Les environs de Châu Đốc : montagnes sacrées et forêt de Tra Su

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La montagne sacrée de Núi Sam

Dans la région de Châu Đốc, il n’y a plus vraiment de reliefs et nous découvrons au fil de nos déplacements de grandes plaines à perte de vue (un peu comme les champs dans le nord de la France mais en plus exotique), avec quand même quelques petits monts au loin.

Parmi eux, la petite montagne sacrée de Núi Sam, à 8 km de Châu Đốc.

Ce n’est pas une montagne pour randonner mais plutôt pour admirer la vue depuis le sommet. D’ailleurs, on peut y accéder en moto ou via un téléphérique flambant neuf. Là-haut, il y a des buvettes, des stands de souvenirs, des jeux pour enfants, des fleurs et un beau temple. On déambule tranquillement au milieu de tout ça.

On discute avec des Français à la retraite qui nous disent prendre un bateau pour le Cambodge en remontant le Mékong depuis Châu Đốc, le lendemain et qu’il y a un départ par jour. On prend note, nous qui souhaitons aller au Cambodge dans les prochains jours.

Sur la route du retour, on tombe sur la construction d’une statue de Bouddha géante intégrée à la montagne. Les travaux impressionnants semblent toujours en cours.

La montagne sacrée de Núi Cấm et son grand Bouddha

Sur une petite journée, on décide d’aller voir une autre montagne sacrée, celle de Núi Cấm, à une quarantaine de kilomètres.

Arrivés au pied de la montagne, par un petit raccourci sur une piste ensablé, on doit abandonner notre moto à un barrage.

Seuls les véhicules autorisés peuvent monter la-haut ! En tout cas, c’est ce que nous explique l’agent de police.

Heureusement, des vietnamiens attendent exprès au pied de cette montagne, avec leurs propres motos, pour véhiculer les visiteurs.

On se demande même s’ils ne sont pas de la famille du policier, ce dernier n’ayant finalement arrêté que nous (et laissé passer les locaux).

Sur le coup on est un peu désemparés. On hésite à laisser notre moto car on se demande s’il n’est pas déjà tard pour visiter en ce debut d’après-midi, et s’il ne serait pas préférable de revenir demain de bonne heure, ou de carrément prendre le téléphérique. Puisqu’on est déjà là, on décide d’y aller quand même. 

Nous voila donc conduits par deux motos tout en haut (ce n’est pas gratuit bien évidemment, mais pas la ruine non plus).

La montée est hyper rapide et il n’y a pas grand monde là-haut. Heureusement que nous n’avons pas rebroussé chemin car le site n’est pas immense. On nous dépose devant le grand Bouddha, plutôt original. Ce Maitreya, Bouddha souriant au ventre rond, en impose. On peut entrer à l’intérieur de ce lieu spirituel, très calme puisque nous sommes seuls.

On trouve même à manger facilement, juste à côté.

On fait le tour du lac qui ne semble pas attirer beaucoup de touristes occidentaux.

C’est très calme, mais ce qu’on observe nous casse le moral. Ici, la population attrape les oiseaux pour les mettre dans de petites cages. Ensuite, ils proposent aux visiteurs de payer pour libérer un oiseau, ou des poissons dans de petites bassines, ou même des rongeurs. Si on commence à entrer dans ce système, ils ne vont pas laisser les animaux tranquilles…

Puis on tombe sur un petit singe enchaîné, c’est le coup de massue à ce moment-là. On peut aussi acheter à manger pour les poissons. Bref, les animaux se mettent au service des habitants, on ne peut pas leur en vouloir, c’est comme ça qu’ils vivent.

Finalement, la fin d’après-midi passe vite.

On a cherché un point de vue sur la vallée, mais on n’a rien trouvé.

On rappelle nos chauffeurs de moto pour nous redescendre et repartir vers Châu Đốc.

La forêt inondée de Tra Su et ses environs

Sur une journée, nous décidons d’explorer la forêt de Tra Su , qui se situe à une trentaine de kilomètres de Châu Đốc.

Pour y accéder, on ne prend quasiment que des petites routes secondaires, la plupart étant simplement des chemins de terre. C’était volontaire et on a adoré !

On croise un élevage de cannetons en bord de chemin. Evidemment, on s’arrête. En plus, l’éleveuse est là, à les surveiller. Elle nous explique que ces cannetons serviront à protéger les cultures de riz. Il y en a environ 10.000 ! Elle est fière de nous montrer des photos des canards qu’ils deviendront une fois adultes.

