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Quand le voyage devient long
À ce moment-là du voyage, on commence à avoir un petit coup de mou. Ça fait plusieurs mois qu’on est partis en slow travel depuis Paris, et en arrivant ici, à Châu Đốc, dans le sud du Vietnam, on a un peu perdu l’énergie du voyage.
C’était motivant d’avancer vers un objectif, à savoir l’Asie du Sud-Est, mais une fois atteint, une lassitude nous envahit. On se rend compte aussi que c’est épuisant de se déplacer régulièrement, et la simplicité d’un quotidien commence à nous manquer (ne pas toujours se demander où on va le lendemain, où l’on mange, comment on se déplace…).
Et puis, il y a Palmyre, qui pour la première fois du voyage, lâche très simplement : “il est long ce voyage…” Pouaaa, la claque. Elle n’a que trois ans, et pour elle, ce voyage, c’est déjà une énorme partie de sa vie. Une vie où on change d’endroit tout le temps, sans vraie routine, sans vraies attaches.
Alors forcément, on s’interroge sur nos choix et sur notre décision de l’avoir entraînée là-dedans avec nous. Un si long voyage itinérant ? N’est-ce pas trop pour elle ? Il nous semble que non, mais on doute un peu quand même. On pense à l’école, à sa petite section qu’elle ne fait pas, à ses copains qu’elle ne voit pas, à une forme de stabilité qu’elle n’a pas ici. Bizarrement, nous ne pensons pas à nos boulots que nous avons laissés de côté (😊).
Rien de dramatique au final, tout va bien. On se ressaisit en se disant qu’on a énormément de chance de vivre cette année hors du commun. On n’a pas de problème majeur, pas de souci d’argent, ni même de difficulté dans le voyage en lui-même. On se sent plus chanceux que jamais de vivre tout ça.
Mais on sent aussi que le voyage nous demande plus d’énergie qu’au début. Alors on va rester 10 jours à Châu Đốc, pour se ressaisir un peu et apprécier le Mékong et ses alentours.
Arrivée difficile à Châu Đốc :
Notre bus arrive aux aurores à Châu Đốc. Le réveil est brutal et difficile, encore plus pour Palmyre qui ne comprend pas pourquoi on ne la laisse pas dormir alors qu’elle est encore fatiguée. De toute façon, c’est la pire nuit que je passe avec Palmyre depuis le début du voyage. Nous partagions un siège pour deux (alors que Sophie était tranquille dans le sien) et c’était clairement insuffisant. Si nous avions su la configuration de ce bus semi-couchette, nous lui aurions pris son propre siège.

Du coup, à la gare de bus, on n’a pas l’énergie d’aller plus loin que la première rangée de sièges, sur laquelle on s’assoupit pendant deux heures, Palmyre finissant sa nuit sur nos genoux. Pas de chance pour nous, on s’aperçoit à nos dépens que les moustiques sont très virulents au petit matin et qu’ils n’arrêtent pas de nous tourner autour.
Après cette petite pause, on cherche un logement sur nos téléphones (oui, même sans réservation, on évite d’aller au hasard, surtout quand on est fatigués). Rien ne nous emballe sur la papier, aucun coup de cœur. On a tellement aimé nos logements et l’ambiance à Ninh Binh, Mai Chau et Hué, qu’on recherche des endroits similaires, mais on ne trouve pas. Un peu par défaut, on se rabat sur un hôtel avec un jardin extérieur, un peu excentré du centre-ville mais qui loue des scooters. Evidemment, on ne réserve pas, on va aller voir directement à quoi ressemble cet hôtel avant de s’engager.
Mais avant, on prend notre petit-déjeuner dans un restaurant très local, juste en face de la gare. Rien de sucré, mais des soupes.
On repère un taxi qui attend sur le parking, le seul depuis qu’on est arrivés à la gare, mais impossible de négocier avec lui pour avoir un prix correct pour nous emmener à notre hôtel (il a sûrement conscience d’être en position de force pour nous appliquer son prix ultra-touristique).

