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« L’Asie centrale est une terre d’accueil. »
Ce sont les mots que prononcera à notre encontre notre frère kazakh de cœur.
À découvrir dans cet article...

Rejoindre le parc Altyn Emel en improvisation totale
Comment rejoindre Bashi depuis Talgar – Almaty
Le matin même de notre départ de Talgar, on ignore encore si on prend un train pour la gare de Saryozek, si l’on va ailleurs, ou si on reste à Talgar une journée de plus. Le flou total.
À 10h00, mon « frère Kazakh » nous contacte pour nous dire que l’idéal pour visiter le parc d’Altyn Emel est de séjourner dans le petit village de Bashi (situé à 90 km à l’est de Saryozek), et nous recommande l’adresse d’une Guest House. De notre côté, nous avions aussi repéré certains village des environs : tout semble concorder, mais encore faut-il y aller, et nos valises ne sont même pas prêtes.
On regrette brièvement de ne pas avoir réservé le train la veille, mais notre ami nous rassure en nous expliquant que, pour aller à Bashi, il vaut mieux se rendre à Almaty en taxi, puis prendre un taxi partagé jusqu’à Saryozek, pour enfin finir avec un dernier taxi jusqu’à Bashi (pour lui c’est le moins fatiguant car cela évite de retourner en centre ville d’Almaty et c’est aussi le moins chère).
Etape de Talgar à Almaty : en taxi plutôt qu’en train
On est un peu dépassés par ces changements de dernière minute, mais notre ami insiste pour nous assister à distance dans cet itinéraire (il est en chine quand même) : quand nos valises sont prêtes, c’est lui qui commande un taxi pour venir nous chercher à notre hôtel de Talgar et nous emmener à Almaty.
Le taxi arrive en dix minutes et nous découvrons que la course a déjà été réglée, alors même que le trajet Talgar–Almaty représente 40 km et environ 40 minutes de route. Évidemment, j’écris à mon « frère kazakh » pour lui dire qu’il est trop généreux et que nous voulions payer, mais son refus est catégorique, car pour lui – je le cite ; « l’Asie centrale est une terre d’accueil, et nous devons encore payer la suite du voyage».
C’est à la fois surprenant, gênant et satisfaisant. Alors même que nous pensions rester une nuit de plus à TALGAR, nous voilà partis dans un taxi, payé par un homme que nous ne connaissions pas il y a deux jours.

Il nous conduit à Almaty devant un supermarché au bord de la grande route qui part vers Saryozek, autant dire on serait jamais venu la sans lui.
Notre « frère Kazakh » a bien fait les choses, puisqu’il a également demandé à notre chauffeur de taxi de négocier pour nous le prix du taxi partagé qu’il nous faut prendre à Almaty pour rejoindre Saryozek, ce qu’il fera.
Almaty – Saryozek : Passage par la route de Kapchagay : l’une des deux zones légales de jeux d’argent au Kazakhstan.
Le taxi partagé qui nous transporte d’Almaty à Saryozek est une voiture 5 places plutôt confortable, même si Palmyre doit faire le trajet sur nos genoux, car deux autres passagers font le trajet avec nous.
Les paysages changent encore un peu, avec du relief et un lac artificiel.

Au milieu du trajet, nous remarquons de nombreuses publicités pour les jeux d’argent, ce qui nous surprend : au Kazakhstan, ceux-ci sont interdits partout… sauf dans deux zones officielles, dont Kapchagay, située au bord d’un réservoir artificiel entre Almaty et Saryozek.
Entre Saryozek et Bashi, la dernière traversée avant Altyn Emel
Arrivés à Saryozek, le chauffeur dépose chacun des deux autres passagers à leurs destinations respectives (avantage du taxi partagé). Il ne reste plus que nous dans la voiture, alors le chauffeur nous demande où il doit nous déposer. Seulement voilà, nous ne savons pas exactement où nous arrêter dans cette ville : nous lui disons simplement (avec notre traducteur) que nous voulons trouver un moyen de transport pour aller jusqu’à Bashi.
Très gentiment, notre chauffeur se renseigne auprès des locaux, mais apparemment, il n’y a pas de véhicule pour rejoindre ce village reculé à 90 km. Ceux qui y vont partent tôt, et il est déjà 15h. Persévérant, notre chauffeur commence à crier « BASHI, BASHI » à la ronde. D’autres chauffeurs (qui ne sont jamais bien loin au Kazakhstan) lui indiquent que le trajet coûte 10 000 TENGE pour nous tous (soit plus de 16 €).
On refuse sans même négocier !
Nous commençons à connaître les prix au kilomètre : là, c’est clairement un tarif pour touristes européens (qui ne sont pas nombreux ici). Du coup, notre gentil chauffeur nous propose de nous déposer à la sortie de la ville en nous expliquant que là-bas, nous pourrions trouver un autre chauffeur, même s’il semble sceptique.
Je saute sur l’occasion et lui explique qu’à défaut, nous ferons du stop, ce qui le surprend énormément. Il m’indique que sans parler kazakh, nous aurons du mal. Pas plus que pour communiquer avec lui, j’ai envie de dire…

