Ninh Binh hors des sentiers battus : mer, village de pêcheurs et sources chaudes.

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Après toutes ces sorties plus ou moins touristique (voir notre article sur Ninh Binh : La Baie d’Halong Terrestre) nous découvrons les alentours de Ninh Binh hors des sentiers battus.

Se rendre au village de pêcheurs d’Hải Lý depuis Ninh Binh.

On hésite à passer quelques jours sur la côte, mais sans trop s’éloigner d’Hanoï. D’après nos recherches et nos discussions avec les locaux, la côte vietnamienne dans les environs de Ninh Binh n’est vraiment pas terrible.

Du coup, on décide d’aller voir la mer juste sur une journée, à Hải Lý, petit village de pêcheurs à 60 km de Ninh Binh (soit 1 h 30 de moto), qui a su attirer notre attention grâce à une photo repérée sur Internet, représentant l’église en ruine de Saint Maria Madalena en bord de mer.

On devait partir tôt le matin, mais on a du mal à se lever et Palmyre ne veut pas se séparer de son ami avec qui elle joue tous les matins. Résultat : départ à 9 h 30. Heureusement, la route est bien meilleure que celle reliant Hanoï à Ninh Binh. Elle est même presque neuve !

Rencontre avec les riziculteurs et agriculture biologique à Ninh Binh

Les villages et petites villes défilent. La campagne aussi avec ses décharges locales. Un agriculteur part traiter son champ avec un pulvérisateur dans le dos, sans aucune protection apparente.

Quelques jours plus tôt, nous avions rencontré un riziculteur pratiquant une agriculture biologique. On s’était arrêtés, attirés par les canards qui se nourrissaient dans les rizières.

On avait eu l’occasion de voir cette pratique dans un reportage diffusé pendant le Covid19 en 2020 (et oui !). Sophie guettait les champs à l’affût des canards pour voir cette pratique.

Et on a fini par trouver : sur cette exploitation, 6 000 canards s’occupent de 400 hectares de riz, évitant ainsi la pollution pour le milieu naturel et pour sa famille. En effet les canards mangent les nuisibles et remplacent les produits phytosanitaires.

Les enfants avaient d’ailleurs été ravis de nous servir de guides. Nous remercions cette famille pour cette visite et ces quelques explications. On a adoré voir les canards traverser la route.

Le contraste entre ces différentes méthodes d’agriculture interpelle forcément.

La pollution visible et choquante du Vietnam

Sur le trajet, les motos servent à transporter de tout : des chiens en cage, des matériaux pour les chantiers, des familles comme nous ou encore des bonsaïs.

Petite anecdote : les enfants n’ont pas de casque, mais portent des cagoules avec des visières incorporées, sûrement pour les protéger du vent ou des insectes.

Ce qui nous choque le plus, encore une fois, c’est la pollution au bord des routes. Les déchets sont très nombreux un peu partout. Quand ça s’accumule trop, il faut les brûler. Mais le pire reste l’état de pollution des cours d’eau, inimaginable !

rencontre avec les habitants dans un village local près de Ninh Binh

20 km avant l’arrivée, on fait une petite pause dans la boutique d’un village afin de grignoter un peu. Même 50 km peuvent vite devenir une expédition à moto.

Les deux femmes qui tiennent l’échoppe nous accueillent avec un grand sourire et tombent rapidement sous le charme de Palmyre, à qui elles offrent des chips et des bonbons. On nous installe rapidement une petite table et des chaises au bord du cours d’eau, extrêmement pollué

Nous attirons beaucoup de curieux qui se demandent ce que nous faisons là. Des jeunes habitants viennent spontanément nous parler en anglais.

Hải Lý : plage, village de pêcheurs et église en ruine

Sur les derniers kilomètres avant la côte, on aperçoit énormément de vendeurs de poisson au bord des routes : on y est presque !

Arrivés à Hải Lý, on découvre l’église en ruine de Saint Maria Madalena et on se restaure dans un des nombreux « restaurants » de fruits de mer qui bordent la côte.

