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Voyager, c’est surtout apprendre à s’adapter au monde, plutôt que de vouloir qu’il s’adapte à nous…
Depuis notre arrivée au Vietnam, on a vite compris que si on veut découvrir ce pays en évitant les zones trop touristiques, il nous faut une solution pour se déplacer facilement.
Comme au Kazakhstan où la population se déplace principalement en stop, en taxi ou encore à cheval (vous pouvez retrouver notre article ici, on a essayé les trois bien évidemment), il faut adapter le voyage au lieu où l’on se trouve.
Ici, la solution est évidente : il nous faut une moto ! Ça tombe bien, Hanoï est la ville idéale pour en trouver une, adaptée à notre famille.
À 3 sur un scooter, avec bagages : bonne ou mauvaise idée ?
Pourquoi faire de la moto au Vietnam ?
Au Vietnam, on parle de « moto » pour n’importe quel deux-roues (que ce soit une mobylette, un scooter ou même une grosse cylindrée).
On hésite quand même un peu, car cela implique d’être trois sur une moto (en fait, deux adultes et un enfant !). J’interroge le réceptionniste de l’hôtel à ce sujet, et il me rassure en me disant que c’est légal et même très courant au Vietnam. Effectivement, on voit partout des Vietnamiens à trois, voire quatre sur une même moto.
En fait, le Vietnam est l’un des pays au monde où les motos sont les plus utilisées. Selon le Bureau général des statistiques du Vietnam, près de 90 % des ménages utilisent une moto comme principal moyen de transport (donnée statistique de 2024). Il nous est même arrivé de rester longtemps sans voir passer une seule voiture.
Rien qu’en quelques jours à Hanoï, on s’est vite rendu compte que ce nombre impressionnant de motos, combiné à des comportements parfois accidentogènes et à des routes souvent encombrées ou en mauvais état, était forcément source d’accidents.



Certains se diront sûrement que nous sommes un peu fous de vouloir partir en famille à moto dans ces conditions. À ceux-là, je répondrais simplement que, dans ce cas, 90 % de la population vietnamienne est folle ! Mais rassurez-vous, nous n’avons pas l’intention que notre voyage se termine ici.
Je suis bien sûr titulaire du permis moto en France, j’ai possédé quelques motos et parcouru plusieurs milliers de kilomètres. En tout cas, c’est ce que je me dis pour me conforter dans l’idée de le faire. Malgré tout, on sait très bien que rouler au Vietnam, à trois, avec des bagages et sur un scooter 125, sera une expérience très différente. Cela demande un minimum de réflexion, d’analyse et de préparation.
Après tout, ce n’est pas parce que nous sommes Européens que nous ne pouvons pas voyager comme les Vietnamiens. Et deux adultes qui voyage avec un enfant de moins de 12 ans sur une moto, c’est parfaitement légal, la preuve en est sur cette affiche de sensibilisation de port du casque. Une seule moto pour la famille !
Enfin la moto au Vietnam, c’est vraiment la liberté de mouvement, la tentation est trop forte pour y résister.

Se préparer pour faire un road trip moto en famille au Vietnam
Maintenant qu’on a pris notre décision et qu’on commence à se repérer un peu dans le centre-ville d’Hanoï, les choses sérieuses commencent : on part à la recherche d’une moto et de casques.
1 – Moto en famille au Vietnam : un casque pour tous
Les casques pour enfants de moins de six ans ne sont pas obligatoires au Vietnam. Du coup, souvent les loueurs de motos prêtent des casques pour les adultes mais pas pour les enfants. Déjà qu’on hésite à faire de la moto avec Palmyre mais sans casque, c’est même pas envisageable. Par conséquent, notre premier objectif avant de louer une moto est d’acheter un casque correct à Palmyre et à sa taille.
À Hanoï, les mêmes types de commerce se regroupent par rues. Vous avez donc la rue des jouets, la rue des décorations de Noël, la rue pour les outils… et la rue pour les casques. Il y a beaucoup de choix pour les adultes, moins pour les enfants, mais on trouve quand même facilement notre bonheur. On investit donc dans deux casques de bonne qualité : un pour Sophie et un pour Palmyre (trop classe !).


Pour moi, j’ai beaucoup hésité à en acheter un, mais ça impliquait de se déplacer avec trois casques en permanence pour la suite du voyage, alors que les loueurs en proposent au moins un avec la moto. On se limite donc à acheter deux casques, alors qu’on ne sait même pas encore si on va pouvoir faire notre road trip moto en famille.
2 – Louer une moto et l’assurer au Vietnam
Au départ, on a réfléchi à la possibilité d’acheter une moto plutôt que d’en louer une (et oui !), mais vu les faibles prix des locations et la difficulté de passer la frontière à trois sur la moto, on a laissé tomber cette idée.
Nous cherchons donc un loueur de moto.
Le 1er loueur que nous sommes allés voir nous a proposé un scooter à 450 000 dongs la journée (soit 15 euros), ce qui nous a paru plutôt cher.
Le 2e loueur nous a proposé un scooter Lead 125 avec un grand coffre à 250 000 dongs la journée (soit environ 8 euros). Après l’avoir essayé brièvement dans la rue, on était plutôt emballés. Par contre, il n’avait aucune assurance et les informations nous semblaient floues, presque opaques. Enfin, on ne voyait pas trop comment on allait pouvoir accrocher nos sacs de voyage sur la moto.
Le 3ᵉ loueur sera le bon : le même scooter Lead 125 avec son grand coffre, mais surtout des papiers en règle, un contrat à signer, des explications claires (il m’a même demandé si j’avais le permis moto et le permis international). Bref, il nous inspire confiance et il n’a pas l’air chiant. Il nous propose même d’installer un rack à l’arrière pour nos bagages (le top !).
Un des freins fonctionne mal, mais il propose d’emblée de nous le changer avant qu’on le prenne. Il nous raconte qu’il part de temps en temps avec ses enfants en vacances à moto, ce qui nous rassure encore une fois.


