De la Chine au Vietnam : arrivée à Sapa dans le brouillard, et fuite pour Hanoï.

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Cet article est le récit de notre passage de la Chine au Vietnam par voie terrestre : traversée de la frontière Hekou–Lào Cai à pied, arrivée à Sapa dans le brouillard puis trajet en bus jusqu’à Hanoï.

Traversée de la frontière Chine-Vietnam sur un pont piéton

À la descente du train à Hekou, nous sommes encore en Chine et on doit trouver comment se rendre au poste frontière du Vietnam.

Dans l’incertitude, on traîne quelques minutes devant la gare. On prend le temps de se dévêtir car il fait très chaud. Ici, ce n’est plus le printemps de Kunming mais bien le plein été. En plus, Palmyre a envie de courir un peu. Idée un peu bête car finalement, on rate le bus qui mène à la frontière, 6 km plus loin.

Du coup, on prend un taxi où le chauffeur nous fixe un prix en expliquant que c’est le tarif frontière. Comme on ne sait pas comment ça se passe et qu’on pensait aller en dehors de la ville, la précipitation nous fait accepter comme des voyageurs débutants. En fait, il n’a juste pas mis son compteur : on subit donc la troisième arnaque de notre périple. Ok, on parle de 1,5 € en plus, mais c’est le principe. Et en Chine, à ce prix-là, on trouve facilement un plat chaud ou encore 2 kg de clémentines hors zone touristique. On lui file l’argent et on passe à autre chose.

On mange dans un petit restaurant à quelques centaines de mètres de la frontière. À 14h00, c’est le moment pour nous de changer de pays.

Nous quittons ces scooters électriques, dont le nombre dans les villes est toujours impressionnant.

On marche deux minutes pour apercevoir le bâtiment officiel. La file de personnes souhaitant passer la frontière est assez longue à l’intérieur du bâtiment, mais on nous fait signe de passer sur le côté, sans attendre avec les autres (on n’a pas compris pourquoi).

Donc on se retrouve directement aux contrôles. On passe les formalités pour ressortir du bâtiment, puis nous traversons la frontière à pied en passant sur le pont au-dessus du fleuve Rouge qui sépare le Vietnam et la Chine. C’est très atypique de passer réellement la frontière physique en traversant un pont. C’est un poste frontière uniquement piéton, aucun véhicule ne passe. Puis, après les formalités vietnamiennes très rapides, nous voilà au Vietnam dans la ville de Lào Cai.

Entre la Chine et le Vietnam : un changement d’univers

À notre arrivée au Vietnam, le contraste avec la Chine est frappant. Tout est différent : Les odeurs, les véhicules (beaucoup de motos thermiques et non plus électriques), les bruits (énormément de klaxons tout le temps), l’ambiance (plus désordonnée). C’est un peu comme si on avait changé de continent.

On prend le temps d’acheter une carte SIM, ce qui fut super simple et rapide, et de retirer de l’argent. L’après-midi est déjà bien avancée et on hésite entre dormir ici ou continuer jusqu’à Sapa, une ville située dans les montagnes. On décide de continuer : il reste deux heures avant la nuit.

On demande à un taxi de nous transporter jusqu’à la gare de bus qui dessert Sapa. Le chauffeur fait très jeune, ou alors c’est nous qui vieillissons trop vite ! Il nous propose d’aller à Sapa en taxi, le prix n’est que de 450 000 dongs (environ 14,50 euros). J’insiste en lui disant qu’on souhaite prendre le bus. Comme tout bon voyageur au long cours, nous savons que se déplacer comme les locaux permet de réduire fortement le budget transport.

Le taxi nous dépose à une sorte d’abri en bord de route, d’où partent les minibus(il faut le savoir). Et ça tombe bien, il y en a un qui est sur le point de partir direction Sapa : 100 000 dongs pour nous tous (3,20 euros) et on part dans les cinq minutes.

Dans le minibus, il n’y a que des locaux (ça on aime bien). On a moins de 40 km à faire mais c’est un peu laborieux : la route est très sinueuse.

Ça grimpe, ça tourne, le brouillard tombe. Palmyre a mal au cœur et on a peur qu’elle vomisse. Alors qu’on avait eu un bon coup de chaud toute la journée, la température extérieure chute sous les 10 degrés.

On aperçoit des éboulements récents qui bloquent une moitié de la route. Du coup, on attend de longues minutes que deux vieux camions arrivent à se croiser. Bref, on est contents quand le trajet se termine.

Arrivés à Sapa, je demande au chauffeur s’il connaît un hôtel bien et pas cher. Trois minutes après, une dame arrive pour nous emmener dans son hôtel (un peu Guest house) à quelques minutes à pied. La dame est charmante, la chambre est propre mais l’air est assez humide et il n’y a pas de chauffage. On ne pensait pas qu’on en aurait besoin au Vietnam mais dans les montagnes, il peut faire très frais la nuit. On décide de rester quand même.

La chambre est gelée. Pour se tenir chaud, on dort tous les 3 dans le même lit. A minuit, alors que je n’étais pas encore couché, Palmyre se réveille en vomissant son repas du midi dans le lit et dans les cheveux de Sophie. Là, c’est vraiment la galère. La gérante vient nous filer un coup de main pour nettoyer et remplacer les draps. Je vous passe les détails des morceaux un peu partout 😊. On comprend pourquoi Palmyre avait mal au ventre dans le minibus : ce n’était pas que la route, mais le dernier repas chinois probablement pas très frais !