Sophie se fait plaisir en mangeant des huîtres et Palmyre est ravie de regarder les crustacés dans les aquariums. Nous sommes quasiment les seuls touristes, et même les seuls touristes occidentaux.

On fait rapidement le tour des ruines de l’église.

En revanche, on passe un vrai moment à regarder les pêcheurs s’activer sur la plage : trier leurs filets, récolter les poissons et préparer leurs barques. Certaines sont des barques de fortune, d’autres en forme de tonneaux, mais toutes font le travail. Les pêcheurs n’hésitent pas à montrer leur pêche et font même monter Palmyre sur leurs embarcations.

On observe également des habitants équipés d’un outil pour ratisser la plage, là où la mer vient juste de se retirer, sûrement pour attraper des coquillages ou des crustacés. Mais ils ne trouvent rien en notre présence et, avec la barrière de la langue, on n’en saura pas plus.

Pollution sur la côte vietnamienne

Ce qu’on retiendra le plus, ce sont les milliers de déchets qui jonchent la plage et flottent en mer : piles, plastiques, bouteilles, canettes, polystyrène, tongs, vêtements, jouets…

Le polystyrène est utilisé en masse pour fabriquer des bouées ou des flotteurs pour les bateaux, avant de se désagréger progressivement dans la mer ou sur la plage.

D’ailleurs, lorsque la mer se retire, elle laisse un tapis de billes de polystyrène derrière elle. Là, on regrette d’avoir mangé les fruits de mer locaux.

Comment arrive-t-on à une situation aussi catastrophique ?

On passe du temps à dessiner et à courir sur la plage.

Mais en courant, Palmyre chute en se prenant les pieds dans une bretelle de soutien-gorge, et il est plus facile de trouver des déchets que des coquillages.

Clairement, toute cette pollution nous plombe le moral.

On repart un peu tard, avec le moral à zéro malgré ces belles rencontres avec les pécheurs. Nous faisons la route de nuit, mais finalement, ça se fait très bien. Il fallait quand même le voir pour le croire. On est loin du Vietnam carte postale.

Baignade aux sources chaudes de Kênh Gà près de Ninh Binh

Faute de baignade à la mer, on se rattrape en allant aux sources chaudes de Kênh Gà, à 25 kilomètres de Ninh Binh. Une expérience très locale !

En partant de Ninh Binh, il faut longer la rivière Hoang Long. La route est très belle. On retrouve cette fois le Vietnam « carte postale ».

On a hésité à franchir le cours d’eau, mais le petit pont pour traverser était payant, du coup on a continué notre route initiale.

Arrivés dans le village, nous avons eu du mal à trouver le coin de baignade. Le village est quasiment entouré d’eau, relié par plusieurs ponts de différentes tailles.

On s’est retrouvés face à un tout petit pont, pas du tout engageant. Mais après avoir demandé notre chemin à quelques habitants, on a compris que c’était bien lui qu’il fallait traverser. On s’est lancé, sans faire les malins et pour le coup, on a vraiment eu peur de finir à l’eau. Sauf qu’arrivés de l’autre côté, ce n’était pas là. Il a fallu retraverser.

À force de tourner, on a failli abandonner, juste avant de demander à une dernière habitante qui connaissait la gérante des bains locaux. Elle l’a appelé et cette dernière est venue nous chercher en scooter, pour nous amener dans ses bains.  C’était finalement au cœur du village.

On a passé un moment très ressourçant. Nous avions les deux petits bassins pour nous seuls, un vrai moment privilégié avant que plusieurs locaux n’arrivent.

Ambiance très conviviale, loin des touristes.

road trip moto en famille au Vietnam : Fin de notre première étape à Ninh Binh

Après ces plus ou moins belles expériences, nous allons pouvoir continuer notre road trip moto en famille. On hésite encore sur la destination, mais faute de ne pas avoir pu voir les rizières de Sapa, nous souhaitons découvrir un peu de reliefs au Vietnam. Alors Phu Long apparaît comme la suite logique de notre prochaine étape.

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