Finalement, en regardant plus attentivement la carte, on s’aperçoit que l’hôtel n’est pas si loin à pied : nous nous passerons donc de chauffeur qui nous regarde partir à pieds !
La vie quotidienne à Châu Đốc
Une piscine à la vietnamienne
L’hôtel est très correct et on s’installe rapidement dans notre chambre climatisée (mais sans moustiquaires, heureusement on a les nôtres). Jusqu’ici, nous n’avions pas eu de chaleur excessive, mais ici, il fait chaud toute la journée et tous les jours.

Le hasard fait bien les choses, puisque notre hôtel est à 5 minutes à pied d’une grande piscine avec toboggans et jeux d’eau pour enfants. Avec Palmyre, on en profite dès notre premier après-midi, alors que Sophie préfère rester au frais dans la chambre pour récupérer un peu de sa nuit dans le bus.
Durant notre séjour à Châu Đốc, on y retournera tous ensemble de nombreuses fois et nous avons pu y constater quelques surprises.
La première fois, nous étions dimanche et les toboggans fonctionnaient avec du monde. En semaine, nous avions quasiment la piscine pour nous tous seuls. Je demande au surveillant si Palmyre peut m’accompagner à l’intérieur, ce qu’il confirme. Plus encore, une fois assis, il me donne une grande poussée pour me donner de l’élan, sans me prévenir. Ça va hyper vite et Palmyre a vraiment eu peur. Elle n’y retournera plus de tout le séjour et préférera les jeux pour enfants (vraiment bien aussi). Par contre, moi, je suis comme un gosse et j’y userai même mon maillot de bain quasi neuf à force d’en faire.
Une autre fois, en semaine, nous découvrons à notre arrivée que non seulement nous sommes seuls, mais que surtout, ils sont en plein travaux. Ils créent une structure métallique au milieu des chaises longues (peut-être une sorte de bar) et il vaut mieux faire attention où l’on met les pieds pour éviter les projections de limaille de fer.
Mais surtout, ils font de la peinture en plein milieu du bassin, alors qu’il est encore rempli d’eau et ouvert au public ! Petit jeu : je vous laisse deviner ce qu’ils ont repeint en comparant les photos. Vraiment, là, c’était du délire. Et le pire, c’est qu’il y avait, à plusieurs endroits, des flaques de peinture qui flottaient à la surface de l’eau. Bref, c’est le Vietnam.


Malgré tout, on est bien contents d’avoir pu profiter de cette piscine quasiment tous les jours pour se rafraîchir. En plus, les bassins étaient bordés de palmiers, ce qui procurait de l’ombre sur les bords du bassin. On pouvait donc se baigner à n’importe quelle heure sans craindre le soleil.
Manger simplement à Châu Đốc.

À Châu Đốc, on a trouvé des restaurants locaux assez sympas, où les Vietnamiens sont, comme souvent, accueillants et bienveillants.
Dans l’un d’eux, nous arrivons avec Palmyre endormie sur mon dos. Nous n’avons pas le courage de la réveiller. Les propriétaires nous proposent alors, spontanément, de l’allonger dans leur pièce de vie (située juste derrière la salle de restauration et séparée par un simple rideau), sur leur lit, à l’abri de leur moustiquaire. En l’allongeant, on remarque que leur maison est très sommaire : presque pas de meubles, une toile de jute au sol et une moustiquaire. Palmyre passera toute la durée du repas à dormir là-bas, tranquillement installée.





Cette fois-là, c’était un vrai restaurant, mais on réalise que beaucoup d’habitants proposent des repas. C’est donc très facile de trouver à manger, puisque quasiment tout le monde peut vous faire à manger. Dans ce cas, on mange littéralement chez les gens, dans une unique pièce en bord de route avec les enfants qui jouent sur le trottoir. Évidemment, les prix pour nous sont très bas et c’est souvent très bon.
Une autre fois, Palmyre encore crevée de sa journée (piscine et balade, ça fatigue !) et endormie profondément à l’heure du repas, nous décidons d’acheter de la street-food pour rentrer à l’hôtel, la coucher et manger tranquillement. Sauf qu’une fois arrivés à l’hôtel, les bras chargés de nourriture, Palmyre se réveille ! Tant pis pour le repas tranquille…
Enfin, la street food au petit-déjeuner était juste parfaite, quasiment en face de notre hôtel.