Depuis la Géorgie, nous avons toujours eu des logements surchauffés, très souvent avec du chauffage au sol que nous ne pouvions pas régler. On était obligés de s’habiller comme en été et d’ouvrir les fenêtres pour réussir à dormir. Ce froid en intérieur est brutal pour nous. Alors dès le lendemain matin, on décide de changer de logement pour avoir du chauffage.

Sapa : on préfère fuir que d’attendre le soleil

Sapa, c’est la ville dans le brouillard mais c’est aussi très célèbre pour ses rizières en terrasses grandioses, où la majorité des touristes qui visitent le nord du Vietnam se rendent. C’est simple : il y a bientôt plus d’Européens que de locaux dans la ville. Les hôtels ou autres logements ne manquent pas. Le centre-ville n’a aucun charme, ou en tout cas il n’en a plus.

Notre première soirée est plutôt déprimante car, en plus du froid, nous découvrons des enfants à peine plus âgés que Palmyre (4 ans ?) qui vendent des babioles aux touristes avec ce qui semble être leurs petits frères ou sœurs sur le dos.

Malheureusement, plus ils y aura de gens pour donner de l’argent, plus on verra ce genre de situation perdurer.

Nous sommes aussi étonnés du nombre de femmes qui fabriquent des objets ou des vêtements à la main jusque très tard le soir, dans la rue devant leur stand, dans le froid. Nous n’avons pas assez de place dans les valises mais il faut reconnaitre qu’il y a des jolies produits.

Quand on repense qu’on a changé de logement pour du chauffage, ça fait frissonner.

On a quand même apprécié manger la street food. Les petits feux qui réchauffent l’atmosphère sont sympas mais pas très rassurants avec une enfant. En peu de temps, nous nous apercevons qu’au Vietnam il y a beaucoup plus de risques de se blesser que dans les autres pays traversés. Rien que notre premier hôtel était en travaux à l’extérieur et il manquait des garde-corps avec un risque de chute énorme.

La pluie et le brouillard ne nous ont malheureusement pas permis de voir les célèbres rizières en terrasses autour de Sapa. Elles étaient bien là, tout près, mais complètement englouties par les nuages. Et on n’a pas envie d’attendre plus longtemps au risque de déprimer.

Au bout de trois nuits et deux jours à errer dans cette ville qui ne nous plait pas, on a envie de partir. La météo n’a pas prévu de s’améliorer, comme la ville d’ailleurs, alors on décide de plier bagage en direction d’Hanoï. Cette halte n’est clairement pas une réussite, mais tout ne peut pas être parfait.

Bus couchette pour Hanoï en pleine journée : une expérience surprenante

10h00, c’est le départ, on espère rejoindre Hanoï aujourd’hui. Nous n’avons rien réservé. Ce sera notre devise dans ce pays : aucune réservation à l’avance. On aide des Indiens à tirer de l’argent au distributeur (on se dit qu’on doit avoir une bonne tête). Puis on prend un taxi pour aller jusqu’à la gare routière. Pour le prix c’est facile, car tous les taxis Vietnamiens sont censés être équipés d’un compteur qui n’est pas forcement visible (une application ou sur l’ecran ordinaire de la voiture)

Arrivés à la gare routière, on trouve un bus qui part pour Hanoi dans 15 minutes. On se dépêche d’aller aux toilettes, et avec Palmyre, je cours acheter quelques beignets et fruits au grand marché permanent de Sapa, situé en face de la gare routière.

Sophie nous fait des grands signes, c’est déjà l’heure du bus.

On dépose nos sacs dans la soute et on monte dans le bus. Il faut retirer ses chaussures et les mettre dans un petit sac en jute. Le bus est flambant neuf. Ça fait drôle d’arriver dans le pays le plus pauvre depuis tout ce périple et de prendre le transport le plus neuf du voyage. C’est un bus couchette 22 places, 100 % allongé. On ne s’y attendait pas mais c’est cool.

Le début du voyage est terrible avec cette route sinueuse. Sophie a terriblement mal aux oreilles à cause de l’altitude, à en pleurer. Au bout d’une heure, le bus fait un arrêt, soi-disant une pause de 10 minutes qui finalement dure plus de 20 minutes.

Puis on repart. Les paysages défilent lentement, même si on ne voit pas très bien avec les pare-soleil sur les vitres. Nous roulons entre 50 et 70 km/h grand maximum car la route est très moyenne, parfois très secoués. Ça fait vraiment drôle d’être allongé. Ça permet à Palmyre de récupérer encore un peu. Le trajet dure 6 heures pour 320 km ! Nous arrivons à Hanoï à la tombée de la nuit, dans les embouteillages de début de soirée.


À la gare routière, on décide de manger un peu et d’attendre que les embouteillages se calment. C’était une bonne idée : on a fait une pause de 45 minutes et le trajet annoncé jusqu’au centre-ville a diminué d’autant. On prend un taxi, en insistant pour que le chauffeur mette son compteur et sans tenir compte du prix qu’il annonce, deux fois supérieur à ce que le compteur affiche à l’arrivée.

Là, on se rend compte que cette ville est très chaotique au niveau de la circulation, c’est très atypique. Nous voilà maintenant en plein centre-ville de Hanoï sans aucune réservation en début de soirée. Bonne ou mauvaise idée ? On va bientôt le savoir.

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