Par contre, la moto n’a toujours pas d’assurance, mais le loueur nous explique qu’il est possible d’en acheter une dans les stations-service pour seulement 66 000 dongs l’année (2,15 euros). On est contents, on a trouvé notre moto pour 180 000 dongs la journée (5,80 euros).
Hasard ou pas, le soir même, on trouve un super K-way (léger et en Gore-Tex), d’une marque très connue, pour Palmyre, alors que malgré nos recherches, on n’en avait pas trouvé en France avant notre départ (« les enfants de 3 ans n’en ont pas l’utilité », voilà ce qu’on nous avait répondu dans les enseignes classiques de magasin de sport en France).
Car oui, au Vietnam, c’est le paradis pour les adeptes de vêtements et d’accessoires outdoor, car le pays est un des principaux producteurs : plein de petites boutiques regorgent de marchandises de marque bien connue et très chères en Europe, mais ici plus qu’abordable. En tout cas, Palmyre est ravie de son nouveau K-way, qui lui fera office de coupe-vent sur la moto.
3 – Se familiariser à la conduite et au code de la route vietnamien
Pendant ces quelques jours à Hanoï, j’ai beaucoup observé les motos et la circulation. Les gens roulent relativement doucement (ce qui est plutôt rassurant). Les premiers jours, nous avons eu l’occasion de parcourir Hanoï plusieurs fois avec la moto mais sans les bagages (voir article précédent, découvrir Hanoi en famille) On peut remercier Sophie pour les allers-retours à l’hôpital, il est loin du centre-ville. Ces quelques trajets ont été utiles et rassurants quant à la position de Palmyre sur la moto.
Conduire une moto au Vietnam, c’est oublier tous ses repères d’Européens et se mettre dans la peau d’un Vietnamien. C’est le secret pour ne pas risquer un accident. Il faut penser la route différemment : les règles ne sont pas comme chez nous, chacun semble savoir ce qu’il fait et où il va. C’est un peu un grand bazar mais qui semble très maîtrisé. En réalité, les feux ne sont pas toujours respectés, les motos sont souvent très chargées (personnes, livraisons diverses), tout le monde double à droite ou à gauche, et surtout, régulièrement, une moto roule en sens inverse car elle s’apprête à tourner ou à s’arrêter le long du trottoir.


Le klaxon a un rôle très important pour signaler sa présence. C’est très bizarre de klaxonner autant sans qu’il y ait de danger ou d’agressivité. Un piéton qu’on ne laisse pas passer, un chien, un dépassement : petit coup de klaxon.
Dernière petite anecdote : il faut bien comprendre que traverser une rue piétonne à Hanoï est un sport en soi. Si on se met à attendre que quelqu’un nous laisse traverser, clairement, on ne va jamais traverser. Alors s’arrêter en moto pour laisser passer quelqu’un est un risque réel d’accident.
Quelques règles avant le grand départ
Bonne nouvelle : Palmyre adore la moto ! Ouf !
Désormais, elle ne compte plus les caméras comme en Chine, mais les motos (vu le nombre, elle arrêtera rapidement).
Mais avant le départ, nous allons nous fixer quelques règles évidentes :
• Nous ne dépasserons pas les 50 km/h. Le loueur nous indique que nous ferons en moyenne du 30 km/h, ce qui est réaliste.
• Ne pas enchaîner trop d’étapes sur une journée. Même si nous n’avons pas de limites réelles, 3 à 4 heures de scooter par jour semblent amplement suffisantes.
• Palmyre sera au milieu, bien calée entre nous en permanence.
En réalité, je ne veux pas vous spoiler, mais le dernier point n’a pas tenu très longtemps… C’est toujours comme ça, plein de bonnes intentions mais non tenable😄.
Allez, maintenant on a vraiment hâte de quitter Hanoï. Nous sommes prêts à partir explorer le Vietnam du Nord en famille sur notre scooter Lead 125.

Joli Voyage, vous nous faites rêver!
Merci pour le partage.
Profitez bien!
Amitiés
Emilie Beaudry
Merci Emilie, ça fait super plaisir ! L’une des plus belles expériences de notre voyage, même si tout n’a pas été parfait. On espère pouvoir refaire de la moto en itinérance au Laos prochainement. Amitiés.
Super chouette de découvrir le viétnam en motos à vous 3, et bon voyage .Bisous. PASCAL