Finalement le plus pénible dans la nourriture au Vietnam, surtout pour Pierrot, c’est de souvent devoir manger à ras du sol, et ce même au resto !
Le marché de Châu Đốc : du poisson et du plastique
La ville de Châu Đốc, en plus d’être un point de chute idéal pour visiter les environs, et d’être frontalière avec le Cambodge, présente l’avantage d’être traversée par le Mékong.

Elle dispose donc d’un marché très atypique, orienté sur la vente de poissons. Mais on y trouve vraiment de tout, même des stickers pour Palmyre !






Encore une fois, on est très choqués de voir où finissent les déchets : directement dans le Mékong. Au Vietnam, la pollution continue de nous choquer, y compris les habitudes de la population. Tout le monde semble jeter ses déchets partout, et ça se voit.

Rapidement, quand on est repérés par les locaux, on nous propose de faire un tour en bateau pour aller voir les habitations flottantes et les fermes piscicoles. On savait que l’hôtel Victoria (hôtel bien trop cher pour notre budget 😊), situé en centre-ville et accueillant beaucoup de touristes, proposait des tours de ce type, mais ça ne nous tentait pas trop de passer par ce grand hôtel.
Du coup, on négocie directement sur les quais avec des locaux pour s’organiser une petite sortie pour le lendemain matin à 7 h. Pour choisir, on a évité ceux qui nous harcelaient un peu trop, les prix étaient quasiment tous similaires (8 € la sortie en bateau pour nous tous).
Découvrir Châu Đốc en bateau avec les locaux

Se payer une petite virée en bateau avec les locaux, à la fraîche et avec la lumière du matin, c’est ce qu’on a préféré de tout notre séjour à Châu Đốc.
À 7 h, on est déjà sur le quai, prêts pour la sortie. Ce moment est magique. On part en même temps que le speed-boat qui rejoint la capitale du Cambodge depuis Châu Đốc.




On fait un arrêt sur une ferme piscicole flottante. Il y en a partout autour de nous. On se rend compte qu’il y a une vraie vie sur ce fleuve, un village dans la ville. Des vendeurs de chips circulent même en bateau. On a droit à une démonstration de nourrissage des poissons.



Puis le bateau continue jusqu’au village de Châu Giang, une communauté musulmane vivant au bord du Mékong. À notre arrivée, c’est un enfant qui fait la manche qui nous accueille. Pourtant, on est loin du tourisme de masse ici.

On visite un atelier de tissage car dans ce village, des familles tissent encore à la main tout un tas de vêtements. Et avec les touristes de passage, ça leur permet de dégager des revenus. Malheureusement, en voyage à long cours, on ne veut pas trop s’encombrer de ça pendant des mois.
Ensuite, on prend un petit-déjeuner avec des madeleines maison cuites en direct, on adore ! On découvre le cœur du village qui s’anime, sa mosquée, et même du pain tout chaud pour Palmyre.





Sur le retour, la lumière n’est déjà plus la même. Ça valait la peine de se lever tôt rien que pour cette douce lumière matinale.

Explorer les alentours de Châu Đốc à moto
Concernant la ville de Châu Đốc, son attrait principal est le Mékong et ses abords, ainsi que la vie construite entre terre et eau. Mais la partie eau reste beaucoup plus attrayante que la partie terre. Cette pause était donc parfaite pour se reposer, même si les klaxons en centre-ville sont toujours de la partie, comme partout au Vietnam.
Mais si on est venu à Châu Đốc, c’est aussi pour profiter des environs. On loue donc une moto à notre hôtel, pour toute la durée de notre séjour, et on part régulièrement en balade pour visiter les sites alentours.