D’autres vietnamiens sont là, et on échange un vrai moment, comme on peut avec nos téléphones. Un homme aide l’éleveuse à prendre soin des cannetons et les siffle de temps en temps. Il nous propose de l’alcool local (qu’il semble siroter sans mesure), qu’on décline gentiment.

On déjeune avec eux en bord de chemin avant de reprendre la route vers la forêt de Trà Sư.

Sur le chemin, on avance entre les zones humides “naturelles” des bras du Mékong et les rizières immenses où l’on utilise des drones pour pulvériser du traitement. On commence à en reconnaitre l’odeur.

Le contraste avec la méthode biologique qui consiste à utiliser les canards est frappant. Et surtout si on compare avec les méthodes traditionnelles observées au nord du Vietnam. On a pas pris le temps de s’arrêter discuter…

Arrivés à la forêt, on se trompe d’entrée et on se retrouve au pied de l’observatoire. On nous indique qu’il faut faire demi-tour pour rejoindre l’entrée principale. Il n’y a aucun panneau ! On finit par trouver.

Une fois dans le site, on a le choix entre bateau à rame ou bateau à moteur (ou les deux !) pour visiter la forêt, qui a la particularité d’être inondée.

Vu qu’on a déjà fait plusieurs fois du bateau à rame au Vietnam, et peu de bateau à moteur, on choisit cette dernière option. On se dit qu’on pourra aller beaucoup plus loin.

Dès le départ, on est emballés : Le guide coupe le moteur dès qu’il aperçoit un oiseau pour nous le montrer, et il y en a plein. La forêt est très belle. On fait même un petit arrêt chez des apiculteurs qui vendent leur miel au bord de l’eau. Ça tombe bien, Palmyre nous en a réclamé la veille ! Véridique.

Le plus beau de cette visite, c’est le bateau qui s’enfonce au milieu des lentilles d’eau sur le canal en pleine forêt.

Mais quand on se rend compte que le bateau nous amène jusqu’à l’observatoire (alors qu’on l’a déjà vu en se trompant d’entrée), c’est une petite déception.

Nous qui pensions pouvoir avancer plus profondément dans la foret grâce au bateau moteur, on se retrouve finalement dans un endroit où on peut accéder en moto.

Résignés, on monte quand même en haut de l’observatoire.

Puis, c’est déjà le retour. C’était bien mais ça a un gout de trop peu. On aurait aimé s’aventurer plus loin. Tant pis.

Mise à part la balade en bateau, on peut déambuler dans une zone d’accueil bien aménagée et agréable, et aussi sur un ponton en bambou, très sympa, qui méandre au-dessus des marécages.

Sur le retour, on croise deux jeunes femmes, Marion et Barbara, qui terminent leur visite et retournent à leur moto, comme nous. On échange quelques mots sur les oiseaux. On les recroisera le soir, par hasard, dans le même restaurant.

Le temple coloré de Ta Pa et son ambiance locale.

Un autre jour, on pousse la moto jusqu’à la Pagode Ta Pa, à une trentaine de kilomètres de Châu Đốc. Arrivés sur place un petit restaurateur semble très surpris de nous voir. Une dame et sa fille nous feront à manger et on se sentira bien dans ce petit restaurant très local.

Le temple est situé sur une colline, il faut emprunter des marches pour y accéder.

On a voulu nous faire payer un ticket de parking à côté des escaliers, mais on a décidé de garer la moto un peu plus loin, comme les locaux, et on ne nous a pas embêtés.

Ce temple récent a des couleurs très différentes de ceux que nous avions visités jusque-là. On a vraiment l’impression d’avoir changé de pays. En même temps le Cambodge est proche. On est quasiment seuls et on fait tranquillement le tour du site.

Au final, c’est vrai qu’il y a pas mal de chose à voir dans les environs de Châu Đốc, mais ce n’est pas le meilleur endroit du Vietnam, comme on avait pu l’entendre au cours de notre voyage. Pour nous, les paysages étaient moins spectaculaires qu’au Nord.

On est quand même content de s’être concentré sur cette ville et de ne pas avoir arpenter toute la région du Delta du Mékong. On s’est reposé et ça fait du bien. 

Surtout, Châu Đốc est une ville frontalière avec le Cambodge, et on a découvert qu’on pouvait passer la frontière d’une manière originale : un bateau part de Châu Đốc, tous les matins, et remonte le Mékong jusqu’à Phnom Penh, la capitale cambodgienne, en nous faisant passer les formalités douanières.

Passer une frontière en bateau, en voilà une belle expérience !

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