À la sortie de la ville, deux hommes discutent à côté de leur voiture, en bord de route. Notre chauffeur les interpelle et me montre rapidement cinq doigts : 5 000 TENGE la voiture (un peu plus de 8 €) pour aller à Bashi. Cette fois, nous acceptons directement.
En plus, ce second chauffeur accepte de nous ramener à Saryozek, à un distributeur, pour que nous puissions retirer un peu d’argent (ce que nous avions oublié avant de partir pour Bashi). Sur le trajet, nous nous arrêtons pour prendre des photos : le paysage est magnifique.

Nous sommes déjà emballés par la région, un peu moins par l’odeur de cigarette qui envahit la vieille Mercedes de plus de 600 000 km. Pas étonnant, puisque le chauffeur fume deux clopes dans la voiture, ce qui n’échappe pas à Palmyre, qui nous le fait remarquer une fois descendus.

Au final, le trajet entre Talgar et Bashi aura été presque aussi rapide que si nous l’avions effectué avec notre propre voiture, et pour seulement 11 000 TENGE (18 euros) pour nous trois (alors qu’une Guest House m’avait proposé un chauffeur pour faire le même trajet pour 30 000 TENGE (50 euros : prix touriste). Je ne parle même pas de l’hypothèse de la voiture de location : combien de temps aurions-nous perdu à louer et à rendre la voiture ?
On comprend pourquoi notre « frère Kazakh » a décidé de vendre sa voiture, à cause (ou grâce) aux taxis trop bon marché du Kazakhstan.
Le village de Bashi : une porte d’entrée du parc Altyn Emel
Bashi – Séjourner en Guest House
Pour une fois, nous dormons dans une Guest House spéciale touristes, celle recommandée par le contact de notre « frère Kazakh ».
Concernant la Guest House, les avis étaient excellents, mais nous réalisons rapidement qu’ici le tourisme est un business.
Oui, la cuisine était délicieuse et bon marché (23 euros les repas et le logement par jour pour nous 3), mais les échanges restaient professionnels et distants.

Pour nous, cela manquait un peu de spontanéité et d’authenticité. On ne peut pas leur en vouloir : généralement, les touristes ne viennent ici qu’une nuit ou deux pour visiter rapidement le parc et repartir. Nous faisons un peu figure d’exception.
Nous rencontrons quand même trois Français le deuxième jours, venus jusqu’ici en voiture de location, avec qui je discute un petit moment. Ils voyagent également en slow travel pendant un an, comme nous, et se sont rencontrés en cours de route.
Nous échangeons sur le chemin parcouru jusqu’ici, et l’un d’eux explique avoir traversé la Russie, pour relier la Géorgie au Kazakhstan : ce qu’il raconte est glaçant (on va pas détailler ça en ligne désolé)… Ils sont aussi très surpris que nous n’ayons pas de voiture, et surtout par le prix des taxis abordables pour venir d’Almaty.
Bashi : Un village très rural typique du Kazakhstan.
Dans ce village, non seulement les touristes viennent exclusivement avec des guides ou des voitures de location depuis ALMATY, mais ils sont également très peu nombreux en cette basse saison. Voir des guides pour touristes nous a fait drôle, car jusqu’ici ce sont généralement les habitants du pays qui nous guident 😊.
Jamais un étranger n’était venu jusqu’ici en taxi (c’est ce qu’on nous a dit à deux reprises) : ils sont donc très surpris de nous voir débarquer sans voiture. Et quand nous expliquons à notre hôte que nous ne savons pas exactement combien de jours nous allons rester, c’est le pompon.
Comme nous avons le temps et que nous ne sommes que nous dans la Guest house pour cette première nuit, nous prenons une journée pour découvrir ce petit village, resté extrêmement rural, qui nous rappelle même certains villages africains, avec toutes ses maisons en terre et les animaux qui pâturent un peu partout. En plus la météo n’est pas favorable pour aller au parc Altyn Emel.
Derrière le véhicule rouge et les fumées, c’est un petit magasin ; le village en comporte plusieurs, comme dans les villes. En cette saison hivernale, les cheminées crachent un charbon noir : selon le vent, ça peut vite irriter la gorge, comme autour de notre guest house.
Nous faisons tout de même rapidement le tour du village. Le lendemain, nous partirons découvrir le parc national avec un véhicule et un chauffeur missionné par notre Guest House, l’option choisie par la plupart des visiteurs, car avec une voiture de location, on n’ose généralement pas s’aventurer dans le parc en raison de l’état des pistes.
Découverte du parc Altyn Emel : montagnes d’Aktau et dunes chantantes
Le parc se compose de cinq grands sites majeurs mais nous n’en ferrons que deux : les montagnes d’Aktau et les dunes chantantes. Nous partons tôt le matin pour visiter les deux dans la même journée (afin de ne pas louer une voiture et payer le billet d’entrée deux jours de suite), le tout sur des airs de Britney Spears, que le chauffeur écoute en boucle dans la voiture (et seulement quatre chansons en plus !).
Altyn Emel – Les montagnes d’Aktau et leurs couleurs uniques

