de bus depuis le début du voyage (Turquie, Kazakhstan, Vietnam, Cambodge…), mais ceux-là sont vraiment plus éprouvants que les autres. On a hâte de retrouver d’autres modes de transport. Pour la suite, si on peut éviter le bus au Laos, on n’hésitera pas !