Le premier site que nous visitons est celui d’Aktau, situé à un peu plus d’une heure de route du village de Bashi, à environ 60 km.

Le matin même de la visite, il faut acheter son billet d’entrée dans le parc à la maison du parc, située dans le centre du village. Ce billet est valable toute la journée pour un véhicule donné. Nous sommes libres de circuler dans le parc pour la journée.
Ensuite, il faut présenter ce billet tamponné auprès des gardes présents aux différentes entrées du parc.
Autour de nous, rien : aucune habitation, aucune trace humaine. Les montagnes colorées en approche. Nous avons adoré cette immersion totale dans la nature sauvage. On a même eu l’occasion de voir des gazelles.


Les pistes sont très mauvaises même si on dirait pas sur les photos (c’est un sacré vacarme dans le véhicule un peu vieillot), mais cela n’arrête pas notre chauffeur, peut-être entraîné par la musique qu’il écoute à plein volume.
Le site est composé de formations rocheuses aux couleurs allant du blanc au rouge vif, sculptées par le vent et le temps. Le silence qui y règne est impressionnant.
On remarque cependant que certains ne respectent pas les lieux, en laissant des dessins sur les parois ou en escaladant et détériorant certaines formations.

C’est bien dommage : un site aussi magnifique peut être abîmé en quelques minutes par une minorité. Heureusement qu’il y a encore peu de touristes.

Nous ne croisons personne ou presque : seulement 3 marcheurs qui quittent le site rapidement.
Altyn Emel – Singing dunes : Les dunes chantantes qui ne chantent pas vraiment


Le chauffeur reprend le chemin en sens inverse pour nous conduire à une autre entrée du parc Altyn Emel.
Nous devons à nouveau montrer notre billet à un gardien et parcourir environ 45 km de piste. Les montagnes autour sont splendides. Et là, elle se dévoile enfin au loin : une immense dune de sable posée au milieu des petites montagnes.


Il paraît que lorsque l’on marche sur la dune chantante, un son particulier se fait entendre. Après un petit pique-nique, nous avons grimpé jusqu’au sommet puis redescendu. (30 minutes de monter, c’est rapide)… mais nous n’avons rien remarqué de spécial au niveau sonore. Pas plus que le sable de la baie de Somme 😊.
Palmyre n’a vraiment pas apprécié le site : entre le sable, le vent et sa petite taille, c’en était trop pour elle. Elle a rapidement demandé à être portée. Mis à part cela, je vous laisse profiter des paysages. Comme d’habitude, nous n’avons croisé presque personne, seulement quelques personnes sur le chemin du retour.
Petite parenthèse : nous n’avions pas réalisé qu’il fallait faire demi-tour pour rejoindre les dunes chantantes après Aktau, pensant que le site se trouvait dans la continuité. Cela nous a quelque peu surpris. Si nous l’avions su, nous aurions peut-être prévu deux jours dans le parc afin de profiter plus en profondeur des montagnes d’Aktau. Si on revient un jour ce sera dans une autre Guest house !
Fin d’étape au parc Altyn Emel
Indubitablement, c’était l’une des plus belles journées de notre voyage jusqu’ici.
Nous pensions rester 1 ou 2 jours de plus à Bashi mais le temps passe vite et il est grand temps de prendre la route en direction de la frontière chinoise. Et puis, il faut bien le dire, on se sent moyennement bien dans cette Guest House pour touristes de passage.
Du coup, on écourte notre séjour à Bashi (c’est l’avantage de ne jamais réserver à l’avance) et partons avec aucune réservation en poche pour Jarkent via un mode de transport que nous n’avions pas encore testé jusque là, au grand bonheur de Pierrot !





























